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Enfances blesses, societes appauvries : drames d’enfant aux consequences serieuses

Auteur : Gilles Julien

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Societe Problemes et services sociaux

Editeur : HOPITAL SAINTE-JUSTINE, Montreal, Canada

Collection : Parents

Prix : 9.00 / 59.04 F

ISBN : 978-2-89619-036-2

GENCOD : 9782896190362

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  • Les presentations des editeurs : 04/06/2006

Un enfant blesse est une perte seche pour une societe. Un seul enfant blesse denature et appauvrit la societe au point d’en faire eclater les valeurs les plus fondamentales. Uni societe qui n’a plus les moyens d’aider ses enfants est en perte de vitesse et de controle. Elle est vouee a l’echec et au desordre, surtout si elle cree le desespoir. En revanche, une societe desireuse de soutenir ses enfants est en etat de croissance et de developpement. Elle engendre l’espoir, la motivation et la creativite des personnes qui la composent.

Un ouvrage d’actualite apres les violences de la fin d’annee 2005 dans de nombreuses villes francaises. La societe saura t-elle repondre au mal-etre de la jeunesse actuelle ? Un (petit) ouvrage de reflexion pour tous.

  • Les courts extraits de livres : 04/06/2006

Claude et Claudette sont des jumeaux tres intimement lies. L’un ne va pas sans l’autre. Entre eux, les roles sont clairement definis. Claudette, la plus forte, protege Claude, qui se sent en securite. Elle ecarte les menaces, montre le chemin et s’assure que son frere ne manque de rien. Lorsqu’elle se retrouve sans lui, a l’ecole par exemple, elle joue au caid et adopte un comportement dominateur envers les autres enfants, ce qu’elle ne fait jamais en presence de Claude, se contentant alors d’etre ferme.

Je voyais regulierement ces deux enfants en clinique, avec leur mere, et ils me paraissaient normaux. Ils n’avaient aucun probleme medical, sauf qu’ils ne parlaient pas. Leur langage ne se developpait pas adequatement. Ils pouvaient tres bien communiquer entre eux par un code qu’ils avaient mis au point, mais lorsqu’ils tentaient d’echanger des propos avec d’autres personnes, y compris leur mere, les mots ne sortaient pas, ou encore ils se deformaient en sortant. Dans la famille, il y avait aussi deux freres plus ages, qui ne semblaient pas avoir de problemes, mais je ne les voyais pas souvent, sauf un, Claudio, que je croisai quelquefois pour des problemes de sante.

Au Centre, nous avions entrepris de les occuper et de les stimuler, a notre facon, pour les aider a progresser, mais aussi parce que la mere manquait de disponibilites. C’est du moins ce qu’elle nous laissait entendre. Elle ne reussissait jamais a trouver le temps de s’engager davantage aupres d’eux. Elle travaillait et se disait fatiguee et depassee.

Rapidement, nous apprimes a mieux connaitre ces enfants, qui s’attacherent aux intervenants du Centre. Nous en fimes autant, car ils etaient adorables et tous deux etaient animes d’un eclat particulier.

Claude respirait la bonte, son visage etait beau, le garcon etait charmant, il s’emerveillait facilement et demontrait de l’interet pour plusieurs choses. Il voulait tout connaitre. Et il reussissait facilement a trouver un adulte pour s’occuper de lui. On l’avait mis dans un groupe particulier pour ameliorer son langage et l’enseignante s’etait immediatement attachee a lui. Elle affirmait qu’il faisait des progres constants.

Claudette etait plus discrete, parfois meme sournoise. Son visage peu expressif et sa timidite laissaient deviner des blessures dont elle ne voulait jamais parler. Quand on lui posait des questions, elle repondait que tout allait bien et passait vite a autre chose. Souvent, elle evitait d’etre l’objet de l’attention en deviant la conversation sur Claude. Elle gardait jalousement ses secrets.