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Entre mere et fils : une histoire d’amour et de desir

Auteur : Virginie Meggle

Date de saisie : 22/03/2008

Genre : Psychologie, Psychanalyse

Editeur : Eyrolles, Paris, France

Prix : 19.00 / 124.63 F

ISBN : 978-2-212-54034-5

GENCOD : 9782212540345

Sorti le : 28/02/2008

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

Tu seras un homme mon fils !

Elle voudrait le voir reussir loin d’elle mais tremble de le perdre. Il voudrait rester tout pour elle mais reve de s’en detacher. Les sentiments entre mere et fils sont plus complexes et plus ambivalents qu’il n’y parait…

Du cote de la mere, comment autoriser son fils a exister hors de soi ? Comment se passer de lui ? Du cote du fils, comment trouver la force de voler de ses propres ailes ? Comment se separer de sa mere pour s’engager vraiment aupres d’un autre amour ?

Ce livre passe en revue les moments forts qui marquent la relation mere/fils : le desir d’enfant avant meme que la femme soit mere, la naissance du fils, les premieres separations, le premier amour, l’adolescence, le mariage du fils… A travers des temoignages de meres ou de fils, l’auteur eclaire chacune de ces grandes etapes d’un point de vue psychanalytique et fournit des cles pour inviter a les vivre avec le plus de bonheur possible.

Virginie Meggle est psychanalyste en region parisienne. Elle est notamment l’auteur de Couper le cordon et de Face a l’anorexie, chez le meme editeur. Elle anime par ailleurs le site internet www.psychanalyse-en-mouvement.net

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

Un desir d’enfant…

L’importance du pere

En psychanalyse, il est de coutume de dire que la mere, en mettant l’enfant au monde, le marque de son desir. Ce desir, present cependant des le debut de la grossesse, est le veritable moteur de la vie de l’enfant a venir. A ce titre, il est essentiel de bien l’alimenter pour contribuer au bon developpement de l’enfant. Un enfant mal desire ou dont le desir a ete impregne de honte ou de culpabilite est susceptible d’en ressentir les blessures tout au long de sa vie. Par ailleurs, ce desir qui precede sa venue au monde n’est pas du seul fait de la mere. Pour qu’il donne naissance, encore faut-il qu’il se soit accouple a un autre ! Et de fait, c’est cette conjugaison de desirs qui portera l’enfant dans les premiers temps de sa vie, jusqu’a ce qu’il se sente lui-meme anime d’un desir suffisamment fort pour voler de ses propres ailes et… convoler a son tour. Ainsi, la participation de l’homme – dans sa fonction paternelle qui induit un autre que la mere – est-elle indispensable. Ceci, afin que l’enfant puisse reprendre a son compte ce desir, en assumer la transmission et le traduire (avec bonheur) pour le transmettre a son tour.

Un pere est en effet indispensable pour concretiser un desir d’enfant et lui faire prendre forme humaine. Ainsi son nom est-il donne au fils en signe de reconnaissance, afin que l’enfant puisse integrer cette presence dans son developpement. Mais le seul nom du pere ne suffit pas et certains enfants qui le portent se vivent prives de pere, parce que la mere l’aura renie ou n’aura pas plus reconnu son fils qu’elle n’aura reconnu son desir de lui donner un pere.

La reconnaissance d’un pere est essentielle, car elle affranchit en partie la femme de sa toute-puissance maternelle, et epargne au fils que sa volonte de puissance enfantine ne se traduise de maniere tyrannique.

Volonte de puissance enfantine

La volonte de puissance enfantine est une facon de s’affirmer, de s’exprimer ou de se mettre en valeur par des moyens enfantins : colere, caprice, crise de desespoir, pour assouvir un desir ou repondre a un besoin. C’est pour l’enfant une facon de se sortir de l’insecurite. Elle peut etre entendue comme un droit legitime de s’elever, mais elle peut aussi deriver en soif de puissance pour dominer les autres, de facon tyrannique et abusive. On en retrouve les traces chez l’adulte lorsqu’il veut exercer son emprise, lorsqu’il fait preuve d’intransigeance ou qu’il veut avoir raison a n’importe quel prix. Aussi l’enfant doit-il apprendre a se moderer et a se civiliser au fur et a mesure qu’il grandit. L’acquisition de la sociabilite lui permettra de se mettre en valeur de facon recevable. Dominer non par la violence, la depreciation, la rigidite, l’autoritarisme arbitraire, par exemple, mais par ses competences et ses talents est le meilleur moyen de a faire reconnaitre et d’exercer sainement son autorite.

Une mere qui reconnait le pere de l’enfant permet (pere met) a l’un d’assumer sa paternite et a l’autre de cesser de n’etre que le fils de sa mere pour se realiser a son tour sans culpabilite a travers un acte de paternite.
Le fils dont le pere n’a pas ete exclu de son univers peut se projeter dans l’avenir et se separer de sa mere en bons termes – sans chercher davantage a occuper la place du pere. Les problemes qui se presentent a la mere et au fils – aussi dechirants soient-ils a certaines periodes – seront alors abordes avec plus de serenite.

L’enfant sait intuitivement qu’il faut etre deux pour donner vie… Pourtant, la femme en proie a ses demons interieurs ne se plie pas toujours a cette evidence. A l’ecoute de son seul desir (d’enfant), elle oublie ou neglige la participation du pere. L’enfant peine alors a s’emanciper et a departager son desir de celui de sa mere.

Elle peut aussi, en s’accouplant en apparence a un homme, s’accoupler de facon fantasmatique a un autre – son propre pere – pour supplanter sa mere ou au contraire fusionner avec elle.