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Ces jolies filles de mai : enquete sur une generation pas comme les autres !

Couverture du livre Ces jolies filles de mai : enquete sur une generation pas comme les autres !

Auteur : Eric Donfu

Date de saisie : 14/05/2008

Genre : Sociologie, Societe

Editeur : Jacob-Duvernet, Paris, France

Prix : 14.90 €

ISBN : 978-2-84724-195-2

GENCOD : 9782847241952

Sorti le : 14/05/2008

  • Les presentations des editeurs : 04/05/2008

Certaines ont jete leurs soutiens-gorge au feu avec les feministes pour se debarrasser de ce corset qui emprisonne le corps des femmes, defendu la pilule et le droit a l’avortement, rompu avec les principes d’education de leurs parents, fait peu ou pas d’enfants, invente une nouvelle societe en y prenant le pouvoir. Quarante ans apres, celibataires, meres ou grands-meres, que sont devenues celles qui disaient : Ils peuvent couper toutes les fleurs, ils n’empecheront pas la venue du Printemps ? Ou meme : Jouissez sans entraves, vivez sans temps morts, baisez sans carotte ? Ces filles de mai, habillees de mini-jupes courtes donnant une silhouette a la Paco Rabanne, ou de fripes colorees a la mode hippies, apparaissent comme le symbole eclatant d’un combat qui a change la societe en changeant la condition des femmes.
L’auteur est alle a leur rencontre a l’occasion d’une etude sociologique exclusive qui revele que, tout en corrigeant parfois l’esprit de leur jeunesse, ces femmes restent innovatrices pour elles-memes comme pour leurs proches.

Et si, en fait, mai 68 etait la revolution des femmes ?

Eric Donfu, sociologue, est president de DRS Dialogues et Relations Sociales, un atelier d’etude sur les transformations de la societe contemporaine. Il est notamment l’auteur de Oh ! mamie boom (Jacob-Duvernet, 2007) et de La lecon de Condorcet (ecrit avec Joffre Dumazedier, L’harmattan, 1994).

  • Les courts extraits de livres : 04/05/2008

Extrait de l’introduction :

1968, la revolution des femmes

Ce qui est plus inconnu que le soldat inconnu, c’est la femme du soldat inconnu…

Banderole de militantes feministes deposant une gerbe a l’Arc de Triomphe a Paris, le 26 aout 1970, en creant le MLF

A l’occasion du quarantieme anniversaire de Mai 68, il etait injuste de ne celebrer que les hommes alors que ce sont avant tout les femmes qui ont change la societe. Car c’est bien le statut des femmes qui se trouve au coeur de la transformation des moeurs portee par Mai 68.
Il fallait que ce soit un homme qui pose la question : est-ce que 68 n’a pas ete d’abord la revolution des femmes ? Est-ce que ce ne sont pas elles qui se trouvent a l’origine du mouvement, plutot que les hommes ? Cette revolte a touche de plein fouet l’autorite masculine. Cette revolution, conduite par ces femmes-la, ces filles de mai, a entraine la mutation profonde de la societe. Aujourd’hui, quarante ans apres, leur role apparait enfin clairement.
Nous vivons aujourd’hui dans une societe de liberte sexuelle qui prone l’egalite et la parite entre les hommes et les femmes. Mais replongeons-nous avant 1968, comme dans le film Diabolo Menthe de Diane Kuris. Au-dela de toute nostalgie et de tout romantisme, la condition des jeunes femmes y est desastreuse. La contraception est interdite et l’avortement clandestin un fleau. Les discriminations dans l’acces aux etudes, a l’emploi, aux responsabilites sociales et politiques, frappent les femmes, dont les salaires moyens sont inferieurs d’un tiers a ceux des hommes. Conformisme, morale, images sexistes et assignation au role maternel s’opposent a leur liberte sexuelle. Depuis des millenaires, le sexe et l’esprit demeurent le domaine reserve des hommes. Et si les femmes sont toujours omnipresentes dans les representations litteraires, c’est souvent pour perpetuer d’anciennes moeurs. La parole des femmes est le plus souvent disqualifiee. C’est donc dans cette societe vissee sur sa misogynie que l’idee selon laquelle la liberation des femmes ne pouvait etre que l’oeuvre des femmes elles-memes s’est imposee et revelee pleinement dans les evenements de Mai 1968.
Un groupe, le FMA (feminin, masculin, avenir) est constitue. Avec quelques affiches, il remplit meme un amphitheatre de la Sorbonne en Mai 68. Les femmes sont en premiere ligne, mais, tres vite, ce sont les hommes presents dans l’amphi qui prennent en main les debats.
Cette affiche de Mai 1968 peut donc etre consideree comme un des actes de naissance de ce combat des femmes, s’engouffrant dans le mouvement de 68 :
Etudiant qui remets tout en question, Les rapports de l’eleve au maitre, As-tu pense a remettre en question Les rapports de l’homme a la femme ?
Etudiante qui participes a la revolution, Ne sois pas dupee une fois de plus, Ne suis pas seulement les autres, Definis tes propres revendications !
Le FMA devait se radicaliser et changer de nom pour s’appeler feminisme, marxisme, action. Hommes et femmes, egalement victimes de la misere sexuelle, doivent lutter ensemble, pense-t-on alors. Mais dans les faits, ce sont les femmes, les plus opprimees, qui devaient apporter puissance et dynamisme a cette lutte.