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De l’extermination consideree comme un des beaux-arts

Auteur : Francois Meyronnis

Date de saisie : 27/09/2007

Genre : Essais litteraires

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : L’Infini

Prix : 17.00 / 111.51 F

ISBN : 978-2-07-078591-9

GENCOD : 9782070785919

Sorti le : 27/09/2007

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  • Les presentations des editeurs : 04/10/2007

” Le demoniaque va au plus simple.
Il ne prend plus tant de detours. Il aurait tort, d’ailleurs. Plus sa mechancete s’exhibe et mieux les humains se laissent mettre les menottes. Son programme s’affiche, il en fait etalage. Son dessein clignote : il apparait en scintillant. L’aneantissement de la vie, voila ce qu’il veut. Ou, ce qui revient au meme, sa colonisation par la mort. Tantot cela passe par l’agencement du massacre, tantot par la grande herse de l’economie, ou par la capture des corps au plus intime.
Une attaque filtre a travers des millions et des millions d’actes, de pensees, de gestes. ” Cette force franchit la ligne de devoilement avec les oeuvres de Littell et de Houellebecq. Tout le monde marche, et personne ne veut rien en savoir. On lit, mais dans la torpeur. Avec cynisme et innocence, ce livre prend le somnambulisme humain a revers. Dans le dos du Diable, il trouve la phrase de reveil.

Francois Meyronnis coanime la revue Ligne de risque. Il a publie un roman, Ma tete en liberte, et un essai, L’Axe du Neant.

  • La revue de presse Josyane Savigneau – Le Monde du 5 octobre 2007

Ce livre alertera ceux qui trouvent l’epoque plutot devastee, le debat intellectuel au plus bas, laissant place a de faux combats, a coups d’injures et de calomnies…
Dans le souci d’etre precis et concret, Meyronnis, dans De l’extermination…, s’interesse notamment a deux ecrivains qui ont eu recemment un grand succes critique et public, Jonathan Littell, avec Les Bienveillantes, et Michel Houellebecq. Sa demonstration est plus ample sur Houellebecq, qui a deja une oeuvre, tandis que Littell debute. Qu’on n’attende pas la les demolitions violentes et banales, teintees de pure jalousie, qu’on a pu lire sur Houellebecq, ni de la “moraline”. “Je ne conteste pas certains merites a Littell et Houellebecq, ecrit Meyronnis. Je ne les accuse de rien, et je ne les toise pas.” Il est rare aujourd’hui que des romans aient de “l’ampleur”, comme en a, par exemple, La Possibilite d’une ile, le dernier Houellebecq, et il ne s’agit pas de “defendre ou attaquer”, mais de “montrer, tout simplement, de quoi il retourne”, ce que ne font pas les journalistes, pris dans le flux de l’actualite litteraire “.

  • Les courts extraits de livres : 08/01/2008

Spirales du malefique

Il peut exister un savoir du diabolique, mais pas de croyance en lui, car plus de diabolique qu’il n’y en a ici, cela n’existe pas.

FRANZ KAFKA
Meditations sur le peche, la souffrance, l’espoir et le vrai chemin

Le demoniaque va au plus simple. Il ne prend plus tant de detours. Il aurait tort, d’ailleurs. Plus sa mechancete s’exhibe et mieux les humains se laissent mettre les menottes.
Son programme s’affiche, il en fait etalage. Son dessein clignote : il apparait en scintillant. L’aneantissement de la vie, voila ce qu’il veut. Ou, ce qui revient au meme, sa colonisation par la mort. Tantot cela passe par l’agencement du massacre, tantot par la grande herse de l’economie, ou par la capture des corps au plus intime. Une attaque filtre a travers des millions et des millions d’actes, de pensees, de gestes. D’une extreme puissance, une force est en train de franchir la ligne de devoilement, au point de soumettre toute l’etendue de la realite a son tranchant.

Si je parle d’une force, avec un programme et un dessein, il ne s’ensuit pas qu’un dieu inverse poursuive l’effacement du vivant comme but. Aucune anti-providence n’est a l’oeuvre dans le monde ; pas davantage une contre-finalite.
Et pourtant cela revient au meme. Un mauvais air court de tous cotes sur le globe ; il ressemble a ce que les pretres du vaudou appellent un envoi-mort. Cet envoi bouillonne autour de deux poches asphyxiantes – le temps-sortilege et l’espace-glas. Le premier coiffe celui des hommes : il absorbe les delais, les intervalles. Seul subsiste un spectre de present, une instantaneite planetaire etouffant ce qui arrive, avant de le transformer en bricole. Quant a l’espace-glas, il raccorde simultanement tous les lieux et les noue a l’imminence d’un danger : celui de la possible destruction des hommes a chaque battement de cil.
A son tour, cette menace est une modalite de la destruction, renforcee par le present perpetuel. Ce qui devaste avance, ne cede ni ne s’apaise : Le desert croit…, comme dit Nietzsche. Et avec lui l’Esprit du vide met le grappin sur les etres.

L’Esprit du vide fond sur nous comme un sirocco. Il est sans principe ni but. Il n’accede et ne reagit qu’a l’instantane. Son regne s’avere sterile et rebarbatif, lutte constante de soi contre soi. Depourvu d’identite comme de substance, il est brisure, dilapidation violente, emprise de l’aride. Il disjointe – falsifie. Il asseche les sources, ou bien les souille. Meme s’ils l’ignorent, les agents du fonctionnement travaillent pour lui. En particulier, c’est le cas des mediatistes.

Pour reprendre une expression de Houellebecq, le desert entraine a sa suite le Grand Assechement. Avec lui, tout devient infecond, insensible, mortifere. Sauf que cela n’empeche ni la profusion ni meme la surabondance. Jamais, en effet, une societe n’a produit autant de biens materiels, degage de si nombreuses richesses ; jamais cela n’a autant circule, ni aussi rapidement.
Sur la place du marche – partout, a chaque seconde -, cela vend et achete. L’Esprit du vide delaisse et nantit. Abandonne, le petit-bourgeois planetaire, et neanmoins pourvu.
Quand il n’y a plus que de la circulation, qu’est-ce qui circule encore ? – Rien que la circulation, dans un air de plus en plus rarefie.