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Droit d’asile, au NON de quoi ? : temoignage d’une officiere de protection au coeur de l’OFPRA

Couverture du livre Droit d'asile, au NON de quoi ? : temoignage d'une officiere de protection au coeur de l'OFPRA

Auteur : Clemence Armand

Date de saisie : 23/11/2006

Genre : Documents Essais d’actualite

Editeur : Toute latitude, Paris, France

Collection : Documents et temoignages

Prix : 19.90 / 130.54 F

ISBN : 978-2-35282-006-2

GENCOD : 9782352820062

Sorti le : 11/11/2006

  • Les presentations des editeurs : 16/09/2008

J’ai toujours eu beaucoup d’empathie et d’admiration pour les migrants. Pour ces personnes qui ont fait le choix de partir de chez elles, de quitter leur famille, leur maison, leur pays, leur terre natale pour trouver quelque chose de meilleur ailleurs, dans cet Occident idealise depuis les pays en voie de developpement, j’ai beaucoup de respect pour tous les gens qui ont quitte amis, famille, enfants pour venir, quelles que soient les raisons qui les aient pousses a partir.
En janvier 2005, Clemence Armand entre a l’OFPRA, l’Office Francais de Protection des Refugies et Apatrides, qui attribue le droit d’asile en France.
Tous les jours, elle recevra deux ou trois demandeurs d’asile au cours d’un entretien fleuve qui lui permettra de repondre a cette question : Entrent-ils dans les criteres d’attribution du droit d’asile ? A eux de lui prouver que c’est le cas. A elle de demeler le vrai du faux dans ces recits de vie toujours bouleversants, parfois a la limite du supportable.
Dechiree entre la regle de droit, ses convictions humanistes et des situations personnelles et familiales tragiques, c’est a elle de decider de leur destin.
Cadences imposees, formation baclee, demandeurs deconsideres… Rattrapee par les contraintes economiques et materielles mais surtout politiques et juridiques, l’attribution du droit d’asile en France se revele etre une loterie geante.
Pour ne pas perdre son ame, Clemence Armand a demissionne. Aujourd’hui, avec ses convictions mais sans angelisme, elle temoigne.

A 29 ans. Clemence Armand est une figure du mouvement associatif aux convictions humanistes affirmees. Porte-parole de l’association Mix-Cite, mouvement mixte pour l’egalite des sexes, elle oeuvre par ailleurs aux programmes pour la jeunesse de la Mairie de Paris. Elle est devenue Officiere de Protection au sein ne l’OFPRA en 2005 et a quitte l’institution un an plus tard.

  • Les courts extraits de livres : 16/09/2008

L’OFPRA est donc une administration, organisee de facon specifique, mais une administration tout de meme, dont le budget est de 49,3 millions d’euros en 2006 et qui emploie 467 personnes dont une moitie environ d’Officiers de Protection. L’OFPRA a connu une hausse importante de son activite depuis les annees 1990. Les nouvelles demandes etaient ainsi au nombre de 50 247 en 2004 contre 21 416 en 1997.
L’Officier de Protection (OP), fonction qu’a occupee Clemence Armand tout au long de l’annee 2005, est la clef du dispositif de traitement des demandes d’asile par l’OFPRA. L’OP est une de ces femmes ou un de ces hommes qui recoit les demandeurs d’asile au cours d’un entretien individuel. Il devra alors determiner, en se plongeant dans l’histoire personnelle du demandeur, s’il peut entrer dans l’un des cinq motifs d’attribution du droit d’asile en France : une persecution dans le pays d’origine en raison de sa religion, de ses opinions politiques, de sa nationalite, de son origine ethnique ou de son appartenance a un groupe social. C’est au terme de cet entretien que l’OP redigera un rapport qui decidera du sort du demandeur : soit il se verra octroyer une autorisation de sejour en France, soit il devra quitter le territoire national.
Autant dire que c’est la, durant ces minutes, parfois ces heures, lors de ce huis clos entre une femme ou un homme representant malgre tout l’administration et un demandeur au passe tragique, a la situation precaire et sous la menace de devoir retourner dans un pays qu’il a decide ou ete contraint de quitter, que tout se joue. C’est dans ce huis clos qui decide du sort de cinquante-mille personnes chaque annee que nous introduit Clemence Armand, face a la detresse humaine, face a la regle de droit, face aux contraintes politiques et administratives et face a ses doutes. Elle nous devoile la realite et le discours de ces exiles dans ce qu’il a de tragique, d’emouvant et parfois de cocasse.

Extrait de l’introduction