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Fin de pistes

Auteur : Emmanuel Pierrat

Date de saisie : 03/09/2006

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : L. Scheer, Paris, France

Prix : 17.00 / 111.51 F

ISBN : 978-2-7561-0040-1

GENCOD : 9782756100401

  • La voix des auteurs : Emmanuel Pierrat – 03/09/2006

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Emmanuel Pierrat – 25/08/2006

  • Les presentations des editeurs : 20/07/2006

Dans une Namibie agitee par un coup d’etat sanglant, quatre personnages se racontent leurs destinees singulieres incarnant une Afrique bigarree, fascinante, d’une grande richesse culturelle, l’espace syncretique de tous les possibles et de toutes les tragedies… Le roman offre egalement la traversee d’une sequence historique majeure : la decolonisation et l’avenir d’un continent aussi gigantesque que blesse.

Un 4×4 deboule a l’issue d’une piste dans un nuage de poussiere. Trois personnes a la mine defraichie en sortent. Elles ont fui un coup d’etat ayant eclate Windhoek, la capitale de la Namibie, et se dirigent vers le vieux Blanc qui a l’air d’etre le maitre de cette halte miteuse au milieu de nulle part constituant a present leur seul refuge. Mais pour combien de temps ? Quand la rebellion atteindra-t-elle les terres reculees ?

En attendant, Rene – le vieux Blanc – les accueille et, dans ce moment critique faisant se croiser quatre destinees singulieres que rien ne semblait devoir amener a se rencontrer un jour, chacun se met a raconter sa vie. Rene, ayant quitte tout jeune ses Vosges natales pour s’enroler dans la guerre d’Algerie et chercher l’aventure en Francafrique. Makeda, la juive noire, eclatante de courage, et sa longue errance tragique, la menant d’ethiopie en Israel puis en Afrique du Sud. Alberic, le fils de diplomate belge, orphelin, devenu, contre toute attente, artificier et nomade. Codjo, l’Africain, issu d’une ethnie autrefois puissante, ayant rejete le vaudou de ses origines pour embrasser la lutte marxiste et finir trafiquant d’art africain…

Dans ces instants tragiques, le discours croise de ces vies a la fois intenses et vaines eclaire leur parcours d’une lumiere nouvelle. Chacun n’a fait que s’exiler des siens, de sa culture, de ses croyances, dans une course folle en quete de passion ou de stabilite. Chacun n’a ete qu’une fuite en avant pour exorciser la peur, la misere, la mort. Chacun se retrouve finalement, dans la simple magie d’un instant de confession, un instant suspendu, comme d’eternite… jusqu’au bout de la piste.

EMMANUEL PIERRAT est avocat au barreau de Paris. Il a publie de nombreux ouvrages juridiques, ainsi que des essais sur la culture ou la censure. Il tient la chronique juridique dans l’hebdomadaire professionnel Livres Hebdo ainsi que dans Caractere et L’OEil. Emmanuel Pierrat enseigne le droit d’auteur et le droit de la communication, notamment a l’Universite de Paris-XIII et l’Ecole Nationale des Arts Decoratifs. Il est consultant pour l’Afrique sub-saharienne aupres de la Chambre de Commerce International de Geneve (et dependant de l’ONU). Ses parents vivent aujourd’hui en Afrique australe et il est collectionneur d’art africain. Il est l’auteur de quatre romans, dont Histoire d’eaux (Le Dilettante, 2002, Pocket, 2004), La Course au tigre (Le Dilettante, 2003, Pocket, 2005) et L’Industrie du sexe et du poisson pane (Le Dilettante 2004, Pocket, septembre 2006). I1 a egalement traduit de l’anglais Pensees paresseuses d’un paresseux de Jerome K. Jerome (Arlea, 1992 et 1998, en collaboration avec Claude Pinganaud) ainsi que, du bengali, Histoires de fantomes indiens de Rabindranath Tagore (Cartouche, 2006, en collaboration)

  • Les courts extraits de livres : 20/07/2006

En feuilletant nonchalamment le Namibia Weekly ce soir-la, je ne doutais pas que ma quietude allait bientot etre chahutee par ce qui avait ete si cher a ma folle et stupide jeunesse : l’exercice du pouvoir politique par la force. J’avais oublie qu’en Afrique l’asile n’est que climatique, jamais politique.

Le lendemain, au crepuscule, lorsqu’un Range Rover arriva a toute allure aux abords de mon refuge, je compris vite que les festivites nationales avaient du prendre une tournure imprevue. Ce furent les cris des boys – en realite des membres de l’infinie parentele de ma moitie – qui m’alerterent du nuage de poussiere lui-meme annonciateur d’une visite, forcement incongrue a cette heure si tardive.

Rosa ne residait que par intermittence a mes cotes. Les moeurs de sa tribu, ou plutot l’interpretation qu’elle avait choisi d’en tirer, presentaient quelques particularites qui n’etaient pas pour deplaire au feministe que j’etais, au fil des decennies, devenu. Selon elle, les Himbas avaient conserve un systeme matriarcal reposant, notamment, sur la polyandrie. Les femmes s’installaient, la nuit venue, sur le seuil de leur case pour chanter. Les males paradaient a travers le hameau, deambulant devant les belles qui n’arretaient leurs vocalises d’amour qu’en presence de la piece choisie pour les heures a suivre. Les enfants etaient confies a une voisine ou une cousine. Et, au petit matin, l’etalon regagnait ses penates.