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Formation

Couverture du livre Formation

Auteur : Pierre Guyotat

Date de saisie : 27/09/2007

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Gallimard, Paris, France

Prix : 17.50 €

ISBN : 978-2-07-078444-8

GENCOD : 9782070784448

Sorti le : 27/09/2007

  • Le choix des libraires : Choix de Colette Kerber de la librairie LES CAHIERS DE COLETTE a PARIS, France (visiter son site) – 25/10/2007

… Aujourd’hui, je vais vous parler d’un grand coup de coeur, de Pierre Guyotat, Formation, chez Gallimard. Ce qui est passionnant, d’abord, pour moi, Guyotat est un des auteurs majeurs francais. C’est un nobelisable. Et ce livre, on devrait remonter en fait dans l’oeuvre de Guyotat en commencant par les derniers, peut-etre par celui-la qui explique l’ecriture un peu difficile qu’il avait dans ses premiers livres. La, l’ecriture est absolument limpide… Ce sont ses souvenirs d’enfance, mais inscrits dans la grande histoire. C’est ecrit au present dans ses souvenirs de bebe et de tout petit enfant, dans une famille de grands resistants ou ils etaient tous resistants. Ce sont donc des souvenirs d’enfant qui sont inscrits dans la grande histoire. A part ca, Pierre Guyotat a une passion pour la nature. Ses descriptions d’insectes, de plans d’eau… C’est d’une beaute absolument renversante. Et plus tard, quand il va a l’ecole, il nous parle de ses begaiements, et grace a ce passage, j’ai compris aussi le pourquoi de son ecriture des premiers textes. C’est un livre absolument eblouissant, et moi qui utilise rarement ce terme pour des ouvrages parus aujourd’hui, je dis que c’est un chef d’oeuvre et que Guyotat est vraiment un vrai nobelisable…

  • La Radio des libraires : Colette Kerber de la librairie LES CAHIERS DE COLETTE a PARIS, France (visiter son site) – 19/10/2007

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Colette Kerber – 19/10/07

  • Les presentations des editeurs : 29/09/2007

Ce recit raconte la formation sensorielle, affective, intellectuelle et metaphysique d’un enfant ne au tout debut de la Deuxieme Guerre mondiale, en France, dans un village du Sud-Est, dans une famille ancienne, catholique et sans fortune. Je l’ai ecrit comme la plupart de mes textes a l’indicatif present : a tres peu pres. Les sentiments, les interrogations. les pensees sont d’un enfant qui ne cesse de questionner ses aines puis d’un adolescent qui, a quatorze ans, decide d’ecrire, les idees, les convictions, les tourments qui s’y manifestent sont ceux de son entourage de son temps dans ses lieux.

P.G.

  • La revue de presse Solenn De Royer – La Croix du 22 novembre 2007

Le recit sobre et lumineux des premieres annees de l’ecrivain de toutes les transgressions Le recit sobre et lumineux des premieres annees de l’ecrivain de toutes les transgressions…
On a dit de lui qu’il etait un provocateur, inclassable et deroutant, l’ecrivain de l’avant-garde, de l’experience et des limites, l’homme de la langue singuliere, intraduisible. Les 800 pages de Progenitures (2000), muries neuf annees durant, furent jugees si hermetiques que le texte fut vendu accompagne d’un disque, ou l’auteur lui-meme lit les premieres pages du livre, initie. Rien de tel dans Formation, ou Pierre Guyotat, 67 ans, evoque l’enfant qu’il fut. Un recit de facture classique, sobre et epure, dans la lignee de Coma, publie l’annee derniere (et reedite en poche), ou l’ecrivain racontait des annees de maladie et d’errance, au bord du vide…
Au-dela, se dessine la radicalite, fil conducteur de l’oeuvre a venir : L’an prochain, Guerre
d’Algerie, ecrit-il a la fin de Formation. Si j’y survis, de vie et d’honneur, plutot que d’ecrire un peu de ce que je sais de la vie ordinaire, ecrire au bord de quoi je suis, qui m’attire et me fait peur et meme m’evanouir. Ecrit au present de l’indicatif, d’une plume precise et belle, Pierre Guyotat livre ici un recit d’apprentissage a la fois lucide et pudique, intelligent et sensible, profondement litteraire.

