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Contes de fees

Auteur : Marie-Catherine Le Jumel de Barneville (baronne d’) Aulnoy

Date de saisie : 04/04/2008

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : H. Champion, Paris, France

Collection : Champion classiques

Prix : 19.00 / 124.63 F

ISBN : 978-2-7453-1703-2

GENCOD : 9782745317032

Sorti le : 20/03/2008

  • Les presentations des editeurs : 05/04/2008

De la fin du regne de Louis XIV a la Revolution francaise, une exceptionnelle floraison de conteurs et de conteuses s’adonne au conte merveilleux sous toutes ses formes. Mme d’Aulnoy occupe une place remarquable au sein de cette production : initiatrice, des 1690, de cette vogue qui s’epanouit a la fin du XVIIe siecle, elle constitue egalement, par l’ampleur et l’originalite de sa production feerique, l’une des representantes privilegiees de ce genre. Elle illustre en effet la naissance du conte feminin, privilegiant une ecriture mondaine et galante souvent empreinte de romanesque. Plus largement, c’est au carrefour des cultures orale et ecrite, populaire et litteraire, ancienne et moderne que ces contes puisent leur inspiration, leur esthetique, leur poetique ainsi que leur riche imaginaire.
Les amateurs de feerie ne s’y tromperent pas : ils plebisciterent les vingt-cinq contes de fees de Mme d’Aulnoy, dont le succes fut immediat et durable. Traduits en anglais avant ceux de Perrault, plus souvent reedites, au XVIIIe siecle, que ceux de son confrere, ils furent salues, exploites voire pilles par les conteurs ulterieurs. Mais ils subirent aussi une double depossession : la relegation aux rayons souvent deprecies de la litterature enfantine; et leur recuperation par une culture populaire peu soucieuse du texte litteral. C’est a une redecouverte qu’invite donc cette edition, offrant l’integralite des contes et de leurs recits-cadres. Un second volume de Contes nouveaux ou Les Fees a la mode complete le present ouvrage.

La serie Litteratures publie des oeuvres de toutes litteratures et de tous siecles, connues ou peu connues, qui ont marque l’histoire litteraire, la culture ou l’evolution des idees. Ces oeuvres sont editees dans la tradition des Editions Champion : le texte publie est celui faisant autorite au regard des specialistes qui ont procede a son complet reexamen en s’appuyant sur les dernieres avancees de la recherche. Litteratures propose ainsi une edition sure, des textes parfois inedits et toujours accompagnes du meilleur environnement critique et explicatif (bibliographie, index, dossiers complementaires, etc.).

  • Les courts extraits de livres : 05/04/2008

NAISSANCE DU CONTE FEMININ :
MADAME D’AULNOY

Les fees se pencherent-elles sur le berceau de cette celebre inconnue que constitue, aujourd’hui encore, Mme d’Aulnoy ? Curieux destin, pour le moins, que celui de la conteuse et de ses contes. De la conteuse, tout d’abord. Si Mme d’Aulnoy, prolixe femme auteur de la fin du XVIIe siecle, est alors celebre, ce n’est pas tant pour ses contes (bagatelles sans consequence, dit-elle elle-meme’) que pour ses romans et memoires historico-galants. Puis c’est l’inverse qui se produit : l’immense succes de ses contes de fees la depossede en quelque sorte de son bien. Submergee sous un impressionnant flot editorial, Mme d’Aulnoy manque y perdre son identite propre, tout comme son illustre contemporain Perrault, noye dans la designation depersonnalisante des contes de Perrault. La conteuse n’a plus alors droit, dans les manuels d’histoire litteraire, qu’au statut reducteur de pionniere ou championne du genre, voire de simple compagne de route du celebre auteur des Histoires ou Contes du temps passe. Ses Contes sont-ils mieux traites ? De fausses attributions en recueils tronques, d’anthologies parcellaires en morceaux choisis de litterature enfantine, d’adaptations populaires en recuperations critiques, les vingt-cinq contes de Mme d’Aulnoy auront connu, depuis trois siecles, des fortunes aussi diverses qu’inegales. Qu’en est-il donc de ce double mythe ? Celui de l’aristocratique femme de plume se delassant a produire d’aimables bagatelles ? Et celui d’une oeuvre qui, traversant les siecles, ne cesse de faire la preuve de son etonnante vitalite ?

