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Ecrits satiriques et de critique litteraire (1837-1838)

Auteur : Alberdi Juan Bautista

Traducteur : Stephanie Urdician

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Litterature Etudes et theories

Editeur : Presses universitaires Blaise Pascal, Clermont-Ferrand, France

Collection : CRLMC, Textes

Prix : 15.00 / 98.39 F

ISBN : 978-2-84516-293-8

GENCOD : 9782845162938

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  • Les presentations des editeurs : 07/07/2006

Juan Bautista Alberdi (Tucuman, 810 – Neuilly, 1884) est l’une des figures intellectuelles les plus marquantes de l’Amerique du Sud au XIX’ siecle. L’influence de sa pensee est – avec celle de Domingo Faustino Sarmiento – determinante de par sa richesse et sa complexite. Ce livre voudrait tirer de l’oubli pour le public francophone cette figure incontournable parmi les intellectuels qui ont bati les Republiques sud-americaines, d’autant qu’Alberdi demeure par son influence un penseur d’actualite pour l’Argentine et le Cone Sud. Certains critiques l’ont qualifie de “Tocqueville de l’Amerique du Sud “, ce qui ne lui aurait pas deplu.

Ce recueil est une selection d’articles satiriques et litteraires publies dans sa premiere jeunesse, quand il animait a Buenos Aires puis a Montevideo des cercles liberaux et romantiques. Ecrits dans l’esprit de Mariano Jose de Larra, ils visent le dictateur argentin Juan Manuel de Rosas et temoignent de l’anticonformisme de l’auteur dans des domaines varies : la langue nationale, la politique, l’art, la musique, les moeurs des gens du Rio de la Plata.

Axel Gasquet est maitre de conferences a l’universite Blaise Pascal. Stephanie Urdician est Docteur es Lettres (Etudes iberiques) et professeur agregee a l’universite Blaise Pascal. Tous deux travaillent sur la litterature et le theatre argentins.

  • Les courts extraits de livres : 07/07/2006

MON NOM ET MON PLAN.

La Moda, Buenos Aires, 25 novembre 1837.
Il faut absolument que je m’explique sur ces deux choses.

Je m’appelle Figarillo et non Figaro pour plusieurs raisons. Premierement, parce que ce dernier nom ne doit plus etre emprunte par personne depuis qu’il a servi a designer le genie inimitable dont les muses et notre siecle pleurent aujourd’hui la mort precoce et malheureuse. Il n’est pas de meilleure facon de se moquer de soi que de s’affubler du nom d’un colosse quand on est un pygmee. Appeler un homme ordinaire Napoleon c’est une ironie, une raillerie manifeste, c’est appeler une fourmi un elephant, mais c’est egalement une impiete envers la memoire du grand homme dont le nom ne doit pas etre profane par des applications indignes. Aujourd’hui plus personne ne veut s’appeler Jean, Pierre, Manuel ou Marien : on tient pour meprisable, de mauvais ton et de mauvais gout de s’appeler comme les malheureux apotres et les martyrs du christianisme apres que ces illustres noms ont ete portes et galvaudes au point que le premier portefaix venu arbore le nom de l’auteur des Epitres aux Romains, aux Corinthiens, aux Galates, etc. A ecouter les noms de la toute jeune generation, on dirait qu’il s’agit d’une race de heros et qu’on a voulu parodier les grandes figures profanes de l’histoire aux depens de nos enfants. Ce qui vous pose en societe, c’est d’heriter d’un nom ordinaire et de le leguer, une fois glorieux, a vos enfants qui ne jouiront probablement pas d’une plus grande gloire. Deuxiemement, je m’appelle Figarillo parce que je ne penetre pas aussi profondement les choses et la societe que le Cervantes du XIXe siecle. Je ne m’interesse qu’aux frivolites, aux choses qui ne font que passer, comme les modes, les styles, les usages, quelquefois les idees, les lettres, les moeurs, c’est-a-dire toutes ces choses auxquelles les esprits serieux ne doivent pas s’interesser. Je prends a temoin l’Espagne qui est imbattable sur le chapitre de l’austerite et du dedain face aux futilites : elle ne me laissera pas mentir a sa barbe, cette barbe chenue qui fait taire tout mensonge.