Skip to content Skip to sidebar Skip to footer

Confessions d’un gang de filles

Auteur : Joyce Carol Oates

Traducteur : Michele Levy-Bram

Date de saisie : 16/01/2008

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : Stock, Paris, France

Collection : La cosmopolite

Prix : 19.50 / 127.91 F

ISBN : 978-2-234-06047-0

GENCOD : 9782234060470

Sorti le : 16/01/2008

Acheter Confessions d’un gang de filles chez ces libraires independants en ligne :
L’Alinea (Martigues)Dialogues (Brest)Durance (Nantes)Maison du livre (Rodez)Mollat (Bordeaux)Ombres Blanches (Toulouse)Sauramps (Montpellier)Thuard (Le Mans)

  • Les presentations des editeurs : 18/01/2008

Un quartier populaire d’une petite ville de l’Etat de New York, les annees 1950. Cinq lyceennes, pour survivre et se venger de toutes les humiliations qu’elles ont subies, concluent un pacte, a la vie, a la mort : elles seront le gang Foxfire. Foxfire designe les jolies filles, mais egalement le feu follet. La haine, et surtout celle des hommes, va les entrainer dans une impitoyable equipee sauvage. Apres un sejour en maison de correction, Legs, leur chef adulee, revient avec un reve : pouvoir habiter, toutes ensemble, dans une ferme, et vivre selon leurs propres lois. Mais leur sulfureuse reputation leur creera plus d’un ennemi. Vols de voitures, menaces a main armee, entolage et, pour finir, kidnapping… Tout cela finira tres mal.
Dans une langue crue, precise et concrete, Joyce Carol Oates depeint la fureur de vivre des cinq inseparables et leurs acces de generosite envers d’autres desherites. Comme toujours chez l’auteur de Eux et de Blonde, le Mal est d’autant plus vraisemblable qu’il nous ressemble…

Nee en 1938, Joyce Carol Oates a publie son premier roman en 1963. Son pere travaillait pour la General Motors et c’est a Detroit au debut des annees 1960 qu’elle decouvre la violence des conflits sociaux et raciaux. Devenue professeur de litterature a l’universite de Princeton, elle poursuit la plus prolifique des oeuvres litteraires.

  • Les courts extraits de livres : 18/01/2008

FOXFIRE : une bande de hors-la-loi

N’en parle jamais jamais, Maddy-Monkey, elles m’avaient prevenue, c’est la Mort si tu en parles a un seul d’entre Eux ; mais maintenant apres tant d’annees je vais parler car qui m’en empecherait ?
Apres tout, je suis de celles qui ont aide a etablir les regles originelles, dont cet avertissement. De fait, j’etais la chroniqueuse officielle de FOXFIRE.
Donc la seule personne de confiance pour traduire ses actes en mots, pour les fixer sous la forme d’un rapport permanent destine a nous seules. Tape a la machine a ecrire. Conserve, avec ses articles signes et dates, dans un classeur a anneaux. Un document secret et pourtant, comme on l’esperait, un document historique qui etablirait pour toujours la Verite. Qui permettrait donc de refuter les deformations, les malentendus et les mensonges purs et simples.
Genre : nous faisions le mal pour le mal et par vengeance.
De tous les mensonges relatifs a FOXFIRE, celui-ci etait surement le pire !
Entre l’age de treize et dix-sept ans j’ai appartenu a FOXFIRE et FOXFIRE a fait de ces annees des annees sacrees. Du moins jusqu’aux derniers mois.
Vivre ici, a Hammond, dans l’Etat de New York. Au nord, pres du lac Ontario, lieu ou on est toutes nees, nous autres, soeurs de sang de FOXFIRE, et qu’on n’aurait jamais pu a l’epoque imaginer de quitter ; un peu comme quand on est plonge dans un reve : il semble une infinite dont on ne pourra jamais se reveiller.
FOXFIRE NE REGARDE JAMAIS EN ARRIERE ! C’etait un de nos adages secrets. Et aussi : FOXFIRE BRULE ET BRULE et FOXFIRE NE REGRETTE JAMAIS ! Ces deux derniers n’evoquent pourtant pas la memoire, mais le remords et la culpabilite, la faute et le repentir – sentiments probablement reserves a de plus faibles que nous. Et ces deux derniers, je crois pouvoir l’affirmer, precedaient les evenements de cauchemar de mai et juin 1956 qui ont marque les derniers jours de FOXFIRE, et qu’aucune d’entre nous, c’est sur, n’a pu ne pas regretter.
Car FOXFIRE etait une vraie bande de hors-la-loi, oui…
Mais FOXFIRE etait une vraie communaute de soeurs de sang, avec des liens forges dans la loyaute, la fidelite, la confiance, l’amour.
Oui, nous avons commis ce que vous nommeriez des crimes. Dont la plupart sont restes non seulement impunis mais ignores, nos victimes, toutes males, etant trop honteuses ou trop laches pour venir se plaindre.
On a du mal a les plaindre. Vous verrez !
Mais n’allez pas imaginer que, vers la fin, FOXFIRE n’en ait pas souffert, ni que celles d’entre nous qui sont encore en vie n’en souffrent pas a l’instant meme.

FOXFIRE EST TON C?UR !
Ce genre de verite, on pouvait le proclamer d’une seule voix, mais non l’enoncer individuellement.
Sauf Legs Sadovsky qui pouvait murmurer Maddy-Monkey t’es mon coeur a sa facon inimitable que je serais bien incapable d’interpreter – etait-ce serieux, etait-ce faussement serieux, etait-ce pure taquinerie, etait-ce toutes ces choses a la fois ? – tout en me faisant un de ses sucons de chat sauvage car on savait que Legs Sadovsky, la commandante en chef de FOXFIRE, etait la seule d’entre nous assez sure de son pouvoir pour etre percue par les autres comme une privilegiee, oui, comme la seule pouvant se permettre d’employer des mots plus nobles et plus temeraires que les notres. Impossible, donc, d’etre jalouse d’elle, tout simplement impossible. C’etait pareil pour tout ce qu’elle faisait et qui, avec le temps, etait amplifie et transpose sur ecran geant en Technicolor sans jamais se decolorer ni disparaitre comme les choses que font la plupart des gens.
Les raisons ? En voila une : sa facon de ne craindre ni l’altitude, ni les eaux tumultueuses ou on nage, ni meme la mort l’immunisait aussi contre la crainte du ridicule. Vous croyez peut-etre que c’est sans importance, mais pas du tout : se ridiculiser volontairement, s’offrir au rire, aux sarcasmes des autres, ca demande du cran.
Des choses a l’idee desquelles Maddy serait rentree sous terre, comme devoiler son propre moi, Legs Sadovsky les faisait sans hesiter. Sans l’ombre d’un doute observable.