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Garden-parties

Auteur : Alain Voline

Date de saisie : 07/09/2007

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Lattes, Paris, France

Prix : 14.00 / 91.83 F

ISBN : 978-2-7096-2943-0

GENCOD : 9782709629430

Sorti le : 22/08/2007

  • La voix des auteurs : Alain Voline – 17/09/2008

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Alain Voline – 06/09/2007

  • Les courtes lectures : Lu par Alain Voline – 17/09/2008

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Alain Voline – 06/09/2007

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

Juillet 1976. Le village de Barbizon, en bordure de la foret de Fontainebleau, affronte la secheresse que personne n’a senti venir. Les feux d’artifice et l’arrosage sont interdits, une mort lente guette les jardins.
Au parc des Grisards, chez le docteur Brucke qui veut feter avec faste ses quarante ans, Dem, le nouveau jardinier, succede a beaucoup d’autres. Il ne sait pas encore qu’a l’abri des haies du parc, la montee inexorable de la temperature va echauffer les esprits, modifier les perceptions du monde et du temps, pousser chaque etre a rencontrer son destin.
Dem, lui-meme, qui connait les humains et sait lire les signes subtils que la nature nous envoie, se retrouve bouleverse par Nelly, l’insatisfaite femme du docteur. La sagesse propose, l’amour dispose.

Alain Voline vit pres de Paris, il a exerce les metiers de graphiste et de paysagiste. D’origine russe, il est le petit-fils du revolutionnaire Voline. Garden-parties est son premier roman.

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

Dimanche 11 juillet 1976

Le parc des Grisards occupait 2 hectares en lisiere de foret, au sud de Barbizon. Du portail a la maison bourgeoise tapissee de lierre et de vigne vierge, je comptai 230 pas et 28 paires de marronniers d’alignement. Tout en grimpant les marches du perron de pierre, je convertis malgre les aboiements des chiens : 140 metres d’allee principale gravillonnee plus 56 arbres tailles me vaudraient plusieurs milliers de coups de rateau le matin et plusieurs millions a l’automne.
Soucieux de ne pas relancer l’excitation des chiens en sonnant, j’attendis devant la porte vitree que chacun eut termine de m’annoncer. Le plus gros, un male bull-terrier blanc et rose, griffait le panneau de verre en exhibant la denture de sa gueule demesuree. L’autre, une femelle fox-terrier, bondissait sur le carrelage du hall.
Du point de vue du jardinier, rien n’est pire qu’un couple de ces animaux. Ils defoncent les plates-bandes, aboient et poursuivent le premier qui bouge, bornent leur territoire de giclees puantes et de crottes a vomir. Par deux, ils possedent une raison supplementaire de galoper avec bruit grace a la possibilite de s’asticoter. Enfin, leur qualificatif a valeur d’euphemisme.
Mon enthousiasme douche, je reconsiderai le cas de la haie vive doublant la barriere cote rue. Poussee en hauteur, degarnie du pied, elle avait besoin d’une coupe qui la rendrait encore plus affreuse. Ce pietre resultat immediat me vaudrait l’incomprehension reprobatrice du docteur Brucke. Quant aux grisards, enormes peupliers hybrides qui avaient donne leur nom au parc, ils dominaient par la taille mais aussi par la multiplication de drageons le long des racines superficielles. Mon employeur n’apprecierait pas d’avoir a choisir entre l’avenir des pelouses et l’abattage de ces arbres.
Il etait temps de rebrousser chemin. Je savais maintenant pourquoi on m’avait tendu les bras au telephone. Malmene par de pretendus jardiniers, le parc faisait peur aux vrais.
Madame Brucke me coupait la retraite au bas du perron.
– Les chiens ne m’obeissent pas vraiment. Voulez-vous visiter le parc ?
Je posai ma valise en tole ondulee d’aluminium, descendis ensuite les marches du grand escalier des Grisards sous le regard mutin d’un mannequin menu, cependant pourvu de rondeurs appetissantes pailletees de roux.
Tout etait roux chez madame Brucke, sauf sa robe de coton blanc. Cheveux roux en casque, taches de rousseur, regard clair, lumineux et… roux.
– Bonjour, madame, dis-je, hypnotise.
Arretes sur l’avant-derniere marche en partant du haut, mes 180 centimetres me firent tendre la main a une altitude inhabituelle, vu les circonstances et la petite taille de madame Brucke. Sandales a semelles plates et gonflant des cheveux compris, elle devait culminer a 160.
– Bonjour, monsieur Sans, repondit-elle, un brin moqueuse.