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De loin, on dirait une ile

Auteur : Eric Holder

Date de saisie : 10/09/2008

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Dilettante, Paris, France

Prix : 16.00 / 104.95 F

ISBN : 978-2-84263-160-4

GENCOD : 9782842631604

Sorti le : 10/09/2008

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  • Les presentations des editeurs : 11/07/2008

On s’en doutait depuis ses debuts comme coursier {Nouvelles du Nord), mais la chose, la, devient claire : Eric Holder est un heros de western. Maniere d’eperonner amoureusement les paysages, de humer la tension d’un village en s’invitant dans ses bars, d’en capter le charme par la voix des femmes, le regard des hommes, de denicher au repli d’une dune, au reces d’un abribus des figures hors norme, des communautes etranges, de surfer sur la violence d’un lieu, la captant, la dejouant. Sa petite caravane familiale a decide de se poser en Medoc, a la pointe de la Gascogne, entre Gironde et Atlantique, et tout des lors de s’organiser selon : aerer le jardin a la faux, mener le fils a l’ecole, apprivoiser les comptoirs, prendre les natifs au rets d’amities vraies, orchestrer les jeux des chats, jouer les paratonnerres souriants (notre homme, parmi d’autres activites, est un grand friseur d’incidents). Holder nous conte les aleas de son implantation pionniere par scenes rapides, a la foulee breve, nourries de dialogues tailles juste. Mais le Medoc est une terre rongee par la mer, placee face a la voracite tranquille de l’ocean : le geste des Holder y gagne alors une gravite sourde qui donne au recit un caractere d’eternelle fin d’ete. La mort est en terrasse et ne semble sommeiller. Profitons-en.

Eric Holder est ne en 1960, a Lille. Apres avoir passe son enfance en Provence et exerce divers petits metiers, il s’installe un temps a Paris, puis dans un hameau de la Brie et desormais en Medoc.

  • La revue de presse Marianne Payot – L’Express du 20 novembre 2008

Au fil de ses flaneries surgissent en vrai les personnages de ses romans, ces seconds roles que nous croisons sans reduire l’allure : Ilona la serveuse, Pierrot le colosse en bronze, Alicia du rayon charcuterie, Tilde la tenanciere maternelle, Monsieur R. le jardinier helleniste… On entend leur langue, matinee de gascon et de bordeluche, on effleure leurs existences, on devine leurs felures… et on savoure le style, tout en delicatesse et en humour, de l’auteur, veritable poete de la vie quotidienne.

  • La revue de presse Jerome Garcin – Le Nouvel Observateur du 18 septembre 2008

En passant du 77 au 33, il a gagne au change, et sa litterature, douce comme de la soie naturelle, n’a rien perdu. Au contraire. Elle revit sous un climat plus clement, musarde sur des sentiers plus delicats et semble grisee par le voisinage des vignobles de Margaux, Saint-Julien et Saint-Estephe…
Il apprend des mots nouveaux, carassons, belou, calameque, reves, esclops, mahoun. Il s’initie a la poesie vehemente de Bernard Manciet et assiste a son enterrament. Et il va pecher des tellines (petits bivalves) la ou nul etre humain semble n’etre jamais alle, ou la mer rejoint le ciel, ou les mots semblent etre empruntes au paysage edenique. Il est heureux. C’est contagieux. Merci beaucoup.

  • La revue de presse Didier Pourquery – Liberation du 11 septembre 2008

Il existe plusieurs Eric Holder, au moins deux, que l’on voit vivre dans son dernier livre, De loin on dirait une ile. Le Holder a musette et le Holder a moto. Le Holder a musette aime se promener dans la campagne, chantourner des phrases sur la nature et peindre sa vie comme un paradis post-baba. Le Holder a moto, avec son blouson de cuir, aime prendre des risques, se met en scene dans des situations embarrassantes et fait sentir qu’il pourrait etre quelqu’un d’autre qu’un ecrivain sensible qui ecrit de jolis livres…
On attend maintenant le Holder a moto, destroy plein pot, mettant sa peau sur la table sans se donner le beau role. Authentique, vraiment. Avec son dernier recit, on sent que ca vient. C’est une bonne nouvelle.

  • La revue de presse Jean-Claude Raspiengeas – Telerama du 10 septembre 2008

Comme a chaque rentree, le milieu litteraire et le petit monde des critiques s’empoignent autour de quelques noms qui tiennent le haut du pave parisien. Et puis sous l’ecume de cette maree, soudain la lame de fond d’un ecrivain discret dont le courant nous emporte ailleurs…
Les seconds roles qui peuplent ses romans, il les retrouve dans ce Medoc retranche. Il les croise en vrai et s’accroche a eux, ravi de l’aubaine : Jean, le mecanicien auto ; Francoise, la fermiere misanthrope, et surtout Tilde qui tient le cafe de l’Armistice et compte une soixantaine d’enfants autour du zinc. Eric Holder decrit le privilege de se sentir aime par elle, la consolante de ce finistere. On sort de ce livre en etat de bonheur, comme en levitation au-dessus de la gravite de l’existence. Envoute par la douceur, le charme feutre du style, l’infinie delicatesse et le regard poetique que porte Eric Holder sur le monde qui le cerne.

  • Les courts extraits de livres : 11/07/2008

C’etait en fevrier, le mois le plus court, le plus dur. La route qui relie La Ferte-Gaucher a Montmirail, Marne, etait givree au passage des forets. Un soleil boreal allumait des plaques de neige pelees au-dessus des patis desertes par les vaches, remisees a l’etable.
D. revait depuis un long moment, assise a cote de moi dans la voiture. Les yeux gris-bleu des femmes qui lisent beaucoup prirent une teinte marine.
– J’aurais le sentiment de rater mon existence si je n’habitais pas pres de l’ocean, dit-elle brusquement. Et je n’aimerais pas attendre d’etre a la retraite…
D. est la femme de ma vie. J’ai vecu en sa compagnie tous les ages, depuis celui de dix-sept ans. Ce n’est pas pareil a vingt-neuf, ni a quarante-sept. C’est meilleur, superieur. A present, il parait que nous nous ressemblons.
J’entendais pour la premiere fois sortir de sa bouche l’ombre d’un regret. Elle formait une tache noire qui irait, je le savais, en s’elargissant. Fermant la trappe sur cette vision d’encre renversee, je nous donnai deux ans pour demenager.