UNE FEMME AUTEUR DU GRAND SIECLE

Une vie romanesque

De Marie-Catherine d’Aulnoy, nee Le Jumel de Barneville, nous ne savons a vrai dire pas grand-chose : des hypotheses bien plutot que des certitudes, dans cette vie romanesque bien remplie. Notre conteuse nait en 1650 ou 1651, dans une famille de bonne noblesse normande. Elle epouse en 1666, a Paris, Francois de la Motte, baron d’Aulnoy, de trente ans plus age qu’elle. Le couple connait rapidement des difficultes financieres et conjugales, qui vont s’aggravant jusqu’en 1669. A cette date, la mere de Mme d’Aulnoy, marquise de Gudane de par son second mariage, complote avec son amant le marquis de Courboyer et deux autres complices, afin de faire accuser son gendre de crime de lese-majeste. Mais le complot tourne mal et se retourne contre ses instigateurs, qui se retrouvent emprisonnes et condamnes. Deux d’entre eux sont executes, dont l’amant de Mme de Gudane, tandis que cette derniere s’exile en Espagne. Elle y jouera un role d’espionne au service des monarchies espagnole et francaise, jusqu’a sa mort a Madrid, en 1702. Quant a M? d’Aulnoy, sous le coup, comme sa mere, d’un ordre d’arrestation, elle aurait ete fugitivement emprisonnee a la Conciergerie, en decembre 1669. Suivent vingt ans d’ombre, de 1670 a 1690. Mme d’Aulnoy aurait voyage a l’etranger, en Angleterre a plusieurs reprises, ainsi qu’en Espagne ou vivait sa mere. Elle evoque dans la dedicace de son premier roman les Cours etrangeres qu’elle aurait frequentees. On la retrouve a Paris, en 1690. Elle y frequente le salon de Mme de Lambert avant d’ouvrir son propre salon, rue Saint-Benoit. Son mari, dont elle vit separee depuis 1670, meurt en 1700. Mme d’Aulnoy decede cinq ans plus tard, en 1705, laissant derriere elle une solide reputation de femme de lettres.

Carriere d’une salonniere a succes

Pas plus que Perrault, Mme d’Aulnoy ne pensait passer a la posterite pour ses contes. Non que ceux-ci n’aient eu, des leur parution, un indeniable succes mondain. Mais la conteuse est surtout celebre alors pour ses romans galants et ses memoires historiques, qui lui valent une flatteuse reputation litteraire. Diverses querelles d’attribution l’amenent cependant a publier, par deux fois, la liste de ses oeuvres. En 1693 elle revendique, dans l’adresse au lecteur des Nouvelles ou Memoires historiques, les ouvrages suivants : l’ Histoire d’Hypolite Comte de Duglas, les Memoires de la Cour d’Espagne, la Relation du Voyage d’Espagne, Jean de Bourbon prince de Carency, les Nouvelles espagnoles et deux paraphrases de psaumes. Dix ans plus tard, elle ajoute, dans l’epitre du Comte de Warwick, les Memoires de la Cour d’Angleterre parues entre-temps : soit deux ouvrages de piete, quatre volumes de memoires historiques, trois romans et un recueil de nouvelles galantes auxquels s’ajoutent les huit volumes de contes parus en 1697 et 1698, le tout a la cadence soutenue d’une a deux publications par an, de 1690 a 1698 essentiellement. La conteuse profite ainsi, avec un flair litteraire et commercial certain, des modes editoriales qui seduisent alors le public mondain : petit roman (par opposition aux grands romans heroiques des annees 1640-50), nouvelle galante, memoires ou nouvelles historiques.