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Fado

Auteur : Kettly Mars

Date de saisie : 05/06/2008

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Mercure de France, Paris, France

Prix : 12.50 / 81.99 F

ISBN : 978-2-7152-2853-5

GENCOD : 9782715228535

Sorti le : 05/06/2008

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  • Les presentations des editeurs : 14/06/2008

ROMAN
Leo me mange dans les mains aujourd’hui. Me donne tout ce que je lui demande. Il croit me connaitre mais je suis autre, parce que libre a present. Parce que Frida m’habite tout entiere. Tu m’as defiee, Leo, mais te voila mon esclave, plus que jamais attache a mon lit. Je ne t’embrasse toujours pas sur la bouche mais je t’apprends un plaisir que tu n’as jamais connu. On ne se defait pas facilement de Frida, la putain aux pieds maigres.

Apres le depart de son mari, Anaise s’invente une nouvelle identite, celle de la belle Frida, qui se prostitue dans une maison close des bas-fonds de Port-au-Prince. Grace a Frida, elle va se reapproprier son corps et seduire les hommes en devenant la chair et le sang de leurs plus secrets fantasmes. Mais, surtout, elle va croire a nouveau en l’amour.
Sensuel et melancolique, ce roman est porte par le rythme du fado et offre le portrait d’une passion qui deconstruit les frontieres de la raison et de la folie, de la vie et de la mort.

Kettly Mars est haitienne et vit a Port-au-Prince. Fado est son troisieme roman.

  • Les courts extraits de livres : 14/06/2008

– C’est quoi, cette musique ?
– Un fado.
– Ah !…, il fait.
Leo m’a finalement pose la question qui l’habite depuis quelques jours. Mais j’en lis plein d’autres dans sa tete. Je cherche ses yeux, il regarde ailleurs, perplexe. Je le deroute. Je ne semble pas souffrir. Il ne comprend pas que tant de choses aient pris sa place depuis qu’il ne vit plus avec moi. Tant de choses qui l’attirent mais dont il a aussi peur. Comme ce fado que j’ecoute sans arret. La voix d’Amalia Rodrigues qui donne a ma chambre l’intensite des departs. La rumeur de la mer entre mes draps. L’ocean si pres qui peut emmener si loin, jusqu’au port de Lisbonne. Mon lit tel le Tage et mon corps tour de Belem, temoins d’un destin funeste qui faisait voile pour le Benin. Ces guitares laissant sur ma peau un parfum d’adieu insupportable, de douleur ineluctable.
Et mes sous-vetements, toute cette dentelle que j’avais auparavant en horreur. L’ivresse en filigrane rouge de mes culottes, l’indigo vertigineux de mes soutiens-gorge. Leo sait que je l’attends toujours, desirant son desir. Il y a aussi cette chatte, ma nouvelle compagne, je l’ai baptisee Dulce, ma douce aux yeux d’or, elle aime autant que moi le fado. Alors que je n’ai jamais voulu d’animaux dans ma maison quand Leo etait la, meme pas d’une perruche ou d’un poisson rouge. Et puis je bois du vin blanc frais le soir, apres le travail. Comme dirait Frida, pour affronter la nuit.
– Qui es-tu, Anaise ?
Voila la question que Leo voudrait plutot me poser. Ou mieux encore :
– Qui es-tu devenue, Anaise ?
– Je suis Frida… des fois. Selon les jours. Mais cela tu ne le comprendrais pas, Leo… une histoire qui m’echappe moi-meme, me depasse. Je sais seulement que j’ai commence a vivre dans la peau de Frida le jour ou l’on me presenta Bony, a un diner d’anniversaire. C’etait peu de temps apres notre divorce.