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Delicious

Auteur : Mark Haskell Smith

Traducteur : Benjamin Guerif | Julien Guerif

Date de saisie : 07/11/2007

Genre : Policiers

Editeur : Rivages, Paris, France

Collection : Rivages-Thriller

Prix : 19.50 / 127.91 F

ISBN : 978-2-7436-1719-6

GENCOD : 9782743617196

Sorti le : 03/10/2007

  • Le choix des libraires : Choix de Christophe Dupuis de la librairie ENTRE-DEUX-NOIRS a LANGON, France – 17/09/2008

“Joseph hocha la tete. Que pouvait-il repondre ? Ouais, ils allaient bien leur faire la meme chose. On ne faisait que se defendre. Proteger les iles, defendre notre ohana, notre facon de vivre. Nous ne sommes ni des meurtriers ni des cannibales, on ne fait qu’effrayer les envahisseurs avec une touche de folie locale polynesienne. On les abat avant qu’ils ne s’emparent de nos terres et ne detruisent notre culture, comme ils l’ont fait pour les Cherokees, les Crows, les Shawnees et les Navajos. Ouais. On est innocents. On ne fat que les empecher de corrompre notre culture. ” Joseph jeune hawaien, est cuisinier. Avec son oncle Sid, ils gerent une entreprise de restauration pour l’industrie du cinema… qui aime bien tourner a Hawai. C’est familial et tout se passe bien sur l’ile. Jusqu’au jour ou Big Jack Lucey, par un bon coup de dumping, debarque du continent avec ses camions pour assurer la bouffe du nouveau tournage. Lucey est un tueur, il compte bien rester seul maitre a bord de la restauration cinematographique… C’est sans compter sur la resistance des insulaires !
Un peu moins dejante que son premier roman (a bras raccourci chez le meme editeur), mais tout aussi sur-vitamine, Delicious porte bien la marque de fabrique de Mark Haskell Smith : ils ont tous envie de se taper leur prochain. Mais il ne faudrait pas reduire cet excellent (tout comme les bons petits plats que mitonne Joseph) roman a ca. Smith etonne avec une bonne analyse des sentiments des habitants d’Hawai (rester ? partir ? que faire…) et des personnages hors normes. Un grand moment de lecture et de rigolade, avec une trame loin d’etre si drole que ca.

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

Joseph aimait preparer toutes sortes de plats, meme s’il ne s’agissait pas de la saine nourriture polynesienne qu’il consommait. Meme les stupides plats a touristes comme l’opekapaka en croute de macadamia assaisonne de sauce a la mangue ou le cochon braise au lait haupia.
Il emmenait souvent des filles au restaurant, mais seulement dans ceux qu’il voulait essayer. Il comprit au fil de ces diners ce qu’il voulait faire de sa vie. Il voulait etre chef. Les femmes, elles, ne comprenaient pas. Pourquoi ne restait-il pas assis a table, a les regarder droit dans les yeux ? Elles voulaient lui parler, lui raconter ce qui les interessait, ce qu’elles aimaient faire, ce qu’elles pensaient des autres.
Joseph ne voulait pas parler, il voulait cuisiner.

Joseph, jeune Hawaien passionne de cuisine, gere avec son oncle Sid et son cousin Wilson une entreprise de cantine pour les tournages venus exploiter la beaute et l’exotisme de sa petite ile. Une ambiance familiale et detendue sur fond de paradis tropical et d’ocean Pacifique. Dans le monde impitoyable du show-biz americain, cela ne pouvait pas durer. En tout cas, pas avec Big Jack Lucey, le roi du secteur sur la cote Ouest, qui doit a ses methodes expeditives d’etre assis sur un paquet de dollars et se trimballe une redoutable reputation. Malheureusement pour lui, diminue par une attaque cerebrale et de facheux troubles de l’erection, Big Jack se heurte a quelques irreductibles insulaires prets a tout pour proteger leur monopole et leur cuisine saine et equilibree contre les requins du continent. Jack sous-estime manifestement les ressources des Hawaiens au pied du mur : leur riposte, aussi terrifiante qu’inattendue, va donner au bras de fer qui s’engage une coloration inedite.

