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Fille de l’Orient : 1953-2007, une vie pour la democratie

Auteur : Benazir Bhutto

Traducteur : Simone Lamblin | Isabelle Taudiere

Date de saisie : 13/01/2008

Genre : Biographies, memoires, correspondances…

Editeur : Ed. Heloise d’Ormesson, Paris, France

Prix : 26.00 / 170.55 F

ISBN : 978-2-35087-077-9

GENCOD : 9782350870779

Sorti le : 10/01/2008

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

Je n’ai pas choisi cette vie, c’est elle qui m’a choisie. Ma vie est le reflet des turbulences, des tragedies et des triomphes de mon pays.

Le Pakistan n’est pas un pays comme les autres, et ma vie n’a pas ete une vie ordinaire : mon pere et mes deux freres ont ete assassines. Ma mere, mon mari et moi-meme avons tous ete emprisonnes. J’ai passe de longues annees en exil. Malgre tant de revers et de souffrances, je suis pourtant une femme heureuse. Heureuse, parce que j’ai reussi a ouvrir une breche dans le bastion de la tradition en devenant la premiere femme du monde musulman nommee au poste de Premier ministre. Londres, avril 2007.

La vie de Benazir Bhutto s’acheve de maniere tragique, mais helas, previsible. Apres les Kennedy et les Gandhi, une nouvelle dynastie politique nait dans la douleur et le sang. En depit de la violence dont elle a ete victime, son autobiographie-testament est un message d’espoir autant qu’un plaidoyer pour l’action et la democratie. Ses memoires nous transportent tant son incroyable destin depasse la fiction.

Diplomee d’Oxford et de Harvard, Benazir Bhutto est nee le 21 juin 1953. Heritiere politique de son pere, Zulfiqar Ali Bhutto, premier chef du gouvernement issu d’un parti progressiste a avoir tenu tete aux militaires, elle est assassinee le 27 decembre 2007, a Rawalpindi, en pleine campagne electorale, a deux kilometres de l’endroit ou il fut execute en 1979. Benazir Bhutto a ete la premiere femme elue Premier ministre dans un pays musulman. Son retour au Pakistan le 18 Octobre 2007 avait ete marque par un attentat faisant 150 victimes. Le danger qu’elle representait a la fois pour les Islamistes fanatiques et le pouvoir militaire en place a conduit a son assassinat.

  • La revue de presse Francoise Chipaux – Le Monde du 11 janvier 2008

Premier ministre a deux reprises de 1988 a 1990 puis de 1993 a 1996, Benazir Bhutto fut demise a chaque fois par l’armee pour des accusations de corruption. Sa version est plutot qu’elle etait un rempart contre l’extremisme islamique allie traditionnel de l’armee au Pakistan. Alors que ce debat fait rage aujourd’hui, il est bon d’ecouter encore une fois le principal message de Benazir Bhutto : “Je suis convaincue que si l’Occident continue a dorloter les leaders militaires qui suppriment les libertes, une generation de terroristes viendra dans la foulee des talibans et d’Al-Qaida, exploitant le nom de l’islam a travers une violente confrontation avec l’Occident.” Le Pakistan en est quasiment la et les extremistes trop longtemps soutenus par l’armee, avec aujourd’hui des relais au sein du pouvoir, ont remporte une victoire d’importance en eliminant Benazir Bhutto. Mais ils n’ont pas elimine son heritage et la lecture de son autobiographie est un eclairage utile pour comprendre ce qui se joue aujourd’hui a l’interieur des frontieres du Pakistan, avec des repercussions bien au-dela.