  • La revue de presse Didier Jacob – Le Nouvel Observateur du 1er novembre 2007

Dans Formation, l’ecrivain raconte ses annees de jeunesse, pendant la guerre, dans un petit village de la Loire. C’est l’un de ses plus beaux livres…
Ce nouveau livre, qui demarre en 1940 dans un gros village enneige, Bourg-Argental, a une heure trente du matin, quand la mere pousse une derniere fois et donne a la France l’un de ses plus enigmatiques ecrivains, montre que cette ultrasensibilite, violence dissimulant plutot une extreme douceur, etait, en lui, tapie depuis plus longtemps encore : a l’age des couches et du biberon.

  • La revue de presse Francois Dufay – Le Point du 1er novembre 2007

Avec Formation, le Grand Subversif des lettres francaises prend a contre-pied ses devots en signant un recit d’apprentissage desesperement classique, baigne d’une clarte radieuse. Le temps d’un retour au pays, l’auteur d’Eden, Eden, Eden delaisse les bordels de garcons et les sales guerres emaillees de supplices pour raconter, sur fond de moyenne montagne, la bourgeoisie ancienne dont il est issu. Une France tout sauf moisie qui, en l’an 40, suivit sans hesiter le chemin de l’honneur…
Reste une evidence : qu’elle exalte le corps prostitue ou les sourdes germinations d’une jeunesse au fond du departement de la Loire, la langue de l’ecrivain reste la meme, aussi somptueuse et pure que celle de ses grands ancetres, Jouhandeau et Genet.

  • La revue de presse Patrick Kechichian – Le Monde du 26 octobre 2007

Qu’on ne s’y trompe pas, le propos de Guyotat n’est pas du tout de brosser un tableau champetre, fleuri et doucement nostalgique de la France d’il y a cinquante ou soixante ans. Au milieu de ce paysage reel, a present evanoui, de cette histoire sociale, economique, culturelle qui avance et lamine l’espace, bouleverse les mentalites, il y a un enfant qui grandit, parle ou se tait, qui apprend ses futures revoltes, son refus, qui construit son etre sans le savoir – de bric et de broc, comme toujours. Un etre fait de mythologies et de religion, de bribes de politique, de litterature, d’une histoire familiale, d’une sexualite qui s’eveille, se decouvre… De l’enfant qui tente d’habiter son corps, qui remplit sa tete “de mots, d’imaginations” qu’il fait “venir par la parole”, a l’ecrivain futur, un lien de mysterieuse continuite existe. Loin de toute idee de predestination. Dans un geste absolument pur de toute vanite.

  • La revue de presse Eric Loret – Liberation du 27 septembre 2007

Comment surprendre encore quand on a touche aux limites de l’experimentation litteraire ? En revenant a un classicisme epure, en empennant ses phrases sur une mer de marbre, ou en nacrant ses memoires d’acajou patine. Formation ne ment pas. C’est un recit d’enfance et de presque adolescence, mais qui raconte moins la naissance d’une ame que d’un ecrivain, revelation que l’on attend impatiemment dans le cadre de l’autobiographie commune : ainsi de Sartre conjurant les Mots ou de Rousseau trouvant l’inegalite dans un ruban vole…
Au-dela de ces considerations physiques, la legende de Guyotat sait aussi etre doree, abordant le corps sous son aspect glorieux. L’auteur a pris soin de penser en fonction de l’age qu’il raconte, assumant en souriant l’orgueil et la folie des enfants.

  • La revue de presse Nathalie Crom – Telerama du 26 septembre 2007

Anachronique, Formation ne l’est evidemment pas. Classique n’est pas non plus le juste qualificatif pour caracteriser ce recit d’apprentissage de facture sobre, elliptique, fragmentaire, dans lequel l’ecrivain, aujourd’hui age de 67 ans, s’attache a dire l’enfant qu’il fut…
Mais ce n’est bien sur pas l’enfant qui, en ces pages, a la parole. C’est bel et bien l’adulte, l’ecrivain, qui puise librement dans sa memoire, choisit ce qu’il y preleve pour l’exposer et ce qui doit y demeurer cache – ou etre devoile a mi-mot. C’est lui qui recompose, admirablement, et peut-etre reinvente. C’est lui qui tisse et tend le fil conducteur de cet itineraire affectif, sensuel et intensement spirituel, qui est aussi un desenclavement – l’affirmation d’un individu s’extrayant de sa genealogie, de son histoire familiale. Rien de spontane, aucun laisser-aller, dans ce bildungsroman qui est tout sauf une confession. Ecrire, c’est maitriser la situation, dit volontiers Guyotat, et ce controle resolu constitue l’un des fondements de son oeuvre.

