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Combien de fois je t’aime

Auteur : Serge Joncour

Date de saisie : 03/03/2008

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Flammarion, Paris, France

Prix : 18.00 €

ISBN : 978-2-08-120092-0

GENCOD : 9782081200920

Sorti le : 03/03/2008

  • Le choix des libraires : Choix de Roland Eric Hardin de la librairie LE PAVE DU CANAL a MONTIGNY-LE-BRETONNEUX, France (visiter son site) – 12/12/2008

Voici un recueil de 17 nouvelles qui traite du romantisme moderne au temps d’Internet, des portables et des SMS. La technologie moderne change la nature du romantisme, nos actes d’amour et notre appreciation du sordide en amour et nous confronte a nos envies contradictoires. Du numero d’un portable qui tient a distance l’amoureux, l’iCHAT amoureux qui se promene a travers toute la France, ou le texto fait avec le pouce un soir de Noel pour se rappeler a sa maitresse, ou encore ces deux qui se rencontrent apres des semaines de communication a distance, et qui se voient pour la premiere fois, qui trouvent que ce n’est pas comme cela qu’il l’avait pensee, mais que finalement apres un peu de decouverte reciproque, il se pourrait que, peut etre ?.. Il y a aussi l’amoureux jamais certain de revoir celle qu’il aime. Qui garde la main sur son portable, l’oeil rive sur l’ecran a esperer un message, un appel qui le rassurera et lui donnera la certitude qu’il existe pour elle. Elle qui fait savourer le manque et le fait vivre pour ces petits riens que sont les quelques gestes qui eclairent sa vie. Elle reinvente sans cesse le desir en disparaissant.

Mais l’amour moderne avec nos appendices technologiques est comme l’amour ancien. C’est fait d’espoirs, de perspectives qui ne s’ouvrent pas, de ces petits riens qui pimentent l’amour et donnent du sens.
Dans ces nouvelles il y a une melancolie desarmante qui trouve aussi des moments de drolerie dans le traitement du rapport amoureux. Il fait passer l’amour tres vite d’un etat a l’autre. Le livre passe par des hauts et des bas, de l’enjoue au parfois sordide.
Il raconte les petits details de nos rapports amoureux avec un coup d’oeil d’une rare humanite. C’est poignant de justesse.
A savourer.

  • Les presentations des editeurs : 26/02/2008

Ces deux la s’ecrivent par mail depuis des semaines, et ce soir enfin ils vont se voir. Ceux-la se croisent dans un train, d’un mot leur vie peut changer. Il y a cette femme qui n’embrasse pas, telle autre, insaisissable, qui tient son amant a distance en se cachant derriere un numero de portable, et cette mere celibataire qui aime sans reveiller son fils. Ou encore cet homme, qui fait defiler comme autant de souvenirs les numeros de son repertoire.

Combien de fois aime-t-on dans une vie ? Dix-sept rencontres, dix-sept histoires pour dire, sur le fil de l’emotion, qu’on n’en finit jamais d’aimer.
Serge Joncour a 46 ans. Il est l’auteur de sept livres, parmi lesquels UV (prix France Televisions 2003), L’idole (Flammarion, 2005), Que la paix soit avec vous (Flammarion, 2006).

  • La revue de presse Marie-Valentine Chaudon – La Croix du 18 juin 2008

Les heros de ces nouvelles sont des hommes, ils parlent a la premiere personne, sans jamais devoiler leur identite, comme pour mieux jouer d’un effet miroir sur le lecteur…
Serge Joncour excelle dans cette facon, en apparence si simple, de dissequer les sentiments les plus contradictoires. Il touche chez le lecteur quelque chose d’intime et d’universel, de ces faiblesses qu’on n’avoue pas, autant d’emotions rentrees, d’espoirs decus, de lachetes refoulees et de reves escamotes. Avec une acuite desenchantee, le romancier pointe les paradoxes de notre epoque ou les etres se retranchent derriere leurs ecrans et finissent par se craindre.

  • La revue de presse Alexis Brocas – Le Magazine Litteraire, juin 2008

S’il est un art que Serge Joncour maitrise, c’est bien celui de se renouveler sans se trahir. Combien de fois je t’aime decline, dans la plupart de ses 17 nouvelles, un theme dont l’auteur s’etait jusqu’alors tenu a l’ecart : la relation amoureuse. Mais pour l’evoquer, Joncour garde cette ecriture delicate, ce regard a la fois fraternel et lucide jete sur ses personnages, et ce sens de l’humour assorti qui ne se moque de personne.

