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Desert americain

Couverture du livre Desert americain

Auteur : Percival Everett

Traducteur : Anne-Laure Tissut

Date de saisie : 13/01/2006

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : Actes Sud, Arles, France

Prix : 22.00 / 144.31 F

ISBN : 978-2-7427-5882-1

GENCOD : 9782742758821

  • Les presentations des editeurs : 14/05/2006

Professeur a l’universite de Los Angeles, marie et pere de famille, et convaincu, a l’heure des funestes bilans de la quarantaine, de n’etre qu’un loser, Theodore Larue est en route vers son suicide quand un camion, le heurtant de plein fouet, projette son corps a travers le pare-brise, le laissant fort proprement decapite. Certes depossede de l’ultime initiative de son existence, l’ex-candidat au suicide est cependant bien mort, conformement a ses voeux. De diligents services funeraires, soucieux d’en faire un cadavre presentable pret a devenir l’objet de clignes funerailles, recousent tete et corps a la va-vite, mais voici qu’au beau milieu de la ceremonie Ted se redresse et s’assied dans son cercueil… Face a ce mort encore vivant, une terreur sacree s’empare de la petite famille de Ted, cernee de toutes parts par le brasier des fantasmes collectifs qu’attise une hysterie mediatique a son comble. Bien que passablement traumatise lui aussi, Ted trouve des avantages a sa nouvelle et monstrueuse situation il se sent plus puissant, plus aimant, plus genereux, les sens et l’esprit bien plus aiguises que naguere. C’est alors que, quelques jours seulement apres son retour au foyer, Ted est enleve par les sbires de l’inquietante secte chretienne dirigee par Big Daddy, qui voit en lui l’incarnation du diable. Si, fort de ses nouveaux pouvoirs, Ted parvient a s’echapper, ce n’est que pour mieux tomber entre les mains des services secrets americains qui l’incarcerent dans les trefonds d’un laboratoire du Nouveau-Mexique afin que son etrange cas soit examine par les plus eminentes autorites scientifiques… Qu’il prenne pour cible les medias, le fanatisme religieux ou les consternantes pratiques des milieux universitaires, Percival Everett livre ici une nouvelle satire, aussi grincante due jouissive, d’une societe americaine parfaitement deboussolee. Mais, detournant la reflexion philosophique de ses chemins academiques, l’ecrivain fait surtout de “l’incroyable et veridique histoire” de Theodore Larue le support d’une essentielle et troublante meditation sur la condition des vivants.

Diplome de litterature et de philosopbie, Percival Everett dirige le departement de litterature de la Southern California University. Son oeuvre qui compte a ce jour quinze romans, a ete saluee par plusieurs prix litteraires americains. Egalement peintre et grand amateur de peche en riviere, Percival Everett vit en Californie. Apres Effacement (2004 ; Babel n 721) qui a recu un accueil enthousiaste, Desert americain est le deuxieme roman d’Everett publie chez Actes Sud ou plusieurs de ses titres sont en preparation

  • La revue de presse Antonin Iommi-Amunategui – Liberation du 9 mars 2006

Ted veut se tuer. Il est professeur d’universite depuis huit ans, mais pas titulaire, parce qu’il n’a rien publie, a peine deux articles et son livre vit dans un tiroir. Il a deux enfants et une femme, qu’il a trompee avec deux-trois etudiantes. Il se sent minable, veut en finir. Mais Ted, parti se tuer, est victime d’un accident de la route : sa tete, tranchee au pare-brise, roule sur la chaussee…

Ted, sa tete recousue par les pompes funebres, est expose dans une eglise. Il y a foule : femme, famille, collegues, mouchoirs, nez qui coulent. Soudain Ted, sa tete couturee, son buste habille de travers, se redresse dans le cercueil. Il est mort mais vivant, c’est impossible. Panique, emeute, helicopteres noirs ! Bientot, les voici, sa famille, sa tete cousue et lui, retranches dans leur maison, elle-meme assiegee par les equipes de tele :…

Ouvrant sur un postulat absurde, tire par les cheveux au point d’en arracher une tete, Everett delivre un roman lumineux. Causant morts-vivants, ovnis, sectes, agences gouvernementales et bases secretes, delires bizarres en tous genres, ce type n’en instille pas moins des rapports humains et fins entre ses douze douzaines de personnages. Fresque continentale, Desert americain est le deuxieme de ses romans (apres Effacement, Actes Sud, 2004) a etre reanime en francais. Et la goule est gouleyante, ca fonctionne a mort.

  • La revue de presse Fabienne Dumontet – Le Monde du 27 janvier 2006

Si vous vous prenez la tete entre les mains, vous etes dans un banal moment de reflexion. Mais si cette tete vous reste entre les mains, delicatement detachee du reste du corps, vous etes dans un roman de Percival Everett. Vous serez comme les personnages de cet inclassable ecrivain americain, victime a votre tour de sa grotesque efficacite… A ce monde autant qu’au notre appartient Theodore Larue, heros de Desert americain, deuxieme fiction de Percival Everett traduite en francais. Malgre son prenom (Theodore signifiant “don de Dieu”), ce Ted n’est pas un cadeau. Lui-meme s’afflige d’avoir tout rate, y compris sa mort, comme l’annoncent les premieres lignes du roman : “Que Theodore Larue fut mort etait indiscutable. L’ironie de cette mort accidentelle passa inapercue puisque nul ne savait qu’il etait en route vers son suicide quand il fut, disons, interrompu.” Accidentellement decapite, la tete grossierement recousue par les croque-morts, le cadavre se redresse dans son cercueil, vivant comme un diable lors de sa propre ceremonie funeraire, celebree quelques pages plus loin. Ted est-il glorieusement ressuscite ou vulgairement recrache d’entre les morts ?…

Plus que dans Effacement, Everett reussit dans le burlesque et l’humour noir…

  • La revue de presse Bruno Corty – Le Figaro du 19 janvier 2006

Charge feroce contre les medias et les fanatiques religieux, son roman est aussi une reflexion sur la condition humaine.

Les editions Actes Sud, qui publient des ecrivains americains de renom comme Don DeLillo, Russell Banks, Madison Smartt Bell, ont entame, en 2004, la traduction de l’oeuvre romanesque de Percival Everett. Une entreprise tardive (on ignore pourquoi les editeurs francais mettent parfois des annees a decouvrir des auteurs reconnus depuis des lustres chez eux, comme Everett ou Richard Powers…) et de longue haleine, puisque l’ecrivain, qui occupe egalement le poste de directeur du departement de litterature de la Southern California University, a publie a ce jour seize romans et trois recueils de nouvelles. Des livres souvent couronnes par des prix litteraires…

  • La revue de presse Martine Laval – Telerama du 11 janvier 2006

Un type, heros de ce roman farfelu et tres jubilatoire, s’en va se suicider – nous sommes a la troisieme ligne de la premiere page. Il percute un camion, valdingue a travers le pare-brise. Il est decapite net. Les services funeraires le recousent vite fait… Percival Everett n’y va pas de main morte. Il jongle avec le grotesque, l’absurde le plus delirant, et c’est un bonheur. On s’amuse beaucoup de toutes ces horreurs. La societe americaine vue par le citoyen Everett apparait plus coincee et perfide que jamais. C’est pour rire. Quoique…