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De Niro’s game

Auteur : Rawi Hage

Traducteur : Sophie Voillot

Date de saisie : 04/09/2008

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : Denoel, Paris, France

Collection : Et d’ailleurs

Prix : 20.00 / 131.19 F

ISBN : 978-2-207-25952-8

GENCOD : 9782207259528

Sorti le : 04/09/2008

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  • Les presentations des editeurs : 02/09/2008

Liban, debut des annees 1980. Campe dans un Beyrouth devaste par les bombes, De Niro’s Game est une odyssee chaotique, ecorchee et haletante, une plongee vertigineuse au coeur de la guerre civile et de ses folies, A Beyrouth-Ouest, Bassam et Georges, deux amis d’enfance, tuent leur ennui et leur mal de vivre a coups de petits boulots minables, de maigres larcins et de soirees trop arrosees. Les jours se suivent et avec eux les alertes, les morts, les immeubles en ruine. Les filles sont inaccessibles, muselees par les traditions et les couvre-feux. Entre deux visites aux copains de lycee engages dans la milice, les deux jeunes gens s’imaginent coulant des jours meilleurs : Bassam reve de fuir a l’etranger, et Georges, lui, se sent de plus en plus attire par les discours belliqueux de la milice chretienne.
Dans un ultime defi, les deux amis decident de detourner la recette de la salle de jeu ou Georges travaille. Mais l’argent seul suffira-t-il a les eloigner de la guerre et a sauver leur amitie ?
Porte par une ecriture sans concessions, le premier roman de Rawi Hage annonce, au-dela de la puissance du recit, l’avenement d’une nouvelle voix.

Rawi Hage est ne au Liban, a Beyrouth, qu’il quittera apres la guerre civile, en 1992. Il vit depuis a Montreal. Curator, il partage ses activites entre les arts visuels et l’ecriture. De Niro’s Game, son premier roman, a obtenu de nombreuses recompenses, en particulier le prix des Libraires du Quebec.

  • La revue de presse Christine Rousseau – Le Monde du 24 octobre 2008

Recompense par de multiples prix au Canada, dont celui des libraires, ce photographe et ecrivain canadien d’origine libanaise a remporte en juin a Dublin le prix Impac devant Philip Roth, Thomas Pynchon et Margaret Atwood. Et ce pour son premier roman, De Niro’s Game, dans lequel il relate le destin chaotique et hallucine de deux adolescents en proie au vide et a la desolation dans une ville, Beyrouth, ravagee par la guerre et les bombardements. Une ville admirablement depeinte dans un melange de rage et d’amour, d’humour et de detresse…
Dans la ville emplie de sang, de poussiere et de gravats, ou les gens se terrent dans les abris, ou les chiens de riches s’assemblent en meute, ou lever les yeux au ciel revient a regarder la mort, les deux “rebelles nihilistes” trompent leur ennui et leur mal de vivre a coups de petits trafics, jouent les caids aupres de filles cadenassees par la religion, s’enivrent de vitesse, d’alcool lors de soirees ou chacun tente de dessiner un avenir. Seule alternative : l’exil ou les armes. Tandis que Bassam s’accroche, a coup d’envolees lyriques et poetiques, a ses reves d’ailleurs, Georges, seduit par le discours de la milice chretienne, choisit de s’engager sur un autre chemin, qui le menera au pire…
Dans ce voyage au bout de l’enfer et de l’exil, tendu par une ecriture rapide, nerveuse, emplie d’images, de metaphores, d’humour devastateur, Rawi Hage multiplie les references bibliques, les detourne et joue avec brio de la psalmodie pour denoncer avec violence la guerre, les exactions et les massacres – notamment Sabra et Chatila – commis par des chretiens.

  • La revue de presseFrancois Busnel – L’Express du 9 octobre 2008

A travers le quotidien de ces deux amis de deroute, Rawi Hage brosse le portrait d’une generation elevee dans la violence, avec, en plus de la realite qu’elle subit, les images importees d’Amerique. Celles d’un cinema hyperviolent. De Niro’s Game est un roman brillant…
La premiere partie de ce roman (Beyrouth maculee de poussiere et de sang) et la revelation finale (digne d’un des meilleurs thrillers) font entrer Rawi Hage dans le cercle tres ferme des ecrivains capables de rendre compte de leur temps.

  • Les courts extraits de livres : 02/09/2008

Les bombes pleuvaient et moi j’attendais Georges.
Dix mille bombes s’etaient abattues sur Beyrouth, cette ville surpeuplee, et moi j’etais etendu sur un divan bleu couvert d’un drap blanc cense le proteger de la poussiere et des pieds sales.
Il est temps de partir, me suis-je dit.
La radio de ma mere etait allumee. Elle etait restee allumee depuis le debut de la guerre grace a ses piles americaines faites pour durer dix mille ans. Ma mere la gardait enveloppee dans un morceau de toile ciree verte bon marche perce de trous. Des traces de doigts et des residus de cuisine les avaient peu a peu obstrues, la poussiere s’y etait glissee, mais rien n’empechait jamais les airs melancoliques de Fairouz de s’en echapper.
Ce n’etait pas la guerre que je cherchais a fuir, mais Fairouz, la star de la chanson.
L’ete venait de debarquer et avec lui la chaleur ; un soleil implacable embrasait la terre, notre appartement cuisait sous les toits. Juste sous la fenetre blanche, des chats chretiens deambulaient avec nonchalance le long des ruelles sans jamais se signer ni s’agenouiller devant les pretres en robe noire. Des voitures garees des deux cotes de la rue empietaient sur les trottoirs, barrant le passage aux pietons suffoques dont les pieds fatigues et les visages mines maudissaient et accusaient l’Amerique a chaque pas, au moindre sursaut de leur miserable existence.