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Flaner en France : sur les pas de vingt et un ecrivains d’aujourd’hui

Auteur : Jacques Lacarriere

Date de saisie : 05/04/2007

Genre : Guides Tourisme, Voyages

Editeur : C. Pirot, Saint-Cyr-sur-Loire, France

Collection : Monts et merveilles

Prix : 18.00 / 118.07 F

ISBN : 978-2-86808-251-0

GENCOD : 9782868082510

  • Les courtes lectures : Lu par Melanie Couillaud – 04/04/2007

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Melanie Couillaud – 01/03/2007

  • Les presentations des editeurs : 04/04/2007

Jacques Lacarriere (1925-2005), fut ecrivain et voyageur.
Il a parcouru en tous sens la France et la Grece, le plus souvent a pied.
Son reve : pouvoir decrire la nature en poete et en connaisseur, pour lui redonner sa vraie place dans un monde qui ne sait plus la voir.

Les auteurs reunis dans Flaner en France sont tous contemporains et appartiennent a toutes les regions. C’est pourquoi a travers ce recueil vous pourrez visiter la Beauce avec Marianne Auricoste, le Maconnais avec Gerard Bialestowski, la Thie-rache avec Jacques Darras, le cours du Serein en Bourgogne avec Pascal Dibie, celui de la Dordogne avec Alain Glykos, le Perigord et la Vezere avec Simonne Jacquemard, les hautes Cevennes avec Gil Jouanard, la foret de Troncais avec Jacques Lacarriere, la Creuse avec Jacques Meunier, le Beaujolais avec Martine Courtois, les chemins de Montmartre a Saint-Denis avec Bernard Noel, la Champagne avec Louis Nucera, les Causses avec Jean-Pierre Otte, l’Alsace avec Gilles Pudlowski, le pays de Proust avec Jacques Reda, la Flandre avec Jean Rolin, l’Aubrac avec Jean-Loup Trassard, la Saintonge avec Jean-Claude Valin, l’Eure-et-Loir avec Jean Guiloineau, la Bourgogne avec Maria Mailat. Vous pourrez aussi decouvrir les errances de Luis Mizon. C’est une France tout a fait insolite, surprenante meme mais aussi lyrique, attachante qui surgit de ces regards differents mais toujours passionnes.

  • Les courts extraits de livres : 04/04/2007

Aujourd’hui, je coupe directement par la plaine. La ferme deserte. Les volets clos. Un vent de mort dans la cour deshabitee. Pas un souffle de vie. Pas une promesse. Plus un dahlia. Le cheval est parti. Les vaches a l’abattoir. Le chien mort et enterre. Les fermiers soignent leurs douleurs dans une maison peinte au ciment et moi, j’avale ma nostalgie sans m’arreter. La route poudreuse tombe sur la Juine, et croise une rue goudronnee. A l’angle le moulin eteint. Le meunier qui a vieilli erre du moulin a sa maison. Il tue le temps. Son visage s’est use, ferme. Son dos moins sur. Le jardin a la derive.
Le village se penche sur la rue le long de la riviere, seule dans ses murmures. La Pierre se fait sourde. Elle s’enlise en torpeur. Les jeunes travaillent en ville. Les anciens, volets tires, se confessent, on dirait.
Mais les murs retiennent encore un passe d’ordre et de bon sens. Le gris des pierres, des creux, chante le gris. Les vignes vierges grattent les tuiles. Les cours assurent une presence, une charpente, et s’ouvrent massivement.
Il m’arrive de traverser le village a velo. J’effleure le paysage. De l’exterieur, on ne voit pas que tout se meurt, se rouille, se condamne. Je me rassure. J’enumere chaque detail, une fenetre, une porte, une encoche, une tache, une moisissure, la barriere rafistolee, la cheminee en pente. Une fissure, une grille hors d’usage, un bleu lave-frotte, les tuiles rousses, le feuillage. J’inventorie.
Nous vieillissons chacun dans nos matieres. Nous avons l’age de nos entailles, de nos rumeurs.
Je pedale vite pour ne plus eprouver l’usure, la perte, le temps echarpille, eparpille. Le village defait.
Ma force vive, mes yeux n’ont pas chasse l’enfance.
Pourquoi l’agonie des betes, des choses, des amours ?
Pourquoi l’abandon, la cesure ?