L’auteur de A bras raccourci nous offre un nouveau roman delirant, fourmillant de personnages hauts en couleurs, obsedes sexuels, defonces, cingles. Mais derriere ce recit a l’humour feroce et decapant, percent une critique sans appel de l’American way of life et une grande empathie envers la culture traditionnelle d’Hawai, menacee par la modernite occidentale.

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

Je vais creuser un imu.

Il n’avait pas trouve d’autre solution. La nuit derniere, Joseph etait sorti recuperer autant de grosses pierres et de morceaux de lave que necessaire. Il avait passe la matinee a ramasser des peaux de banane et des bouts de bois de koa dans une ferme pres de Waia-hole, en entassant un maximum a l’arriere de son pick-up tout en racontant au fermier que, oui, en effet, il allait bien preparer un cochon a la mode kalua mais que, non, il ne faisait pas de luau. Il ne preparait pas de reception pour la famille ou des amis. C’etait purement pour le business.
Il fit un detour par Kahuku et Waialee, en passant par Sunset Beach et le Banzai Pipeline, avec sa horde de surfeurs rugueux et glamours aux corps bronzes tailles comme des statues romaines, aux longs cheveux boucles par les heures de soleil et de sel, entoures de jeunes filles aux corps fins serres dans des bikinis encore plus fins.
Joseph s’etait souvent demande ce qu’on ressentait en surfant sur les grandes vagues de la cote nord. Sentir l’ocean gonfler et monter, vous elever dans les airs a une hauteur de trois etages, rugissant et poussant avec une force primitive avant de vous recouvrir, obscurcissant ciel et soleil, pour vous envelopper dans un rouleau bouillonnant d’ecume epaisse. Joseph avait vu la pression s’accumuler dans ce tunnel aquatique qui s’effondrait comme un immeuble, cette pression de l’air qui eclatait comme un coup de canon et expulsait le surfeur dans une explosion d’embruns sales a quatre-vingts kilometres-heure. On lui avait parle d’un incroyable rush. Mieux que le sexe, mieux que n’importe quelle drogue. Mais il n’en etait pas capable. Il laissait aux timbres bresiliens et aux Californiens cool le risque de se faire dechiqueter sur le corail tapi sous les vagues.
Joseph n’aimait pas aller dans l’eau. Il ne surfait pas. Il ne nageait pas. Il n’aimait meme pas prendre le bateau. Sa nuque se herissait des qu’il mettait un pied dans l’eau. De peur de rejoindre la chaine alimentaire. Un sentiment clairement lie aux requins.
Il aimait la plage. Il aimait se reposer, une biere a la main, voir passer les filles, sentir sa peau changer de coloration. Tant qu’il n’avait pas a entrer dans l’eau, la plage lui convenait a merveille.
Joseph s’arreta a Haleiwa pour faire le plein et acheter une barre energetique, puis il tourna vers l’interieur des terres, depassant les petites maisons affaissees et les fermettes delabrees qui parsemaient ce paysage desole d’herbe rase et de massifs de canne a sucre sauvage.
La plupart des terrains appartenaient a Dole ou a d’autres firmes d’agrobusiness, qui protegeaient leurs champs d’ananas avec zele, a coups de barrieres et de patrouilles en pick-up sur les routes defoncees. Mais Joseph s’en fichait. Il savait ou aller.
Il quitta la route pavee pour un chemin de terre, degageant dans son sillage un nuage de poussiere rouge semblable a un feu de broussailles. Il cahota sur quelques kilometres, perdu au milieu de nulle part, puis s’arreta. Un instant, son camion disparut dans un nuage de poussiere tourbillonnant.
Joseph laissa la poussiere retomber et recula son pick-up sur une piste criblee d’ornieres et de trous, et traversa un epais fourre de canne a sucre a proximite d’une sucrerie abandonnee. Il conduisait doucement, attentif a ne pas trop eprouver ses suspensions. Les rochers et le bois bringuebalaient et faisaient des embardees a l’arriere.