  • La revue de presse Jean-Louis Ezine – Le Nouvel Observateur du 29 mai 2008

Dans Combien de fois je t’aime, l’ecrivain raconte dix-sept histoires : autant de parties de cache-cache…
Pour notre bonheur, l’imaginaire de Serge Joncour n’est cependant en rien altere par les fourberies, les illusions et les servitudes de l’adultere nouveau. Combien de fois je t’aime offrira meme quelques splendides consolations aux nostalgiques de Flaubert et aux infideles contraries. Au fond, le romanesque s’augmente de tout ce qui le diminue, ce qui laisse toutes ses chances a la litterature et tous ses espoirs a celui qui, tel ce personnage joncourien faisant defiler son repertoire de contacts, trouve encore la ressource de soupirer : Ce soir, ce n’est pas que je sois plus celibataire que d’habitude, c’est juste que ca m’apparait.

  • La revue de presse Bernard Morlino – Le Figaro du 17 avril 2008

Dans ces dix-sept nouvelles, Serge Joncour met l’accent sur l’incommunicabilite dans un monde de la communication. Jamais procureur ni proselyte, Serge Joncour evoque des histoires d’amour et de hasard avec beaucoup de tendresse. Loin de monologuer, il partage les experiences qui lui ont apporte plus de doutes que de certitudes. En dix-sept nouvelles, le romancier ne fait pas rimer amour avec toujours…
La vie est d’apparence si pratique qu’elle dispense qu’on perde son temps a se voir. Serge Joncour joue de la melancolie sans fausse note. Ses personnages revent toujours a l’inaccessible et pensent que le vrai bonheur serait de vivre avec ceux qu’ils ne croisent qu’une fois dans la foule. Douce illusion…

  • Les courts extraits de livres : 26/02/2008

Elle avait toujours un bon quart d’heure d’avance, non pas vraiment par impatience, ni par trop vive envie de me voir, mais pour une simple question d’horaire. Sa coupure commencait vers seize heures ou dans ces eaux-la, pour elle ca n’avait pas de sens de repasser d’abord par la maison, et d’en ressortir dix minutes apres pour venir me prendre. Alors elle se plantait la, dans cette rue sans boutique, elle m’attendait parfois salement, je pense aux jours de pluie, ou a tous ceux ou il faisait froid. Je ne m’en rends compte que maintenant, pourtant j’aurais du songer au devouement que ca represente, surtout l’hiver, ce long quart d’heure qu’elle passait seule sur ce bout de trottoir, sans le moindre abri. A ce que j’en sais elle ne bougeait pas, elle s’adossait a l’arbre mince qu’il y avait la, juste en face de la sortie, elle fumait une cigarette ou deux, en pensant a quoi, a moi sans doute, a ce que serait sa vie si je n’etais pas la. A cause de ce travail qu’elle reprendrait tout a l’heure, jusqu’a tres tard le soir, elle etait habillee tres femme, une jupe noire lui arrivait juste au-dessus des genoux, elle portait des collants chair, des chaussures elegantes a talons, un chemisier blanc en general, un simple manteau par-dessus en hiver, de toute facon elle n’avait jamais froid, jamais d’echarpe, le cou nu toujours offert, sans meme une perle bas de gamme. Elle restait la sans se melanger aux autres, son caractere l’amenait a ca, a etre un peu en marge, on la disait de son epoque, moins pour l’atteindre que pour la resumer. Tout autour les temps changeaient, jupes courtes et voitures a angle droit, Renault 12 et Barbarella, mais d’elever seule son enfant, sans que ca ait valeur d’embleme, ca lui valait des commentaires, on trouvait ca pas trop normal, un peu bizarre, on se disait bien que ce devait etre ca, l’amour moderne.
Moi, pendant ce temps-la, deux etages plus haut dans l’immeuble d’en face je continuais a verser dans les contes et les reprimandes, pour moi en general ca se passait mal, il n’y avait plus qu’une chose qui comptait, ce rendez-vous avec la femme en bas qui m’attendait. De toutes c’est surement celle qui l’aura le plus fait. De moi elle attendait quoi au juste, tout ou pas grand-chose, sinon la perspective immediate de ces deux minces heures qu’on passerait ensemble, de ce petit trajet qu’on ferait a pied, en renouvelant toujours les memes promesses, en se disant, je crois, toujours a peu pres les memes choses, avec chaque fois le meme arret a la boulangerie, pour acheter une patisserie devant laquelle je faisais semblant d’hesiter, alors qu’en fin de compte je prenais systematiquement la meme chose, un eclair au chocolat dans lequel je mordais comme dans une joue, elle par contre ne voulait rien, elle ne mangeait pas, ou si peu, elle semblait meme ne jamais manger, elle tenait par une force autre, elle, evidemment, c’etait la plus forte, la plus belle, la plus grande, assurement c’etait la plus grande. Chaque fois que sonnait l’heure et qu’on nous repandait le long des couloirs, qu’on devalait comme des billes jusqu’en bas, je la retrouvais la, un peu en retrait, jamais tres loin de l’arbre, quand elle n’y etait pas adossee, les autres autour d’elle avaient toutes l’air de se connaitre, de se parler, la mienne au milieu ne disait rien, simplement elle se distinguait, elle existait en etant de loin la plus seule, le regard perdu dans cette direction ou elle me repechait d’un sourire.