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Colere et temps

Auteur : Peter Sloterdijk

Traducteur : Olivier Mannoni

Date de saisie : 23/11/2007

Genre : Philosophie

Editeur : M. Sell editeurs, Paris, France

Collection : philosophie

Prix : 26.00 / 170.55 F

ISBN : 978-2-35580-001-6

GENCOD : 9782355800016

Sorti le : 25/10/2007

  • Les presentations des editeurs : 27/10/2007

On pourrait definir la modernite comme l’epoque ou fusionnent les motifs de la vengeance et de l’immanence, ecrit Peter Sloterdijk dans son livre Colere et Temps, une histoire de la construction de la banque mondiale de la colere. Une histoire qui commence avec le premier texte litteraire de l’humanite – L’Iliade d’Homere s’ouvre par le mot colere – et qui alimente depuis la vie morale et spirituelle des hommes. D’Homere a Lenine, de la Bible au Petit Livre rouge, de Cain a Freud, il demonte les mecanismes de ce sentiment pulsionnel et pourtant manipulable. Il montre comment la colere, d’abord instinctive, se transforme peu a peu en une banque mondiale de la vengeance, ou l’on utilise les sentiments de colere des opprimes comme une monnaie qui permet d’arriver au pouvoir – un systeme, ecrit Sloterdijk, qui a forge un millenaire durant l’histoire de l’Occident. Il analyse les formes bibliques, leninistes ou anarchistes de la colere et de son expression, la vengeance, s’interroge sur le role actuel de l’islam politique dans cette histoire. Et Sloterdijk annonce avec bonheur la faillite de ces organismes monetaires de la colere et de la vengeance, l’avenement d’un monde au-dela du ressentiment.

Apres avoir analyse, dans Spheres, les phases de constitution de la modernite humaine, apres avoir decrit, dans Le Palais de cristal, les differentes etapes de la construction de cette sphere de confort et de gaterie que s’est offerte l’Occident, Peter Sloterdijk prend sous sa loupe, dans Colere et Temps – allusion polemique a Etre et Temps de Heidegger -, ce qui constitue selon lui le moteur principal de la civilisation occidentale : la colere.

  • La revue de presse Jean Birnbaum – Le Monde du 23 novembre 2007

Autrefois, la revolte avait ses debouches. Partis et organisations tentaient de la canaliser pour la transformer en energie politique. L’exasperation des humilies etait le moteur de l’Histoire, leur juste courroux allait briser le cercle de l’oppression. Desormais, constate Peter Sloterdijk, la fureur qui sature notre planete ne trouve plus aucun exutoire universel. Puissance eparpillee, elle tourne a vide…
Le chemin de Sloterdijk croise celui de Platon, de Nietzsche et d’Heidegger. Il lui fournit aussi l’occasion de discuter Georges Bataille ou Jacques Derrida. Contre celui-ci, il se livre a une rehabilitation du politologue americain Francis Fukuyama et de son livre La Fin de l’Histoire (1992).

  • La revue de presse Robert Maggiori – Liberation du 18 octobre 2007

Qu’est devenue, ensuite, cette grande colere, quand et pourquoi a-t-elle ete expulsee de la culture au profit de vertus plus sages, de moderation et de maitrise de soi, quand, pourquoi, a quelles fins a-t-elle ete periodiquement revitalisee et recuperee jusqu’a faire converger ses flux brulants en une banque de vengeance metaphysique, une accumulation primitive de forces revolutionnaires ou une banque mondiale de vengeance politique. Tel est le point de depart de la reflexion que Peter Sloterdijk livre dans Colere et Temps, dont le titre original, Zorn und Zeit fait echo au Sein und Zeit de Heidegger…
Si l’on sait la presence du philosophe de Karlsruhe dans les debats contemporains, on devine que son etude de l’ire ne se borne pas a Homere : dans Colere et Temps, il est aussi bien question de l’Albanie que de l’islam, des therapies de l’ame et de la psychanalyse, de la Revolution francaise, de la religion, du militantisme, du communisme, du capitalisme, de l’ecologie, de la mondialisation – bref de la situation psychopolitique actuelle du monde.