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Fugitives

Auteur : Alice Munro

Traducteur : Jean-Pierre Carasso | Jacqueline Huet

Date de saisie : 07/11/2008

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : Ed. de l’Olivier, Paris, France

Collection : Litterature etrangere

Prix : 22.00 / 144.31 F

ISBN : 978-2-87929-564-0

GENCOD : 9782879295640

Sorti le : 21/08/2008

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  • Le choix des libraires : Choix de Anouk de la librairie LA MUSE AGITEE a VALLAURIS, France (visiter son site) – 07/11/2008

Recueil de 8 nouvelles, ce livre est un bijou.
Les histoires vecues par les heroines d’Alice Munro sont si proches de nous, qu’il nous semble qu’elle ait ecrit sur des voisines, des amies, des cousines et que nous sommes en train de recevoir de leurs nouvelles.
Les personnages centraux sont tous feminins, jeunes ou moins, mais toutes a un moment charniere de leur existence. Un moment ou elles vont fuir et chercher autre chose, un autre sens. Une douce cassure, un elan, parfois meme une belle escapade.
La lecture de leurs parcours nous donne a comprendre, a reflechir comme un miroir a nos propres existences, a sillonner les meandres des choix et des multiples chemins qui font une vie.
Pour les suivre, il faut lire leurs traces dans la neige, lever le nez aux etoiles, et faire connaissance avec tous les autres personnages qui font l’histoire de leurs destinees.
L’ecriture est dentelee, sertie de quelques perles, tant certaines phrases cles nous paraissent d’une justesse etonnement limpide.
Le decor est un Canada vaste comme un monde a parcourir.
Des ponts sont jetes parfois entre les nouvelles, et l’on peut retrouver de mere en fille des echappees belles qui s’enchainent et se repondent.
A lire absolument ou a offrir en cadeau.

  • Le choix des libraires : Choix de Hubert Trouiller de la librairie LE MARQUE PAGE a SAINT- MARCELLIN, France (visiter son site) – 30/09/2008

La canadienne Alice Munro est un ecrivain majeur qui ne fait pas de litterature. Elle n’invente pas des mondes oniriques improbables mais traque la realite dans sa dimension la plus simple et la plus triviale (les faux semblants, les tromperies, les non dits et les mensonges qui peuples nos vies), et c’est du grand art !
Un style abouti et fluide, des intrigues serrees, un suspense qui vous saisit : si la perfection en ecriture peut avoir une signification, Alice Munro s’en approche de tres pres.

Des tranches de vies suspendues au-dessus du vide, des situations non reglees qui s’eternisent et que l’on traine avec soi comme le plus lourd des sacs a dos.
Tout au long de ces 8 nouvelles, nous accompagnons ces femmes qui fuient (leur jeunesse, leur mari, leurs amis,…), ballottees par la vie, souvent a la derive et pourtant nous en retirons le sentiment non de vies perdues mais de vies pleines de sens.

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

C’etait la deuxieme fois qu’elle laissait tout derriere elle. La premiere fois, c’etait exactement comme dans la chanson des Beatles – elle avait pose un mot sur la table et s’etait faufilee hors de la maison a cinq heures du matin pour retrouver Clark sur le parking de l’eglise, au bout de la rue. Elle fredonnait d’ailleurs cette chanson dans la camionnette qui accelerait en vrombissant. She’s leaving home, bye-bye.

Elles partent. Fuguent. S’enfuient. S’en vont voir ailleurs. Elles : des femmes comme les autres. Par usure ou par hasard, un beau matin, elles quittent le domicile familial (ou conjugal), sans se retourner.

En huit nouvelles, Alice Munro met en scene ces vies bouleversees. Avec legerete, avec ferocite, elle traque les marques laissees sur les visages par le temps, les occasions perdues, les petits arrangements que l’on croyait provisoires.

Alice Munro est nee en 1931 au Canada. Laureate de nombreux prix litteraires, unanimement admiree (notamment par Joyce Carol Oates, Jonathan Franzen, Cynthia Ozick), elle est consideree comme l’un des plus grands ecrivains anglo-saxons de notre epoque.

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jacqueline Huet et Jean-Pierre Carasso.

  • La revue de presse Bruno Corty – Le Figaro du 10 octobre 2008

Discrete. C’est le premier mot qui vient a l’esprit lorsque le nom d’Alice Munro est cite. Cette discretion ajoutee a une phobie de l’avion et des deplacements font qu’on oublie un peu que cette dame de 77 ans, nee dans l’Ontario, Canada, est l’une des plus belles voix de la litterature anglo-saxonne…
En quelques pages, la violence eclate avec la soudainete d’un orage. Et tout est dit. Les raisons d’un chagrin, les causes d’un mal-etre, les coups du sort. Pour les heroines, une meme quete : comprendre le passe, l’ouvrir afin de voir une fois pour toutes ce qu’il a dans le ventre. Et surtout, rester libre. Echapper aux proches et aux reproches, a la famille, a ses pesanteurs. On ne ressort pas indemne de cette lecture-la.

