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Fideicommis

Auteur : Sylvain Coher

Date de saisie : 13/07/2006

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Naive, Paris, France

Collection : Naive fictions

Prix : 18.00 / 118.07 F

ISBN : 978-2-35021-035-3

GENCOD : 9782350210353

  • Les presentations des editeurs : 16/09/2008

Je n’avais jamais souhaite d’heritage, de quiconque. Pas plus que je n’avais souhaite de pere, car a ce gui se voyait trop, j’avais toujours prefere ce qui ne se voyait pas.

Pourtant, Stein, un petit prof d’histoire sans histoires, se retrouve proprietaire d’un hotel de passe. Cadeau post mortem d’un paternel qui jusqu’alors s’etait contente de lui transmettre son seul nom.

Dans un labyrinthe seme de pieges et de faux-semblants, le voici sur les traces de son geniteur. Un nouveau Stein emerge peu a peu, plus violent, plus cynique – et aussi pervers que le precedent -, les pas dans les poings de son pere, les pieds sur son bureau et les mains sur sa favorite, Lucy, la diablesse aux cheveux roux.

Traverse de spectres, hante par la trahison et la demesure, Fideicommis rappelle Shakespeare. Un Shakespeare blafard, foutraque, au pays des putes, des monstres et des bandits en col blanc.

Sylvain Coher est ne en 1971. Il a publie trois livres aux editions Joca Seria, Hors saison, La Recette de Stein et Facing. Il est actuellement en residence a la villa Medicis.

  • Les courts extraits de livres : 16/09/2008

Quelle merde un enterrement, maugree-je. On en fait tout un foin. Agat, elle est parfaitement seche, des cils jusqu’a la cornee. Bien droite, l’air severe. Jupe verte, chemisier fleuri. On dirait qu’elle attend la remise d’un prix d’estime au concours agricole. Mon ami Jan la regarde en coin, l’oeil mauvais. Deja qu’avant il ne pouvait pas la blairer… Lorsqu’on jouait aux cow-boys chez lui autour d’une bouteille de Jack Daniel’s, il me disait de la virer au plus vite. Une potiche, selon lui. Et gourde avec ca, qu’il n’avait jamais vu une femme aussi gourde qu’Agat, mais probablement que cela existait, disait-il, puisque Agat existait. Un boulet, quoi. Durant ce temps, nous ne nous vimes qu’en dehors d’Agat, a la galerie ou dans sa taniere de rupin. Et maintenant, il remue les graviers du bout des pieds, mon ami Jan. J’imagine qu’il brasse les memes souvenirs futiles que moi. Un vrai pote de regiment, vous le voyez : triste comme il faut, presque un orphelin.

Derriere moi, je vous l’assure (et je sais egalement a quel point cela compte pour vous, vous et vos lubies de petits epargnants), je ne laisse rien. De moi, Agat n’herite rien.