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

Extrait du prologue :

Je n’ai pas choisi cette vie ; c’est elle qui m’a choisie. Je suis nee au Pakistan et ma vie est le reflet des turbulences, des tragedies et des triomphes de mon pays.
Une fois de plus, le Pakistan se retrouve sous les feux de l’actualite internationale. Des terroristes se reclamant de l’islam mettent en peril sa stabilite. Les forces democratiques sont persuadees que l’on peut eradiquer le terrorisme en defendant les principes de liberte. Une dictature militaire joue un jeu dangereux, ou la duperie le dispute aux intrigues. Craignant de perdre le pouvoir, elle esquive, laissant a l’ecart les forces favorables a la modernisation tandis que la flambee de terrorisme s’intensifie.
Le Pakistan n’est pas un pays comme les autres, et ma vie n’a pas ete une vie ordinaire : mon pere et mes deux freres ont ete assassines. Ma mere, mon mari et moi-meme avons tous ete emprisonnes. J’ai passe de longues annees en exil. Malgre tant de revers et de souffrances, je suis pourtant une femme heureuse. Heureuse, parce que j’ai reussi a ouvrir une breche dans le bastion de la tradition en devenant la premiere femme du monde musulman nommee au poste de Premier ministre. Cet evenement a marque un tournant decisif dans le debat houleux sur le role des femmes dans une societe islamique. Il a demontre qu’une femme pouvait non seulement acceder aux plus hautes fonctions de l’Etat, mais aussi gouverner fermement un pays et etre acceptee comme dirigeante aussi bien par les hommes que par les femmes. Le peuple du Pakistan m’a fait cet immense honneur, et je lui en suis reconnaissante.
Si le debat entre partisans de la modernite et extremistes est loin d’etre clos, la condition des femmes du monde musulman a beaucoup evolue depuis ce jour du 2 decembre 1988 ou j’ai prete serment. Tres peu de gens sur cette terre ont le privilege de changer la societe, de propulser dans l’ere moderne un pays qui n’avait que des infrastructures des plus rudimentaires, de casser les stereotypes sur le role des femmes et surtout de donner un espoir de changement aux millions de gens qui, jusqu’alors, n’avaient jamais connu l’espoir. Ce n’est pas necessairement la vie que j’aurais choisie, mais les opportunites, les responsabilites et les realisations qu’il m’a ete donne d’accomplir en ont fait une vie riche. Et j’ai l’intime conviction que l’avenir me reserve encore plus de defis a relever – pour moi-meme comme pour mon pays.
Il y a vingt ans, entre l’assassinat de mon pere, mon sejour en prison et la responsabilite de reprendre le flambeau derriere lui, mon existence avait pris un tour qui ne me laissait pas beaucoup d’espoir de connaitre un jour le bonheur dans ma vie privee – de trouver l’amour, de me marier, d’avoir des enfants. Comme la reine d’Angleterre Elisabeth Ire, qui avait aussi tate de la prison et etait restee celibataire, j’etais convaincue que je ne me marierais jamais. Contrairement a mes attentes et malgre les circonstances difficiles, le bonheur frappa a ma porte : j’ai trouve la joie et une vie conjugale heureuse, aupres d’un epoux dont le courage et la loyaute m’emplissent d’orgueil et qui, tout au long de nos dix-neuf annees de mariage, m’a apporte un soutien sans faille. Il a passe toutes ces annees entre la Residence du Premier ministre et les geoles du regime, comme prisonnier politique pris en otage de ma carriere. Et je me suis rendu compte que, malgre la separation physique et les multiples tentatives de nous dresser l’un contre l’autre, notre relation n’a fait que se renforcer.
Non, ma vie n’a pas pris le cours que j’aurais predit, mais je n’echangerais ma place contre celle d’aucune autre femme au monde.
Je suis une femme fiere de mon heritage culturel et religieux. J’estime qu’il est de mon devoir de faire valoir l’islam veritable – une religion tolerante et pluraliste – contre la caricature qu’en ont fait les terroristes et qu’ils ont detournee. Je sais que j’incarne ce que les soi-disant djihadistes du mouvement taliban et d’Al-Qaida redoutent le plus. Je suis une femme politique qui se bat pour apporter au Pakistan le modernisme, les communications, l’education et la technologie. Je suis persuadee qu’un Pakistan democratique peut devenir un symbole d’espoir pour plus d’un milliard de musulmans dans le monde qui doivent choisir entre les forces du passe et celles de l’avenir.