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Giovanni Pico

Auteur : Guillaume de Sardes

Date de saisie : 30/08/2007

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Hermann, Paris, France

Collection : Litterature

Prix : 15.00 / 98.39 F

ISBN : 978-2-7056-6621-7

GENCOD : 9782705666217

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

1486 : Laurent de Medicis, dit le Magnifique, regne sans partage sur la Republique de Florence. Ses courtisans, grands seigneurs ou chefs de guerre, complotent pour obtenir ses faveurs et la charge de chancelier qui est vacante. Parmi eux, un prince de sang, homme de lettres et humaniste, dont les moeurs libertines offensent les uns, fascinent les autres : Giovanni Pico.

A travers le recit de sa vie, faite d’aventures guerrieres, d’intrigues politiques ou amoureuses et de querelles intellectuelles, c’est toute la Renaissance italienne qui revit dans son infinie richesse, comme dans sa brutale realite.

Ecrit avec une plume etonnamment legere et pure, ce roman se veut une invitation au voyage dans l’univers feroce et raffine du Quattrocento.

Guillaume de Sardes est historien d’art et editeur. Ce livre est son premier roman.

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

La mort de Giovanni Pico
(1486)
(…)

– Je suis beau, remarquablement beau. On celebre les poursuites amoureuses dont je suis l’objet. On me chante et l’on me peint. Le plus pur visage, la plus fiere silhouette, c’est moi. Mes origines sont brillantes. J’appartiens aux deux familles les plus nobles du duche de Ferrare.
– La jeunesse doree est rarement amie de l’ordre.
– J’ai pourtant recu une education d’elite parmi les meilleurs esprits. Je sais le latin, le grec et l’hebreu, la rhetorique et la philosophie. Je suis habile dans les exercices du corps. Je monte et j’allonge l’estocade avec aisance. J’ai tous les dons, tous les moyens.
– Vous etes noble, beau, audacieux. Aussi pensez-vous tout avoir. Mais vous vous trompez. Vous n’avez pas tout, vous avez trop. Vos dons vous ont rendu vaniteux, vous pensez toujours devoir passer avant les autres. C’est par votre egoisme insolent qu’arrive le scandale.
– L’insolence convient a ma situation.
– Elle est surtout dans votre caractere.
– Je ne suis pas plus modere dans mes defauts que dans mes merites, il est vrai. Mais ne point-il pas dans les uns comme dans les autres la meme nuance de gaiete et de liberte ?
– Vous etes passe depuis longtemps de l’insolence joyeuse au mepris de toute regle et aux veritables atteintes.
– Me reprocheriez-vous mes exces ? Ne les comprenez-vous pas ? Eux seuls conviennent aux ames fortes. Les grands caracteres se reposent dans l’extreme.
– Ce n’est pas une excuse pour se passer de principes.
– Ce n’est pas une excuse, mais une explication.
– Une explication ?
– Oui. Un homme avec des principes est aussi un homme sans caractere. S’il etait pourvu de celui-ci, il saurait la necessite de se passer de ceux-la.
– Moquez-vous. Raillez-moi. Mais prenez garde de perdre votre ame.
– Comment la perdrais-je ? Mes plus basses actions sont admirables par leur exces. Le mal devient bienseant en moi.
– Ne voulez-vous donc pas etre raisonnable ?
– Raisonnable ? C’est la plus grande diminution de soi-meme.
– C’est le plus sur moyen d’eviter la fosse infernale. Omnis in modo est virtus.
– Nous ne croyons pas au meme Dieu. Mais, si c’est le votre qui me juge, au moins aurai-je vecu.
– Votre sous-entendu est absurde. Je ne vis pas moins que vous.
– Une vie sans scandale ne merite pas d’etre appelee une vie.
– Je crois plutot que vous dedaignez la purete, car vous ne vous elevez qu’a des sentiments bas. Vous etes mauvais.