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Day

Auteur : Allison L. Kennedy

Traducteur : Paule Guivarch

Date de saisie : 17/01/2009

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : Ed. de l’Olivier, Paris, France

Collection : Litterature etrangere

Prix : 23.00 / 150.87 F

ISBN : 978-2-87929-586-2

GENCOD : 9782879295862

Sorti le : 06/01/2009

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  • Le courrier des auteurs : 17/01/2009

D’un sujet rebattu, la Seconde Guerre mondiale, ALK a fait de Day un roman intensement moderne, grace a une structure originale fondee sur les flashbacks et un constant va et vient entre le passe et le present de son heros, Alfred Day. Grace egalement a la technique du monologue interieur, veritable numero de ventriloque dans lequel Alfred s’apostrophe constamment avec aigreur, et qui cree avec le lecteur une belle intimite.
Par un subtil melange d’emotion, et d’humour, ALK nous donne a voir aussi bien les horreurs de la guerre(comme la Nuit magique au cours de laquelle la RAF, dans un deluge de feu, reduira la ville de Hambourg en cendres) que le lien indefectible qui unit les membres de l’equipage du Lancaster, les franches rigolades entre copains, les chansons, la vie et la mort dans un camp de prisonniers avec Ringer, le sonneur de cloches un peu fele, les empoignades avec Ivor, le libraire borgne qui emploie Alfred en temps de paix, la decouverte de l’amour par Alfred dans un abri anti-aerien ou la poignante scene de tendresse retenue entre la mere et son fils, le jour de la declaration de guerre.
Day, recit de destruction et de reconstruction est ecrit dans une prose originale, musclee, qui sert au mieux les themes de la peur, de la douleur et de l’amour.

Paule Guivarch, traductrice de l’ouvrage

  • Les presentations des editeurs : 09/12/2008

Alfred Day a quinze ans lorsque la guerre eclate en 1939. Pour fuir un pere alcoolique, il s’engage dans la Royal Air Force. La guerre sera son terrain d’apprentissage : il y decouvre l’amitie aupres de ses compagnons d’armes, les romans d’Arthur Conan Doyle, et l’amour, dans les bras de Joyce. Mais la violence le rattrape. Au cours d’une mission de bombardement, son appareil est abattu. Seul survivant de l’equipage, il est capture par l’ennemi.
Quelques annees plus tard, meme s’il a recouvre la liberte, Day est prisonnier de ses souvenirs. En 1949, il decide de solder son passe en acceptant de faire de la figuration dans un film sur la Seconde Guerre mondiale. Au milieu d’acteurs en costume et de decors en carton-pate, il retrouve la douleur du deuil et la peur perpetuelle.

Dans ce livre baroque, aux accents dostoievskiens, A. L. Kennedy plonge un homme ordinaire dans des situations qui le depassent et revelent sa complexite. Styliste virtuose, elle signe avec Day son oeuvre la plus aboutie.

A.L. Kennedy est nee a Dundee en 1965. Ses romans (dont Volupte singuliere, Le Contentement de Jennifer Wilson ou Paradis, tous publies aux Editions de l’Olivier) ainsi que ses recueils de nouvelles lui ont valu de nombreux prix litteraires en Grande-Bretagne et ont fait d’elle l’une des figures de proue de la litterature ecossaise. Elle exerce aussi ses talents d’ecriture au theatre, a la television et au cinema. Elle vit a Glasgow.

Traduit de l’anglais par Paule Guivarch.

  • La revue de presse Christophe Mercier – Le Figaro du 8 janvier 2008

Le tour de force, c’est que ce roman d’hommes (tout au plus Alfred Day a-t-il une histoire d’amour avec une femme mariee, mais cette histoire est vue de son cote a lui) a ete ecrit par une femme. A. L. Kennedy arrive si bien a se mettre dans la peau – et dans la tete – de son heros et parvient avec lui a une telle osmose que le lecteur oublie bien vite que l’ecrivain est une femme, jeune, qui imagine tout ce qu’elle raconte…
Day ne se lit pas comme un recit d’aventures, encore moins comme un roman psychologique classique. Sans aller jusqu’a comparer A. L. Kennedy a Nathalie Sarraute, on peut cependant dire que la lecture de son livre exige la meme lenteur, la meme attention aux details, au non-dit. Ce n’est qu’a ce prix qu’on pourra en percevoir les reelles richesses.

  • La revue de presse Emilie Grangeray – Le Monde du 8 janvier 2009

Definie par The Observer comme un maitre de “l’anatomie du desespoir et, parfois, du bonheur”, A. L. Kennedy est l’auteur surdouee de plusieurs romans et recueils de nouvelles. Primee deux fois par le celebre prix Granta, la Barbe-Bleue des lettres ecossaises a le sens des metaphores et de l’humour – souvent noir. Pour elle, etre ecrivain, c’est “enfoncer son poing dans le crane de quelqu’un pour en extraire la viande”. De fait, elle n’a de cesse d’eplucher ses personnages jusqu’a la chair, de les vider de leurs entrailles pour transporter ses lecteurs dans la chambre obscure de l’ame humaine. C’est ce qu’elle fait encore dans son dernier roman, Day…
Guerres reelles et interieures, blessures physiques et psychologiques, A. L. Kennedy depeint un monde a la fois banal et monstrueux. Un monde ou l’amour et l’amitie se cachent parfois sous les decombres et dans l’odeur nauseabonde des bombardements.

  • Les courts extraits de livres : 09/12/2008

Alfred se laissait pousser la moustache.
Un observateur non averti aurait pu penser qu’il paressait, tuait le temps, en pleine campagne, mais ce n’etait pas le cas. En fait, il se concentrait, reflechissait a chaque poil qui poussait, veillant a ce qu’il s’alignat correctement.
Jusque-la, les resultats etaient assez impressionnants et l’ensemble, d’une longueur respectable, suggerait deja le calme et le serieux. L’homme avait quelques handicaps, certains defauts : une petite taille, des mains pataudes, un leger debut de calvitie, une tendance a avaler les mots avant qu’ils lui sortent de la bouche, une tendance aussi a garder la plupart du temps les yeux baisses, plus un ou deux kilos superflus autour de la taille et une forme physique mediocre – mais il n’etait pas vraiment laid, non, pas si mal que ca.
Son gros probleme, c’etait la fatigue – ou plutot une irritation causee par sa fatigue – ou plutot une fatigue provoquee par son irritation – ou peut-etre les deux. Il ne savait plus.
Non qu’il fut gauche, ou bizarre, bien au contraire : il etait docile, raisonnable, ordinaire, sans plus, mais meme quelqu’un d’ordinaire pouvait parfois en avoir assez, par-dessus la tete, et, par exemple, desirer se voir offrir de temps a autre la possibilite de choisir.
Ce n’etait pas trop demander pourtant, non ? Un homme avait bien le droit de s’imaginer maitre d’un peu de liberte, d’un peu d’espace. L’intervalle entre plusieurs alternatives, c’est ca qui te donnait de l’espace. Mais parfois tu te penchais sur toi-meme et tout ce que tu voyais, c’etaient des obstacles et tu n’en revenais pas d’avoir pu un jour quitter ta maison – ton lit surtout, plus que ta maison. En te regardant dans la glace, certains matins, tu etais surpris que ca ne se voie pas, alors que presque tout en toi hurlait sans cesse du desir de s’evader.
Moustache ou non, ca n’y changerait rien.