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Entre les rues

Auteur : Jean-Pierre Faye

Dans une métropole américaine survient un immigré sans projet.

Ce qui est raconté a lieu ici, où il se trouve être sujet à souffrir de ne pas souffrir, tout en lisant de façon claire les signaux du monde. Et comme après l’épreuve d’une chirurgie cérébrale le monde est comme privé de ses angles narratifs, mais pourtant habité, et comme par un monologue coupé au-dessous du récit, où les corps désirés sont eux-mêmes perçus à travers une distraction lancinante et privée d’angle de vue.
Ce qui se tisse par un va et vient depuis les Grands Lacs et vers l’Extrême Ouest, est comme mis à découvert, là où le bruit d’usine se fait entendre, très violent sur une trame vide.
Le narrateur se découvre comme atteint au coeur d’une pulsation conduite sourdement au bord d’espace où il ne peut se reconnaitre pour Kathryn après Mona.
Parcourir l’espace de narration, c’est ici entrer dans une exploration de grand-route et du plus grand danger.
Écrit en 1958, Entre les rues est la première « fiction » de Jean-Pierre Faye, qui devait devenir aussi le premier fil – ou fil premier – d’une toile de récit qui prendra le nom d’Hexagramme en référence à l’Hexagramme mystique de Pascal. C’est littéralement « couché » dans le bateau qui le menait à Chicago, par une nuit profonde, que Jean-Pierre Faye a « vu » ce premier livre, comme s’il le peignait dans le ciel. Là s’est dessinée l’errance d’un narrateur lobotomisé en « cherche » d’identification.