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Cops

Auteur : David Ellsworth

Quand Cops : Smith County Justice sort en 1985 aux États-Unis, son auteur David Ellsworth, journaliste dans un quotidien texan, est loin de se douter de l’importance historique du brûlot qu’il vient de signer. Ellsworth vient tout juste de passer deux années au sein de la police de Smith County, aux côtés du shérif et de ses hommes. Dans cette région redneck, la loi n’est pas un texte, tout au plus une simple question d’appréciation. Tous les jours, Ellsworth assiste au quotidien d’une police corrompue, raciste, tricheuse et avinée : les agents place des sachets de cocaïne dans les poches des amants de leur maîtresse pour les envoyer à l’ombre, tabassent les afro-américains au moindre regard lancé dans la rue ; volent les saisies de drogue pour les revendre aux cartels colombiens un peu plus au sud, etc.
Cops est un extraordinaire document qui se lit comme un roman noir de Jim Thompson ou James Ellroy. Ce dernier l’a même désigné comme « le roman le plus réel jamais écrit sur les États-Unis »… Car Cops possède une trajectoire singulière : c’est en effet le dernier livre victime d’un autodafé aux États-Unis : à sa sortie, les hommes du shérif ont littéralement vidé les stocks et les rayons des libraires, brûlant les exemplaires dans les parkings devant un public médusé. Son auteur, bien évidemment, a été sommé de partir, sous menaces de morts. Vingt-cinq ans plus tard, cette première édition internationale plonge le lecteur dans l’ambiance délétère d’un tout sécuritaire qui dérape, plus réel encore que les ripoux des séries américaines (The Shield), plus violent que les scènes les plus noires des romanciers américains. Une plongée haletante dans la corruption de l’État et dans l’abjection la plus pure.