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Dictionnaire de litterature a l’usage des snobs et (surtout) de ceux qui ne le sont pas : lexique indispensable de connaissance litteraire pointue

Auteur : Fabrice Gaignault

Illustrateur : Alberto Vejarano

Date de saisie : 23/08/2007

Genre : Dictionnaires, encyclopedies

Editeur : Ed. Scali, Paris, France

Prix : 22.00 / 144.31 F

ISBN : 978-2-35012-149-9

GENCOD : 9782350121499

Sorti le : 23/08/2007

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  • Les presentations des editeurs : 05/09/2007

Comment ai-je pu penser que le Club des Longues Moustaches etait une association de gays pileux ? Ou est situe ce restaurant de l’Algonquin dont on me repete qu’il etait le centre du monde au debut du XXe siecle ? D’ou sortent ce baron Corvo et ce Zo d’Axa ? Suis-je tenu de relire l’integrale des colloques de Cerisy, de me mettre a la post-poesie et a la litterature agenerique ? Pourquoi les Crosby sont-ils juges beaucoup plus importants que les Fitzgerald ? Dois-je lire ce mysterieux B. Traven dont on m’assure qu’il surpasse Conrad et London ? Suis-je vraiment un idiot de croire que la Paru Review est un guide touristique consacre a la Ville Lumiere ? Jean de La Ville de Miremont est-il le plus grand ecrivain francais du XXe siecle, comme on me l’affirme dans les diners ? Qui est cet Andre Blanchard, de Vesoul, qui provoque crises de spasmophilie a la seule evocation de son nom ? Quel est le prix litteraire le plus dejante ? Pourquoi devrais-je preter attention aux journaux du defunt Matthieu Galey ? Suis-je oblige d’aller acheter mes livres a Tours, place Grand-Marche ?

Ce lexique indispensable de connaissance litteraire pointue s’adresse a tous ceux qui soupconnent l’existence d’un autre monde derriere les grandes figures imposees. Entre seconds couteaux ignores ou oublies, figures de dandy venerees, personnages pittoresques, us et coutumes d’une secte etrange, ce dictionnaire d’un genre inedit est un remarquable voyage a travers la litterature. Et confirme le mot de Schnitzler selon lequel le snob a en general raison.

  • La revue de presse Delphine Peras – L’Express du 20 septembre 2007

Dictionnaire est un bien grand mot pour cet ouvrage de quelque 200 pages. C’est surtout, comme indique en sous-titre, un lexique indispensable de connaissance litteraire pointue. La preface annonce la couleur : plutot que d’en rester a sa pretendue etymologie, sans noblesse, snob est ici a entendre au sens de secte elective qui prefere placer au sommet de son pantheon personnel un auteur meconnu mais juge tellement plus important qu’une celebrite des lettres, trop consacree pour etre interessante…
Fabrice Gaignault a ainsi la malice de passer en revue des modes, des expressions, des mouvements qui font partie integrante de ce snobisme litteraire. Mine de rien, il n’accueille pas n’importe qui : on en connait, des pretendants recales ! Ils pourront toujours chanter du Boris Vian…

  • Les courts extraits de livres : 05/09/2007

Extrait de la preface de Fabrice Gaignault :

Le snobisme est une maladie grave de l’ame mais localisee et qui ne la gate pas tout entiere.
Marcel Proust, La Prisonniere.

Envisager un dictionnaire snob de la litterature, et en parler autour de vous, declenche une rafale de questions souvent contradictoires. Quelle definition donner au mot snobisme ? Est-ce a dire que vous allez rediger le millieme annuaire des ecrivains britanniques d’extraction snobinarde ? Un mauvais remake du Livre des snobs de Thackeray ou de Noblesse oblige, l’article irresistible de Nancy Mitford sur les classifications (you, non you). Ou, a l’inverse, souhaitez-vous regrouper sous cette banniere elitiste une certaine chapelle elective composee essentiellement d’ecrivains cultes ? Une fois pose l’axiome de depart selon lequel un tel dictionnaire est tout sauf un abecedaire devolu a des esthetes chichi-pompon, tout est possible dans la mesure ou les ecrivains snobs peuvent etre incorpores dans un plus vaste ensemble d’ecrivains cultes.
Car, si l’on admet l’etymologie – contestee – selon laquelle le mot snob viendrait de l’abreviation de sine nobilitate, designant autrefois a Oxford les etudiants denues de titres, chacun conviendra que la plupart des ecrivains repondent favorablement a ce critere d’exclusion. D’autres aussi, d’une certaine facon. Prenons le cas de la romanciere anglaise Vita Sackville-West. Le fait d’appartenir a l’une des plus vieilles familles du Royaume-Uni la dispense de facto de l’etiquette snob. Que certains aient pu considerer qu’elle avait un comportement snob ne signifie pas qu’elle l’etait reellement. Ce sont sans doute davantage les personnes en marge de ce milieu qui le sont, par esprit d’emulation.
Le terme de snob est plutot a prendre ici dans un sens de secte elective qui preferera toujours placer au sommet de son pantheon personnel un auteur meconnu mais juge, pour des raisons qui n’appartiennent qu’a lui, mille fois plus important qu’une sommite universelle des lettres au palmares suffisamment eloquent pour s’attirer une indifference teintee de mepris. A ce petit jeu subtil, Jean de La Ville de Mirmont blackboulera son ami Francois Mauriac, le delirant poete beat John Giorno, ce balourd de Jack Kerouac, l’amusante Louise de Vilmorin, son dernier amant, le vibrionnant Andre Malraux. Dans le Dictionnaire du snobisme de Philippe Jullian, le tres fin et trop oublie Olivier de Magny rappelle justement que le snobisme consiste en un ensemble de partis pris dont un groupe de personnes fait une strategie destinee a ce que le reste des humains se sente, eternellement et en tout, a cote de l’elegance. Grande brouilleuse de cartes, la litterature semble avoir su troubler la belle purete du snobisme. Car si les snobs en tout genre sont opposes au changement, les snobs litt, eux, considerent au contraire de leur devoir de s’avancer dans les eaux etroites de l’avant-garde. L’abbe Mugnier, bien sur, Kathy Acker, of course. Les neophobes, dont parlait autrefois Valery Larbaud, ne seront jamais des snobs litt. Souvenons-nous que deja a la fin du XXe siecle, les premiers amateurs de l’impressionnisme, les adeptes des decadents morphinomanes, les admirateurs de Mallarme etaient taxes de snobs…