  • La revue de presse Martine Laval – Telerama du 24 septembre 2008

Affranchie des modes litteraires qui veulent qu’un ecrivain fasse du long, du roman, sinon pas de sacre. Elle, malicieuse, defie l’art de la narration, emprunte des circonvolutions en guise de construction, mele passe et present, heros et seconds roles, et chute la ou elle le desire, sur un silence, un vacillement, une autre histoire…
L’alienation, au Canada comme ailleurs, mene les femmes par le bout du coeur. Mais Alice Munro est leur amie. Elle les accompagne, et le temps d’une histoire aux multiples ravages, elle leur invente des frivolites, un brin d’humour. Ses filles, dames teintees de gris ou petites endimanchees de blanc, font trois petits tours et puis s’en vont. Pas bien loin, et rentrent chez elles, la ou leurs secrets sont sagement emmitoufles. Elles laissent dans leur sillage un air d’aventures a pas feutres, de douces amertumes. Loin de fuir, on se met a les suivre…

  • La revue de presse Florence Noiville – Le Monde du 19 septembre 2008

Vous n’en pouvez plus de ces horizons etriques ? Vous revez de prendre la cle des champs ou la poudre d’escampette ? Lisez Munro… Vous voulez changer de vie, dechirer le rideau qui bouche le paysage, vous fausser compagnie ? Encore une fois, lisez Munro…
Bien sur, partir et trouver l’epanouissement, ce serait trop simple. Et rien n’est simple dans la prose de Munro, qui excelle a montrer les choses cachees derriere les choses. Resultat : un suspense psychologique savamment entretenu. Impossible pour le lecteur de deviner la fin de l’histoire sans avoir suivi, dans tous leurs meandres, le cheminement de ces huit femmes. Et c’est toujours dans les dernieres pages que l’on decouvre l’intention premiere, le coup de theatre ou l’eclairage definitif. Bref, la nouvelle au meilleur sens du terme. Epuree, concise, surprenante…
Tout ca avec des personnages comme vous et moi, mais dont les failles et les blessures parlent instantanement. A vous, a moi. Oui, decidement, il faut lire Alice Munro.

  • La revue de presse Claire Devarrieux – Liberation du 4 septembre 2008

Le nouveau recueil de la merveilleuse Alice Munro s’appelle Fugitives, parce que les heroines de ces nouvelles ne vont pas se laisser devorer par leur famille, elles se battent, elles partent. Et si elles doivent revenir a leur point de depart, reprendre le joug de leur condition, de toute facon rien ne sera jamais comme avant…
Attention, les nouvelles d’Alice Munro sont gorgees de desir, mais elles ne se promenent pas toutes nues. Elles sont d’autant plus bouleversantes qu’une tranquille main de fer les tient en deca du devergondage. A partir de quoi aucune nuance du coeur n’echappe a l’auteur. Une de ses consoeurs, Cynthia Ozick, l’a bien dit : Elle est notre Tchekhov et survivra a la plupart de ses contemporains.

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

Fugitives

Carla entendit venir la voiture sur la route avant qu’elle ait debouche au sommet du vague renflement que les gens du coin appelaient une colline. C’est elle, songea Carla. Mme Jamieson, Sylvia, de retour de ses vacances en Grece. Depuis la porte de l’ecurie – mais suffisamment en retrait a l’interieur pour ne pas etre vue facilement – elle se mit a guetter l’endroit par lequel Mme Jamieson devait forcement passer puisqu’elle habitait un peu plus loin sur la route, a huit cents metres de chez Clark et Carla.
Si c’avait ete quelqu’un qui s’appretait a tourner pour entrer chez eux, la voiture aurait deja ete en train de ralentir. N’empeche, Carla continuait d’esperer. Pourvu que ce ne soit pas elle.
C’etait elle. Mme Jamieson tourna brievement la tete, une seule fois – elle avait toutes les peines du monde a manoeuvrer entre les ornieres et les flaques que la pluie avait laissees dans le gravier -, mais elle ne leva pas la main du volant pour faire signe, elle n’avait pas repere Carla. Cette derniere entrapercut un bras bronze, nu jusqu’a l’epaule, une chevelure decoloree, plus pale encore qu’avant son depart, plus blanche que blonde maintenant, et une expression qui etait a la fois determinee, exasperee et amusee de sa propre exasperation – exactement celle que l’on attendait de Mme Jamieson aux prises avec une telle route. Quand elle avait tourne la tete, il etait passe comme un eclair sur son visage – une interrogation, un espoir – et Carla avait recule en se faisant toute petite.
Bon.
Peut-etre que Clark ne savait pas encore. S’il etait devant l’ordinateur, il tournait le dos a la fenetre et a la route.