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Et me voici vivant

Auteur : Francois Jonquet

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : S. Wespieser editeur, Paris, France

Prix : 15.00 / 98.39 F

ISBN : 978-2-84805-044-7

GENCOD : 9782848050447

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Francois Jonquet – 06/20/2006

  • Les presentations des editeurs : 03/06/2006

Je suis venu ici triompher du grand fleau. Je suis le junkie, je suis l’homosexuel, je suis la prostituee, je suis l’Africain. Par moi l’orphelin retrouvera sa mere. Par moi le pere retrouvera sa fille. Par moi le decharne retrouvera ses joues. J’etais mort et me voici vivant.

F. J.

Depuis qu’il soupconne la maladie de roder, depuis qu’il sent son travail de sape sur son corps et son esprit, toutes les energies du narrateur sont tendues vers la vie. Au terme d’un voyage qui le conduit dans un orient reve, il aura transforme son appartement en champ de ruines, fete ses trente-trois ans au milieu d’un chantier indescriptible, se sera mis a dos toutes les corporations du batiment, aura ecume les puces et Drouot dans une desopilante compulsion, plante la l’ancienne entreprise familiale de champagne ou il etait le salarie d’un alien sadique, croise Noureev mourant a l’opera, consomme toutes les drogues, ecume les souks, visite la villa des mysteres…
Delire maniaque magnifiquement tenu, la derive que Francois Jonquet met en scene ici est une exacerbation de tout : passe maitre dans l’art de l’esquive, le je narrateur brouille les pistes, reinterprete le monde, prend au piege de ses strategies un lecteur complice et meduse…
Et me voici vivant, servi par une langue tendue a l’extreme, conjugue avec une paradoxale maitrise folie et desespoir.

  • Les courts extraits de livres : 03/06/2006

J’ai constate en arrivant que la voiture de l’Autre, un immonde petit bolide couleur acier, etait garee la. Je detestais cette bagnole, le signal de sa presence. L’engin etait gare de travers, au beau milieu de la cour, avec la desinvolture du parvenu, bouchant l’entree. J’avais fini par l’identifier a un vehicule militaire, un blinde, un tank. A l’interieur, un fatras de journaux jaunis, de magazines, de livres projetes derriere, grands ouverts et ecrases. Une barre s’est dilatee dans mon estomac.

Je suis passe devant la secretaire-flic, chargee de relever les heures d’arrivee et de depart. Comme j’etais le petit-fils du fondateur, je mettais un point d’honneur a arriver tot. Le calme regnait, mais la barre etait bien installee. L’Autre pouvait surgir. Apres etre alle a la machine a cafe, je suis revenu me tapir dans mon bureau, baptise la niche tant il etait exigu. J’evitais de m’attarder dans les couloirs, de peur de tomber sur l’Autre, j’en etais meme venu a economiser mes allees et venues aux toilettes apres avoir bu un Coca, je pissais dans la canette.

J’ai allume l’ordinateur, frappe le mot de passe, entendu un bip reprobateur : j’avais oublie que le systeme de verrouillage des fichiers avait ete desactive. Par souci de fluidite, avait annonce l’une de ces lenifiantes notes de service, la memoire etait accessible a tous – section privee comprise. Un controle pouvait etre fait a tout moment et a l’insu de chacun. On avait tripote dans ma memoire, on avait profite de mon absence, tout etait sens dessus dessous. La chronologie du classement avait ete bouleversee, la hierarchisation aussi. Sciemment, la pagaille avait ete semee: on avait pu lire ou copier chaque information sans laisser de traces. Non, on y avait pietine et on me le faisait savoir. Ce que vous ne saviez pas, pauvres cons, c’est que rien de bien secret et d’important n’etait stocke : juste quelques idees jetees la, a peine ebauchees.