  • Les courts extraits de livres : 08/01/2008

Notre mere, nee, en 1907, de parents francais, a Czeladz, dans la region de Cracovie, Pologne, traverse quelquefois, enfant, adolescente, en caleche puis en voiture, avec ses freres et soeurs, le village d’Oswiecim.

1940 : sur tout le territoire de la Pologne, une fois l’armee vaincue et les villes occupees, la terreur d’Hitler fonctionne a plein regime, detruit la structure politique, administrative, intellectuelle, spirituelle de la Pologne.

Ne dans le gros village enneige de Bourg-Argental, departement de la Loire, le 9 janvier 1940, a 1 h 30 du matin, je pense longtemps que c’est le 7, et notre mere me souhaite mon anniversaire le 11.

Narvik : l’alliance franco-anglaise tente de couper aux Allemands la route du fer passant par la Norvege : un cousin de notre pere est tue dans les combats.

France, debut Juin 1940 : deja quatre-vingt-dix-mille tues, des villes bombardees, au Nord, a l’Est, a l’Ouest ; l’exode.
Depuis Londres deja, un general, Charles de Gaulle, sous-secretaire d’Etat a la Guerre dans le gouvernement de Paul Reynaud, en mission aupres du gouvernement britannique, transmet avec force, par telephone, a son president du Conseil, la proposition de Churchill d’une fusion des deux nations, France et Grande-Bretagne, en une seule, pour le combat.
Officier d’active dans l’Infanterie, Pierre Viannay, vingt-neuf ans, un des freres de notre mere, fait prisonnier dans la foret d’Halatte, au nord de Paris, s’en echappe le 14 juin, passe en Afrique du Nord – il y rejoint en Juillet les premieres Forces Francaises Libres. Dauphine, environs de Grenoble : debut juin, Philippe, vingt-trois ans, un autre frere de ma mere, sorti en 1938 du grand seminaire d’Issy-les-Moulineaux, passe par Saint-Cyr promotion Vingt ans apres, se bat contre les Allemands, sous le commandement du capitaine Gallien et aux cotes du sergent-chef Abd el-Kader. Il est fait lieutenant sur le champ de bataille de Voreppe, et quelques heures avant le cessez-le-feu y arrete l’avancee allemande.

Hiver 1940-1941 : Bourg-Argental, dans le sud du departement de la Loire, petite region limitrophe de l’Ardeche, du Rhone et de la Haute-Loire.
Je vais sur ma premiere annee. Je suis assis sur le tapis du coin Directoire de notre salon, en avant d’une fenetre dont le tres brillant soleil d’hiver me brouille les contours. Cette fenetre a la forme du soleil. Un grand corps se penche dans cette lumiere, une ombre, belle, s’accroupit en face de moi, me souleve de toute sa hauteur, m’embrasse et me parle dans l’oreille. C’est Hubert, juste vingt ans, le plus jeune des quatre freres de ma mere. C’est l’Histoire – une divinite, deja – qui me prend dans ses bras, qui me parle. Cette chair vivante, ou bat le sang de ma mere, contre la mienne qui, avec le lait, avale de la conscience a la conscience, se prepare a entrer dans le feu de l’enfer ; ses yeux que les miens regardent dans le rayonnement du soleil vont voir le monstre et ses chiens, ses gourdins et ses lacets d’etranglement, ses gaz et ses pinces a dentitions.
Son souffle a mon oreille, deux hivers encore et il s’epuise et se rarefie sous les charges suppliciantes. Que lui repond ma bouche dans cette meme oreille ou, quelques mois plus tard, les ordres sont toujours meles de chien ?