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Eloge de la deprime : non a la dictature du bonheur !

Auteur : Anne Lamy | Gerard Tixier

Date de saisie : 18/04/2008

Genre : Sociologie, Societe

Editeur : Milan, Toulouse, France

Collection : Declic de soi

Prix : 12.50 / 81.99 F

ISBN : 978-2-7459-3061-3

GENCOD : 9782745930613

Sorti le : 28/02/2008

  • La voix des editeurs : – 17/09/2008

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Anne Lamy – 18/04/2008

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

La societe d’aujourd’hui impose une image du bonheur a laquelle nous devrions tous nous conformer.
Ceux qui n’y parviennent pas s’enferment dans une reelle souffrance de vivre. Elle est d’autant plus vive qu’ils se sentent coupables d’aller mal, devenant impitoyables envers eux-memes. Mais pourquoi le spleen, la tristesse, le blues ou le chagrin, pourtant tout a fait naturels, devraient-ils rester dans l’ombre ou etre effaces par quelque antidepresseur ? Un jour, c’est le ” Declic de soi ” : on decide de s’accorder le droit a la deprime.
Cela ne conduit pas forcement a la depression, mais plutot a la decouverte de la joie d’etre nous-memes avec nos failles et nos blessures, en vue de jours meilleurs. Pourquoi la societe veut-elle nous empecher de deprimer ? Une rupture amoureuse, un licenciement, un deuil necessitent-ils un traitement ? Comment distinguer la deprime de la depression ? Peut-on accepter voire revendiquer ce mal-etre sans culpabilite ni honte ? Comment passer de la plainte au sentiment d’exister ? Que decouvre-t-on sur soi dans cette epreuve ? A la suite d’un episode de deprime, en quoi le fait d’oser enfin etre nous-memes nous ouvre-t-il aux autres ?

Le docteur Gerard Tixier est psychiatre et psychanalyste. Auteur de nombreux ouvrages, dont Les Paranos et La Tentation du suicide chez les adolescents (Pavot), il a ete pendant vingt ans president de l’association SOS Depression.

Anne Lamy est journaliste et coauteur de plusieurs ouvrages dont Travailler sans derouiller, dans la collection Declic de soi, Reussir la garde alternee et Un seul parent a la maison (Albin Michel).

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

CONDAMNES A ETRE HEUREUX

Pour mieux comprendre la place de la deprime dans notre vie, faisons un crochet par le bonheur. Car une epoque qui le sacralise a ce point genere dans le meme temps, forcement, son revers. Nous voila donc passes du droit au bonheur au devoir de bonheur. Cet imperatif complique considerablement notre existence, tant on a de la peine a le definir ; et parce que cette quete est, par ailleurs, contre-productive.

La naissance du bonheur

Le bonheur est une idee neuve en Europe, disait Saint-Just en 1793. La vraie nouveaute, c’est plutot qu’on en fasse une affaire d’Etat ! Le Siecle des lumieres s’est en effet empare du bonheur pour le placer au premier rang des debats. Les penseurs de l’epoque preferaient parier sur le bonheur terrestre plutot que sur le salut de leurs ames au Paradis.
Cette amelioration de la vie, ici-bas, etait rendue possible par la diffusion du progres technique et materiel ainsi que par le vacillement de la religion. Abolir la religion en tant que bonheur illusoire du peuple, c’est exiger son bonheur reel, resumera Karl Marx, des decennies plus tard. Voila qui etait fait : l’idee du bonheur sur terre, et pas uniquement pour une poignee d’elus ou de puissants, venait de faire une entree fracassante dans les esprits. Cela ne faisait que commencer…

Un droit ecrit dans les textes

En 1776, Thomas Jefferson ecrit dans la Declaration d’independance des Etats-Unis : Les hommes […] sont doues par le Createur de certains droits inalienables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberte et la recherche du bonheur. La France s’interessera elle aussi au bonheur dans la Declaration des droits de l’homme et du citoyen, le 24 juillet 1793. L’article 1er l’annonce sans equivoque : Le but de la societe est le bonheur commun. Quelle curieuse epoque : en deux siecles environ – ce qui n’est pas enorme a l’echelle de l’humanite – nous sommes passes du bonheur considere comme un droit, au bonheur devenu un devoir en ce debut de XXIe siecle.

C’est quoi, le bonheur ?

Aujourd’hui, les experts (economistes, philosophes, sociologues, etc.) n’en finissent pas de debattre sur ce qu’est le bonheur. Mais ce desossage en regle ne donne rien de convaincant : qu’il soit eclaire au neon de la pensee scientifique ou chiffre par les economistes, le bonheur a bien du mal a passer sous une quelconque toise ! Par essence, il varie selon les individus, selon les pays. Ici, le bonheur signifiera joie du depouillement; la, il sera synonyme d’accumulation de biens materiels. D’autre part, comment evaluer ce qui n’est pas quantifiable : la richesse du lien social, la force d’un amour, l’ouverture aux autres ?

. Bonheur ou bien-etre ?
Ce que mesurent generalement les economistes, ce n’est pas le bonheur, mais plutot le niveau de bien-etre, donc une certaine forme d’aisance. Les politiques ont tendance a confondre les deux. C’est logique ; c’est sur cette confusion que se fonde le capitalisme : avoir toujours plus, c’est etre toujours plus (heureux). Mais les plus sages d’entre nous ne s’y sont pas trompes ; le bonheur, ce n’est pas l’avoir. Deux axiomes de base expliquent pourquoi : (…)