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Chanteuses de blues

Couverture du livre Chanteuses de blues

Auteur : Buzzy Jackson

Traducteur : Luc Carissimo

Date de saisie : 02/01/2007

Genre : Musique, Chansons

Editeur : Des femmes-Antoinette Fouque, Paris, France

Prix : 20.00 / 131.19 F

ISBN : 978-27210054568

GENCOD : 9782721005458

Sorti le : 07/12/2006

  • Les courtes lectures : Lu par Emma Barcaroli – 17/04/2007

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Emma Barcaroli – 06/02/2007

  • Les presentations des editeurs : 17/04/2007

L’histoire des chanteuses de blues americaines est une histoire de dur labeur et de malchance, de bonheur et de satisfaction sexuelle, de ce que l’on ressent quand on a fait de son mieux et qu’on est toujours toute seule a minuit et qu’il pleut. C’est une histoire qui parle des Afro-Americains echappant a l’esclavage avec l’espoir que leur avenir sera vraiment libre, et c’est l’histoire d’une Blanche qui entend cette musique et qui sait qu’elle lui parle, a elle aussi. C’est l’histoire d’une femme au grand coeur qui se sent mal dans sa peau et d’une “mauvaise femme” qui se sent bien, parce que, en fin de compte, aucune femme n’est entierement bonne ou mauvaise. Par-dessus tout, l’histoire des chanteuses de blues est une question de feeling.

BJ.

Buzzy Jackson est docteure en Histoire a l’universite de Berkeley.

  • Les courts extraits de livres : 17/04/2007

LES PREMIERES ANNEES : MAMIE DESDOUMES, SOPHIE TUCKER, MAMIE SMITH ET MA RAINEY

1902

Dans un petit dancing […] il n’est pas rare d’entendre une negresse chanter la meme melodie pendant plus d’une heure, melodie souvent poignante et d’un dessin aussi pur que n’importe quel beau recitatif classique […]. La, nous touchons a la source meme de cette musique, au cote profondement humain qu’elle est capable d’avoir et qui bouleverse aussi completement que n’importe quel chef-d’oeuvre de la musique universellement reconnu.
Darius Milhaud, 1923.

DANS UN PETIT DANCING

Nous sommes dans le demi-monde. Tout au fond, contre le mur, loin de la rue et de la foule, une femme solitaire debout sur une estrade de bois nue, un pianiste a ses cotes, donne le tempo, deux, trois, quatre et l’ve been downhearted, baby (Je me sens deprimee, cheri)… Le demi-monde, c’est la que la moitie du monde qui s’efforce de paraitre respectable laisse tomber le masque et se fond dans l’autre moitie, qui se fiche bien de ce que peut penser son voisin. La chanteuse, une femme (jamais une jeune fille, cela s’entend a sa voix) qui a l’Afrique et le Nouveau Monde dans la peau et dans le sang, sourit et transpire dans la salle bruyante et surpeuplee ou la beuverie dure depuis des jours sans interruption, toujours a la merci d’une descente. Meme a Storyville, ou la prostitution est legale, ou l’alcool est legal et ou le jeu est plus ou moins tolere, le spectre de la Loi et de ses tracasseries rode toujours. Storyville est un quartier ouvert ou les gens travaillent pour gagner de l’argent, tout comme, autant que les autres, la femme au fond du bar qui chante le blues au milieu des rires et des cris d’une salle pleine d’hommes venus se defouler. Les femmes de Storyville sont la pour travailler, pas pour s’amuser. Elles chantent, jouent du piano, dansent, servent a boire et a manger et emmenent les hommes dans leur lit pour payer les factures, et cela se sent dans leur musique – dans leurs chants de joie, de tristesse et de mort.