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Fume et tue

Auteur : Antoine Laurain

Date de saisie : 03/01/2008

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : le Passage, Paris, France

Collection : Litterature

Prix : 17.00 €

ISBN : 978-2-84742-111-8

GENCOD : 9782847421118

Sorti le : 03/01/2008

  • Le choix des libraires : Choix de Alexandra et Patrick Losso de la librairie MAS DE TESSE a MONTPELLIER, France – 09/02/2008

Tout fumeur qui “se respecte” a senti son sang devenir chaud a l’annonce de la loi sur l’interdiction totale de fumer dans les lieux publics. Mais lesquels d’entres eux ont commis un crime suite a cela ? Et bien c’est le cas de Fabrice Valantine, chasseur de tetes, qui n’aurait pas demande plus que d’absorber tranquillement sa dose de nicotine journaliere au bureau ou a la maison. Pousse par sa femme il decide d’aller voir un hypnotiseur. Tres sceptique au debut (qui ne le serrait pas ?) il se rend compte ensuite que ca marche ! L’envie de fumer a disparue ! Mais apres la decouverte d’une terrible nouvelle, il decide de se tourner a nouveau vers son amie : la cigarette, mais la…plus rien ! Plus aucun plaisir a fumer ! Puis, par hasard il decouvre que le seul moyen pour faire revenir son plaisir, et sentir ses poumons se remplir de nicotine, c’est uniquement : tuer…
Un livre avec une nonchalance et des faits hallucinants, qui nous conduit sur les traces de Valantine jusqu’a la fin de son recit. “Fume et tue”…la morale serait-elle de laisser les fumeurs fumer ?…

  • Les presentations des editeurs : 09/02/2008

Au pantheon des fumeurs cultes, vous avez connu Serge Gainsbourg, Winston Churchill, Humphrey Bogart, Georges Simenon…
Jamais vous n’oublierez Fabrice Valantine. Chasseur de tetes, accro a ses deux paquets de blondes quotidiens, Fabrice Valantine se rend un beau jour chez un hypnotiseur dont on lui a vante les resultats miraculeux : a la surprise de tous, il a decide d’arreter de fumer ! La seance parait tout d’abord reussir. Pourtant, quelques semaines plus tard, il craque, en allume une, et constate, stupefait, que si l’envie de fumer demeure, le plaisir, lui, a totalement disparu.
Fabrice va bientot decouvrir que ses voluptueuses sensations ne lui reviennent… qu’apres avoir commis un meurtre. Drole, inquietant, provocateur, Fume et tue raconte la vie tabagique et l’oeuvre criminelle d’un homme qui aurait bien voulu qu’on le laisse fumer ses cigarettes tranquillement.

Antoine Laurain est ne a Paris au debut des annees 70. Apres Ailleurs si j’y suis (prix Drouot 2007), Fume et tue est son deuxieme roman.

  • Les courts extraits de livres : 20/02/2008

Si je devais me pencher sur ma vie, au risque d’en eprouver un certain vertige, je dirais qu’avant les evenements qui la bouleverserent j’etais un homme sans histoires, presque banal. J’avais une femme, une fille, un metier dans lequel j’etais connu et reconnu et un casier judiciaire aussi vierge qu’une feuille Canson achetee chez un marchand de couleur. Quelque temps plus tard, on tenta de m’evincer de mon poste, ma femme me quitta, et j’avais quatre meurtres a mon actif. Ce parcours atypique, s’il me fallait le resumer en une formule accessible au plus grand nombre, je dirais que tout cela est une histoire de cigarettes.
C’est en 2007 que la loi scelerate prit effet. Celle qui chassa les fumeurs en bas des bureaux, dans les cours qui ne resteraient pas longtemps, elles non plus, un espace autorise. Les hommes de menage, ou techniciens de surface, firent vite savoir que le soudain supplement de travail, dont les megots etaient responsables, devenait ingerable sans une consequente reevaluation du fruit de leur labeur. Les entreprises ignorerent ces requetes pecuniaires et precipiterent les fumeurs sur le trottoir.
Les lois scelerates mettent tout le monde sur le trottoir. J’avais suggere a mon avocat cette phrase choc, subtile reference a la loi Marthe Richard d’avril 1946 qui ordonna, sans craindre le paradoxe de la formule, la fermeture des maisons closes. Les bordels de luxe ou le Champagne avait coule a flots durant des decennies mirent alors la clef sous la porte. Tauliers et maquerelles connurent les affres de la depression nerveuse, qui n’atteignait jusque-la que les grandes bourgeoises oisives et leurs maris surmenes. Les filles, elles, se retrouverent sur le trottoir. A leur compte, avant de tomber sous la coupe de maquereaux intraitables et parfois violents.
Les doux vices – porte-jarretelles, champagne, volutes, cigares, blondes en guepiere ou en paquet de vingt – finissent sur le bitume, a cote des poubelles, avec l’Etat dans le role du grand eboueur. Les cauchemars des auteurs de science-fiction sont les reves de nos dirigeants : un monde dans lequel personne ne fume, personne ne boit, dans lequel tous les hommes sont des cadres dynamiques aux dents blanches et longues, dans lequel toutes les femmes sont souriantes, ont un metier epanouissant et 2,5 enfants chacune. Les lois morales pour le bien de tous construisent brique apres brique un monde triste, uniforme, javellise.
Mon avocat n’avait pas ete convaincu par ma demonstration, encore moins par l’idee de la reprendre a son compte. Bien sur, il avait l’intention d’evoquer la dependance a la nicotine mais sans trop pousser de ce cote-la, selon son expression. Je ne me tenais pas en face de lui simplement pour avoir fume dans un lieu public, c’etait un peu plus grave que cela, monsieur Valantine.
Il existe differentes facons d’entamer une carriere criminelle. La premiere est d’etre mu par une sorte de vocation. Les serial killers sont de bons exemples de cette precoce decouverte : des leur plus jeune age, ils se sentent differents et eprouvent une tres sure animosite envers le monde qui les entoure, ainsi qu’une volonte plus que discutable de le faconner a leur convenance. Psychopathes, schizophrenes, paranoiaques, les qualificatifs medicaux ne manquent pas pour nommer ces personnes qui suppriment leur prochain avec force mise en scene et sauvagerie. Toutefois, comme ils reproduisent de crime en crime le meme schema, ils deviennent vite identifiables et finissent le plus souvent derriere les barreaux. Ils y font le bonheur des psychiatres et, depuis quelque temps, la fortune des romanciers.
Il faut avant toute chose distinguer le meurtrier, qui est un assassin occasionnel, de l’assassin qui, lui, est un meurtrier qui s’est professionnalise. Le meurtrier, c’est par exemple le malheureux mari trompe qui sous le coup de la revelation de son infortune se saisit du fusil de chasse ou du couteau a decouper les homards : s’il stoppe sa carriere aussitot, il conserve son titre de meurtrier. L’assassin, lui, la poursuit de crime en crime. Dans ce domaine, le nombre de forfaits et le casier judiciaire jouent beaucoup pour le qualificatif. Un meurtrier peut etre un gangster qui, se sentant cerne par les forces de l’ordre, fait usage de son arme et ote la vie a deux ou trois policiers.