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Chroniques d’un amateur de sciences

Auteur : Bruno Latour

Date de saisie : 18/11/2006

Genre : Sciences et Technologies

Editeur : Presses de l’Ecole des mines, Paris, France

Collection : Sciences humaines

Prix : 29.00 / 190.23 F

ISBN : 978-2-911762-76-5

GENCOD : 9782911762765

Sorti le : 16/11/2006

  • Les presentations des editeurs : 16/09/2008

Amateur de sciences comme on dit amateur d’art, Bruno Latour a redige chaque mois pour la revue La Recherche son journal de passion en nous parlant de la science en train de se faire, du travail des disciplines, de la profession de chercheur, mais aussi de politique des sciences, de controverses, de vaches folles, de momie… D’un ton vif, tantot allegre et tantot polemique, ces courtes chroniques tres imagees sont une initiation plaisante et synthetique pour ceux qui voudraient gouter a cette nouvelle approche des sciences sociales, la sociologie de la traduction, qui remet en cause l’ennuyeuse distinction entre litteraire et matheux.

Bruno Latour, longtemps professeur a l’Ecole des mines de Paris (1984-2007) et maintenant a l’Institut d’Etudes politiques de Paris, a enseigne dans de nombreuses universites etrangeres ; au croisement de plusieurs disciplines, il a publie de nombreux ouvrages sur la sociologie et la philosophie des sciences et des techniques, sur l’anthropologie du monde moderne et de la democratie.

  • Les courts extraits de livres : 16/09/2008

Qu’il s’agisse de choisir sur une etagere un sachet de soja genetiquement recombine, de subir ou non une operation risquee, d’abandonner notre voiture diesel, de nous faire prelever du sang, de passer a la monnaie unique, nous nous trouvons au coeur de controverses scientifiques, juridiques, techniques, legales, obliges d’imaginer un programme de recherche et d’apprecier les savoirs par d’autres qualites que le vrai et le faux.
Ou se trouve cette riche palette de jugements sur les sciences qui nous permettrait de faire face aux obligations nouvelles de cette politique scientifique generalisee ? Mais dans les sciences memes, justement, ou plutot au coeur des processus de recherche. C’est bien la qu’il faut aller la chercher. Puisque les chercheurs goutent eux-memes leurs projets de recherche par des adjectifs bien plus subtils que ceux d’exact et d’inexact, et que nous sommes embarques dans les memes experimentations, il faut bien qu’ils partagent ces jugements avec ceux qui sont devenus, par la force des choses, des collegues. Les chercheurs ne doivent plus seulement diffuser leur savoir, mais aussi partager leur perplexite devant des politiques scientifiques qui nous concernent tous a des titres divers.
Au lieu de l’ancien partage entre savoir indiscutable et politique discutable, nous nous trouvons tous obliges de participer a une discussion publique. Il faut donc, dans un journal scientifique comme celui-ci, multiplier les voix et les genres, tout faire pour que les sciences soient l’objet de jugements aussi divers que ceux que les chercheurs entretiennent entre eux dans le fond de leurs laboratoires. Lorsque Jurgen Habermas, De l’ethique de la discussion, Cerf, Paris (1992) veut maintenir Le debat public contre la raison instrumentale des experts, il ne se rend pas compte qu’il obtiendrait ce qu’il recherche beaucoup plus vite s’il prenait en compte les controverses des experts eux-memes. Cela revient a croiser Lakatos – qui veut mettre les savants a l’abri du monde social – et Habermas – qui veut mettre le monde social a l’abri des savants ! Magnifique symetrie qui donne la solution du probleme que ni l’un ni l’autre ne parviennent a resoudre. L’amateur de sciences participe tout simplement a cette proliferation. En tout cas, c’est le risque qu’il prend.