Skip to content Skip to sidebar Skip to footer

Fin de l’histoire

Auteur : Francois Begaudeau

Date de saisie : 23/08/2007

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Verticales-Phase deux, Paris, France

Prix : 12.50 / 81.99 F

ISBN : 978-2-07-078472-1

GENCOD : 9782070784721

Sorti le : 23/08/2007

Acheter Fin de l’histoire chez ces libraires independants en ligne :
L’Alinea (Martigues)Dialogues (Brest)Durance (Nantes)Maison du livre (Rodez)Mollat (Bordeaux)Ombres Blanches (Toulouse)Sauramps (Montpellier)Thuard (Le Mans)

  • Le journal sonore des livres : Lu par Francois Begaudeau – 05/09/2007

Telecharger le MP3

Francois Begaudeau – 05/09/2007

  • Les presentations des editeurs : 26/08/2007

Quelqu’un s’avance la et c’est une femme.
Mettons qu’on ne fasse que la regarder et l’entendre. Regarder comment elle parle, entendre comment elle raconte. Non pas ce que ca cache mais ce que ca montre. Quelqu’un s’avance la et tout y est. Le monde entier dans sa voix, ses mots, ses mimiques. Pendant que l’Histoire poursuit son chemin heroique et vain, un precipite de modernite se pose la et c’est une femme.

Francois Begaudeau est l’auteur aux Editions Verticales de trois romans remarques, notamment Jouer juste (2003) et Entre les murs (2006; Prix France Culture-Telerama 2006), d’une fiction biographique, Un democrate, Mick Jagger 1960-1969 (Naive, 2005), et d’un essai collectif avec Arno Bertina et Oliver Rohe, Une annee en France (Editions Gallimard, 2007).

  • Les courts extraits de livres : 09/09/2007

Elle. Est. Arrivee. En. Avance. Elle est arrivee en avance, derogeant au protocole tacite qui veut qu’en ces circonstances celui ou celle qu’on attend se fasse attendre, le faible est demandeur le fort regule l’offre – elle, pas de ce pain-la. Modeste ni immodeste : democrate. Si chacun vaut chacun elle vaut chacun elle est une star, si chacun vaut chacun elle ne vaut pas mieux que chacun elle est un caillou. Etoile et poussiere, tete haute profil bas, deteste le pinacle autant que le pilori. Jamais impressionnee, jamais impressionner. Crepitee par cinquante flashes en ce moment, ok il le faut bien, sa brulante actualite veut ca, mais un peu voutee sur son assise elle compense.
Voutee parce qu’on ne lui a pas appris a bien se tenir. Pas le genre de la maison ou elle est devenue ce qu’elle etait. Plus surement on lui recommandait de ne pas, elle aurait trop l’air d’une femme, de ce que prenant une voix de braguette mystique les hommes appellent une femme, et au debut c’est tentant, c’est flatteur, on se sent gratifiee, on endosse le costume, on passe la robe les hanches les talons les cheveux tout ce qu’on veut, tout l’attirail que du reste elle ne refute pas en bloc, pendentifs coquets scintillants sous les projecteurs aujourd’hui, lunettes de soleil relevees en serre-tete pour ne pas offrir aux cameras leur propre reflet, appretee pour plaire et pour donner un minimum de gages, dissiper la suspicion de camionneuse, l’absence d’effets se voit comme un camion au milieu de la figure et alors on ne l’ecouterait plus qui est venue parler.
Le minimum donc pour se faire entendre, un peu de rouge un peu de levres, elle est arrivee en avance comme a ses premieres boums et s’est posee la devant un parc de chaises, accoudee a la table nappee d’un tissu noir qui tient lieu de demarcation entre la supposee etoile qui pontifie et les supposees poussieres qui auditoirent. Derriere elle, un grand panneau ou se repete comme motif de tapisserie le nom du club qui accueille cette performance prononcez a l’americaine. C’est la scenographie conventionnelle, elle s’y plie sans broncher bien qu’elle l’eut volontiers foutue en l’air tout a l’heure en arrivant, volontiers fait valdinguer cette table de banquet et la grappe de micros estampilles qui lui chatouillent maintenant le menton. Nouvelles dispositions d’esprit = nouveaux dispositifs, elle parlerait debout, d’homme a homme, affrontant en pied l’assistance, a voix et mains nues, elle le peut, elle a du coffre on l’a entendu a l’aeroport trois jours avant, il lui tarde d’en refaire la demonstration prononcez a l’americaine, c’est pour ca qu’elle est en avance derogeant au protocole, se demandant qu’est-ce qu’on attend ? sous sa joviale placidite.