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Emile et les menteurs

Auteur : Alain Besancon

Date de saisie : 27/03/2008

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Ed. de Fallois, Paris, France

Prix : 18.00 / 118.07 F

ISBN : 978-2-87706-648-8

GENCOD : 9782877066488

Sorti le : 15/02/2008

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  • L’espace des editeurs : Bernard de Fallois – 17/09/2008

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Bernard de Fallois – 06/03/2008

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

Un pigeon : voila ce que j’ai ete d’un bout a l’autre ! Toutes les polices, tous les juges, tous les grands financiers sont apres moi. J’ai du filer au Luxembourg, puis a Miami, aux Bahamas, a Moscou et maintenant je me retrouve en taule. Estime, ce n’est pas l’ami sur. Juana, ma copine, serait avec lui que je n’en serais pas etonne. Je voudrais bien rentrer chez moi, a Beziers, me remettre au billard. Pour ca il faudrait sortir.

Le lecteur ne risque pas de s’ennuyer. L’intrigue va vite, le style ne traine pas. Le climat est au rire, a l’ironie. On s’y moque autant qu’on peut de choses infiniment respectables, la haute finance internationale, la culture universitaire, l’art conceptuel et meme la diplomatie francaise. Tout le monde ment, avec plus ou moins d’elegance. Les pires sont les plus distingues.

Ni these, ni lecon. Un miroir ?

  • La revue de presse Francois Sureau – Le Figaro du 27 mars 2008

Une cavalcade bien maitrisee conduit donc le lecteur a traverser les mondes hysteriques et stagnants qu’il connait bien ou qu’il pressent, et dont la verite lui est revelee comme de biais : celui de l’entreprise, des paradis fiscaux, des societes offshore, de l’universite, de la diplomatie ou des prisons. Il prend, en quelques pages, une vue plus juste sur les Antilles ou la Russie que s’il y avait sejourne dix ans, et cet ecrasement des perspectives n’est pas le moindre des charmes du livre…
Les connaisseurs retrouveront, dans ce roman dont la gaiete et le style insolemment trivial sont mis au service d’un regard particulierement aigu sur les regles qui gouvernent nos vies, le Besancon d’Une generation et plus encore du Courrier Paris-Stanford echange avec Jean Plumyene. Il faut le louer pour la politesse datee, droit venue du XVIIIe siecle, avec laquelle il nous instruit sans jamais nous sermonner, nous laissant pour finir tres proches de son heros, qui ne voit d’autre issue que de retourner a Beziers comme pour y cultiver son jardin.

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

1. Paris.

– Pardon, je m’excuse. Il n’y avait pas de taxi et le bus n’arrivait pas. J’esperais que vous auriez un peu de retard, dis-je. Je suis desole.
– Aucune importance, fit le president Dercourt. Vous avez quelques registres a signer. Nous venions de commencer le conseil.
Toute la direction de LCNH etait deja la, dans des fauteuils de cuir noir a haut dossier, autour de la grande table.
Je tenais a peine debout. J’avais passe ma nuit dans un autre lit que le mien. J’avais ete si occupe que je n’avais dormi qu’une ou deux heures au maximum. Je laissais des draps froisses, des couvertures en desordre. J’avais eu le temps de me laver la figure, les dents, de me donner un coup de peigne. Muriel dormait profondement. Je ne voyais que ses cheveux blonds depasser des draps. Je ne voulus pas la reveiller. Je refermai tout doucement la porte en partant. C’etait vrai : il n’y avait pas de taxi et le bus n’arrivait pas.
En signant les feuilles de presence, et le registre en tant que scrutateur, j’ecoutais, non sans mal, le baratin de Dercourt, me sentant tout gonfle et mal a l’aise par manque de sommeil. Ma peau etait seche et raide.
Le president-directeur general continuait : La quote-part des capitaux sous mandat de gestion et PEA s’eleve a 40 % des capitaux sous mandat, ce qui montre une certaine frilosite devant les marches, malgre les belles performances enregistrees. L’engouement des annees passees pour les fonds de gestion alternative, ainsi que pour les hors-produits monetaires et hors-encours CPA, est un peu retombe. Malgre notre experience dans ce domaine, nos prospects ont montre moins d’interet pour ces techniques de gestion, un peu inhabituelles. D’ailleurs voici le tableau de nos encours OPCVM….
Mme Girardet, cheveux gris, habillee en fidele secretaire, tailleur strict, anthracite, un clip au revers, arracha une page du grand tableau a feuillets et devoila une courbe qui figurait le resultat de la derniere annee. Toute la table se tourna pour la regarder. Personne ne fit la moindre observation. Les visages ne bougerent pas. Les bouches se pincerent un peu. La courbe hesitait en debut d’annee. Elle plongeait en mars, plafonnait en avril, descendait rapidement en juin, juillet – elle s’interrompait en aout -, repartait a la baisse en septembre, tombait a la verticale depuis. Elle touchait desormais le bas du tableau et le zero de l’abscisse.
A ma droite le representant de la societe BACT, M. Injalbert, soit 16 % des actions de LCNH, qui au dernier conseil s’etait porte candidat pour une montee significative dans le capital, se remua, hesita, et finit par dire d’une voix douce :
– Qu’en pensent Messieurs les commissaires aux comptes ?
C’etaient des nouveaux. L’un avait une cinquantaine d’annees, epais de carrure, fortes lunettes, costume raye. L’autre tout jeune, en blazer, avec une cravate fantaisie sur sa chemise blanche. Ce fut lui qui prit la parole :
– Il est de mon devoir, messieurs, chers amis, d’informer le conseil que je n’ai pas recu la totalite des documents qui me permettraient d’emettre une opinion dument autorisee, sans meme parler d’un rapport definitif. Les derniers comptes qui m’ont ete soumis sont incomplets. Ils datent du mois d’avril. A cette date la situation de l’entreprise comportait peu d’elements propres a susciter l’inquietude. Ni toutefois l’optimisme. J’eusse souhaite recevoir des chiffres un peu plus precis sur le compte d’exploitation, et particulierement sur l’ebitda et le cash-flow. Je regrette de le dire – mais vous savez, chers amis, combien, depuis le decret du 16 novembre, la responsabilite des commissaires aux comptes est engagee et nous oblige a une rigueur qui n’etait pas reclamee auparavant de facon aussi maniaque -, certaines donnees nous ont paru, comment dirais-je, surprenantes, comme si quelque part il s’etait glisse des irregularites. Le mot fraude ne nous a pas, bien sur, traverse l’esprit. Toutefois il demeure certaines contradictions que vos services vont certainement eclaircir dans les prochains jours. Vous comprendrez, messieurs, chers amis, que d’ici la, il ne nous est pas possible de certifier les comptes sur la base de ceux qui nous ont ete soumis.