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Georges Bataille

Date de saisie : 08/11/2007

Genre : Litterature Etudes et theories

Editeur : Naive, Paris, France

Collection : Inculte Naive

Prix : 16.00 / 104.95 F

ISBN : 978-2-916940-01-4

GENCOD : 9782916940014

Sorti le : 09/11/2007

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

Georges Bataille (1897-1962) reste une figure aussi marquante que singuliere dans la litterature et la philosophie francaises. Ce volume reunit les deux numeros de la revue L’Arc qui lui sont consacres, melant analyses de ses principaux ouvrages et recherches sur les themes qui les jalonnent. Mettant constamment en jeu l’experience de la limite, abordant la part animale de l’homme, son rapport a l’abject et au sublime, Georges Bataille est a l’origine d’une oeuvre derangeante et proteiforme. Ce livre degage des pistes, propose des prolongements, des interrogations. Georges Bataille est-il toujours celui par qui le scandale arrive ? Ce livre fait partie d’une serie de reeditions de L’Arc, revue incontournable du paysage intellectuel hexagonal pendant pres de trente annees.

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

Je pense comme une fille enleve sa robe.

Il est sans doute derisoire, autour du nom de Georges Bataille chaque jour plus obsedant, plus incontournable, a la croisee des chemins ou s’interroge le discours philosophique aujourd’hui, entre la dialectique de Hegel et le tragique de Nietzsche, il est peut-etre meme inconvenant, en face du secret enveloppe par ce nom, de reunir un ensemble de lectures. Derision, inconvenance devant l’experience la plus radicale de l’impossibilite de penser – donc de parler – a laquelle les livres de Bataille (qui, en verite, ne forment qu’un seul texte fragmentaire) ne cessent de nous renvoyer. L’acharnement qu’on y lit a penser, a parler, ce qui ne peut etre ni pense, ni parle – l’au-dela de tout discours -, cet acharnement que l’on ne peut comparer, dans l’incomparable, qu’a l’experience de l’impouvoir chez Antonin Artaud, cette fidelite a l’impossible rend caduque toute positivite critique. Il n’est plus dans cette parole qui lie inlassablement affirmation et negation, de sens privilegie ; il n’est plus en face de cette ecriture derapante (Sollers), en regard de ce tourment qui se donne lui-meme pour le commentaire de son absence de sens, d’interpretation univoque.
(La meprise consisterait a lire – comme on l’a fait souvent jusqu’ici – cette impossibilite a penser et a parler comme marque de sterilite, comme probleme de la creation litteraire ; elle se trahit, au contraire, par un murmure incessant, une pensee ininterrompue, mais sans cesse sacrifiee, sans fin expirante.)
C’est donc a partir de cette inconvenance et faisant corps avec ce malaise qu’il faut lire les textes de Bataille, comme l’inscription multiple d’une pensee qui se voue a l’impense, a l’impensable. Pensee, ecriture – l’ecriture de la pensee etant aussi pensee de l’ecriture – qu’un mouvement de contestation sans repos porte a toute extremite du langage, a toute extremite de langage, au-dela du geste d’interpretation qui, a travers Marx, Freud ou Saussure, aboutit aujourd’hui a une nouvelle passion du systeme – ou de la structure.