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Chroniques mysterieuses des Landes

Auteur : Jean Harambat

Preface : Yves Harte

Date de saisie : 02/09/2007

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Sud-Ouest, Bordeaux, France

Prix : 15.00 / 98.39 F

ISBN : 978-2-87901-804-1

GENCOD : 9782879018041

Sorti le : 23/08/2007

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

Que trouve-t-on dans ces chroniques ?

Un rugbyman aviateur, deux femmes de litterature au coeur noir, trois cimetieres juifs, un ethnologue amoureux, des fantassins en echasses, des musiciens punk, une grand-mere volante, un valet de coeur, un futur empereur, une presque reine…
Jean Harambat dresse un inventaire baroque ou la mythologie antique se mele au folklore, ou le bizarre cotoie l’Histoire, ou le legendaire habite une geographie sauvage.
Ce recueil collecte 46 chroniques legeres, etranges, ciselees, qui ravivent les Landes oubliees.
Jean Harambat a collecte les memoires disparates de son departement. Mieux, il a su reunir ce qui est devenu la seve commune de tout un pays, des vieux pins noirs du Born a l’ancien vin fou de l’Armagnac. Lisez ces histoires. Et plus jamais vous ne verrez nos Landes de Gascogne du meme oeil. Yves Harte.
Jean Harambat est ne dans les Landes, ou il vit actuellement. Apres des etudes de philosophie et de commerce, il se consacre a l’ecriture et au dessin, en realisant des reportages et des illustrations pour la presse ecrite (Sud Ouest Dimanche, Le Monde 2, Geo…). Il prepare une bande dessinee pour les editions Futuropolis, baptisee Les Invisibles, sur les aventures d’Audijos.
Les illustrations sont de Jean Harambat.

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

Les fantassins en echasses

Se rendant a Bayonne pour retrouver la famille royale d’Espagne, Napoleon observa avec attention les pasteurs de la grande Lande. On assure meme qu’il eut un moment le dessein de creer quelques compagnies de chasseurs landais.
Pres d’un siecle plus tard, en decembre 1899, quelques militaires effares du 34e regiment d’infanterie, dans la foret non loin de Mont-de-Marsan, se debattent sur des echasses et font des manoeuvres sous la direction de tranquilles echassiers du pays, convertis en conseillers techniques pour l’occasion. Un certain nombre d’officiers les encadrent et s’interrogent sur la pertinence militaire de ce nouveau mode de locomotion.
L’idee parait saugrenue mais on avait bien essaye d’introduire plus tot des elevages de chameaux dans le desert landais. Les animaux creverent tous et le principe d’un corps d’armee d’echassiers eut le meme destin que le projet d’elevage de chameaux.
Transformer les echassiers en un bataillon est une chimere lancee par un boulanger arcachonnais, Sylvain Dornon, et par le capitaine Vachon1, officier de cavalerie. A la fin du XIXe siecle, Dornon est un boulanger qui a la bougeotte et soif de reconnaissance. Il a effectue le trajet Paris-Moscou sur des echasses en cinquante-huit jours, du 12 mars au 10 mai 1891. Il s’est meme promene en echasses a Paris, lors de l’Exposition universelle, et a atteint la deuxieme plate-forme de la tour Eiffel. Dornon, l’echassier, est patriote et se veut un theoricien de l’emploi des echasses dans l’armee. Aussi le capitaine Vachon, grace au boulanger dans un role d’expert, adresse-t-il au ministere de la Guerre un rapport intitule Etude sur l’emploi des soldats echassiers en temps de guerre, en avril 1894.
Le capitaine Vachon etablit la simplicite de l’emploi des echasses et la rapidite de l’echassier par rapport au fantassin. Il ecrit a propos des combats : la troupe d’echassiers est arrivee au lieu du combat. Elle prend exactement les positions necessitees par le relief du terrain a defendre ou a attaquer […]. La ligne qui combat ote ses echasses, les met en bandouliere de gauche a droite de maniere a laisser l’epaule droite libre, chausse ses sandales ou marche pieds nus a son gre ; cela est fait rapidement. La ligne de manoeuvres aura avantage a rester sur ses echasses afin de se porter rapidement sur un point attaque ou a attaquer. Voila l’echassier au combat, son fusil dans la main droite, ses echasses en bandouliere, son long baton dans la main gauche. Le capitaine Vachon remarque finement : Avec les echassiers, il n’y a pas de perte de temps ou de force pour proteger les montures, puisqu’ils emportent les leurs sur leur dos. Et plus loin : Si l’ennemi est en fuite, que cet ennemi soit a cheval et que le terrain soit coupe de murs ou fosses, larges comme il s’en trouve frequemment en Europe, l’echassier se guidant sur la cavalerie amie aura rejoint l’ennemi au dixieme ou quinzieme kilometre. Par-dessus haies, murs et clotures il le harcelera impunement, aidant ainsi l’action de la cavalerie.