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Du livre et de la culture

Auteur : Gil Jouanard

Date de saisie : 24/05/2006

Genre : Litterature Etudes et theories

Editeur : l’Archange Minotaure, Forcalquier, France

Prix : 16.50 / 108.23 F

ISBN : 978-2-914453-83-7

GENCOD : 9782914453837

Sorti le : 24/05/2006

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  • Les presentations des editeurs : 01/12/2006

Il n’y a pas plus de culture populaire que de culture elitaire : il y a des oeuvres qui exhaussent, elevent, transcendent, embellissent, d’autres qui diminuent, rabaissent, avilissent… Le comble du malentendu, ou de la lachete ambiante, c’est que nombre de moyens de communication et de divulgation ont fait avec cynisme le choix de promouvoir a outrance le populisme culturel […] Le livre, quand il se tient dans l’espace specifique de sa vocation intrinseque, est encore cet objet de sens et de pressentiment qui vehicule le meilleur de ce que l’humanite a a se proposer a elle-meme.

Depuis trente ans, Gil Jouanard est le partisan d’une action culturelle independante autour du livre. Porte par l’exemple de Jean Vilar et par celui de Jean Daste, il cree un premier centre de recherche et d’animation litteraires a la Chartreuse de Villeneuve-les-Avignon. Soutenu par Jean Gattegno, alors directeur du Livre, il participe a la creation d’aides en faveur du livre et de la creation litteraire, contribuant ainsi a initier des politiques regionales du livre. Il cree en 1985 la Maison du Livre et des Ecrivains ainsi que le Centre Regional des Lettres en Languedoc-Roussillon avec Anne Potie. Ce prestigieux centre sera brutalement detruit en 2004, suscitant une vague de protestations chez les ecrivains et les intellectuels. Gil Jouanard est l’auteur d’une trentaine de livres.

  • Les courts extraits de livres : 01/12/2006

La pluie, qui vient marteler les paves de la rue des Bouchers jusqu’au seuil des galeries de la Reine et du Roi, tient a cette heure les Bruxellois et leurs hotes de passage a l’ecart de toute velleite de circulation.
Seuls, quelque temps encore, dans leurs appartements ou dans leurs chambres d’hotels, les humains se reconnectent a des impressions vieilles comme Mathusalem, celles qu’ils devaient eprouver dans le temps, quand ils se tenaient accroupis sous le couvert forestier ou a l’abri de la grotte, tandis que s’abattait le deluge paleolithique.
Ils eprouvent soudain si fort le sentiment de leur solitude que, pour un peu, ils se croiraient devenus poetes, capteurs, condensateurs, transformateurs et diffuseurs de sensations et d’intuitions, percepteurs et redistributeurs machinaux d’instants eternels.
Ils savent cependant que seule l’heure matinale les preserve encore de l’obligation qui, dans quelque deux heures, leur sera faite d’aller confluer avec le flux collectif ou chaque goutte cesse instantanement et a jamais de clapoter pour son compte exclusif et de voir etinceler sa petite, intime et si ephemere musique personnelle.
Alors, ils se mettent confusement a pressentir que c’est probablement d’une semblable impression d’isolement que les poetes ont toujours su exhumer et revitaliser ces bribes enigmatiques de la vieille ” langue des origines ” qui inventa le monde.
Ils se disent peut-etre qu’ils vont tout a l’heure courir sous le deluge, s’engouffrer dans le Palais des Congres, se precipiter vers les tables qui ploient sous le poids de l’inflation editoriale.
Ils s’y voient deja. Ils savent qu’ils vont devoir se frayer un chemin parmi tous ces ” supports d’informations ” pedagogiques, didactiques, documentaires, recreatifs, eparpilleurs, et chercher avec avidite le Livre confusement et anonymement attendu par le fond d’eux-memes, celui qui captera l’integralite de leur attention et de leur desir de lecture, qui saura federer l’integralite de leurs sentiments contradictoires.