Skip to content Skip to sidebar Skip to footer

God’s pocket

Auteur : Pete Dexter

Traducteur : Olivier Deparis

Date de saisie : 20/06/2008

Genre : Policiers

Editeur : Ed. de l’Olivier, Paris, France

Collection : Litterature etrangere

Prix : 21.00 / 137.75 F

ISBN : 978-2-87929-556-5

GENCOD : 9782879295565

Sorti le : 20/03/2008

  • Le choix des libraires : Choix de Yann Le Bohec de la librairie ESPACE CULTUREL LECLERC a GUINGAMP, France – 16/04/2008

Leon Hubbard est un petit voyou, peu dangereux mais nerveux. Il travaille sur un chantier grace aux connexions de sa mere et surtout de son beau-pere, livreur de viande (volee) pour le compte de la mafia. Jusqu’au jour ou Leon menace le vieux black qui travaille sur le chantier avec lui de ce fichu rasoir qu’il trimbale partout. Mal lui en pris puisque ca lui coutera la vie.

A partir de ce moment le lecteur suivra les peripeties de Leon ou comment, par dela la mort, il continue a emmerder tout le monde….

Plus encore qu’un roman noir, Pete Dexter deploie tout son talent pour nous decrire scrupuleusement une tranche de vie dans un quartier de sa ville, la ville qui possede le plus fort taux de criminalite aux Etats-Unis, Philadelphie. Pour ceux qui aiment je vous conseille TRAIN du meme auteur…

  • Les presentations des editeurs : 04/04/2008

Philadelphie. Quartier de God’s Pocket. Leon Hubbard meurt sur un chantier. Un peu trop vantard, la lame de rasoir toujours a portee de main, il a provoque une fois de trop un de ses collegues. Version officielle : accident du travail. Mais sa mere et d’autres gens du coin veulent en savoir plus. L’affaire prend de l’ampleur, la mafia s’en mele et Richard Shellburn, journaliste specialise dans les faits divers, est envoye par son redacteur en chef pour mener sa propre enquete.

Avec ce premier livre tres autobiographique (et inedit en francais), Pete Dexter faisait une entree fracassante dans la grande tradition du roman noir americain. On y trouve deja toutes les qualites qui font de lui le meilleur ecrivain americain en activite (Philippe Garnier, Liberation).

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Olivier Deparis.

  • La revue de presse Christophe Mercier – Le Figaro du 19 juin 2008

On croise la mafia de Philadelphie, ses executeurs, ses chefs, ses hommes de main minables, volant un camion rempli de viande fraiche non decoupee, et dont il faut se debarrasser avant qu’elle ne pourrisse. Un decor de roman noir, donc. Mais de roman noir drolatique, lorsque Smiling Jake, l’inquietant entrepreneur de pompes funebres, se debarrasse faute d’etre paye du cadavre embaume de Leon, que son beau-pere, Mickey, costaud et ingenu, embarque dans son camion frigorifique, au milieu du produit de son casse. De ces 350 pages emane la jubilation qu’un romancier debutant et tres doue eprouve a croquer des silhouettes, a trousser des dialogues, a se laisser porter par son imagination. La suite de l’oeuvre n’a pas decu.

  • La revue de presse Martine Laval – Telerama du 18 juin 2008

God’s Pocket, aujourd’hui traduit, est en fait le premier roman de Pete Dexter, publie aux Etats-Unis en 1983. Et deja, il frappe fort et chamboule. Comme ses compatriotes Larry Brown (Dur comme l’amour, ed. Gallimard, 2002) et Chris Offutt (Kentucky Straight, ed. Folio, 2002), Pete Dexter est un expert en douleur de vivre. Il ne craint ni la violence ni l’absurdite, va au bout de ses histoires, comme en mission, construit son recit a coups de scenes inouies – un cadavre brinquebale dans un camion frigo rempli de quartiers de viande, une main suspendue a un telephone… – et se revele au final tendre et melancolique.

  • La revue de presse Christine Ferniot – Lire, mai 2008

Le premier roman de Pete Dexter enfin traduit ! Un regal…
Portraits de cingles, crises de rire, sens du decoupage cinematographique, multiplication des points de vue, Pete Dexter maitrise tout, comme un boxeur qui, d’abord, retient ses coups avant de balancer une droite implacable. God’s Pocket est un livre qui casse les regles du romanesque pour en reconstruire d’autres, incongrues, grossieres, sentimentales, tragiques, ou les scenes d’amour s’achevent a coups de griffes de chat sur les parties intimes des males en chaleur. Finalement, l’editeur francais a eu raison de nous faire patienter. Un roman pareil, ca se merite.

  • La revue de presse Patrick Raynal – Le Nouvel Observateur du 2 mai 2008

Paru en 1983 aux Etats-Unis, ce premier roman de Pete Dexter n’avait jusqu’alors pas ete traduit en francais. Un oubli aujourd’hui repare par les Editions de l’Olivier, et qui permet de constater que l’univers noir de l’auteur etait en place des ses premiers pas en litterature…
C’est ce trop tard, cet instant ou la fatalite rattrape le heros et vient lui reclamer son du, qui passionne Pete Dexter. C’est pour lui qu’il tricote les destinees et qu’il joue sans merci des contradictions de la compassion jusqu’a les faire exploser dans un final aussi terrifiant qu’inevitable. Servis par la grace d’une ecriture depouillee a en froler le denuement et par un humour qui, la plus qu’ailleurs, merite son jumelage avec le desespoir, God’s Pocket est un roman brutal, violent et pessimiste jusqu’a la subversion. Le premier d’un auteur plutot avare de son art. Raison de plus pour ne pas le manquer.

  • La revue de presse Philippe Garnier – Liberation du 3 avril 2008

La traduction du premier roman de Pete Dexter est un evenement, pas seulement parce que c’est son meilleur, mais parce qu’il contient tous les autres. On regrette surtout ne pas avoir eu la chance de l’avoir lu en 1983, d’eprouver sans attente particuliere le choc de cette langue coupante et heretique, de partir de fous rires incredules devant telle ou telle sortie, s’emerveiller de la bravoure kamikaze de l’auteur et de son don pour la vulgarite. La premiere section, une soixantaine de pages, est ce qu’on a ecrit de mieux dans son pays en cinquante ans – la perfection meme. La facon dont il definit les trois personnages de sa vie de chantier, Peets, le colosse contremaitre philosophe, old Lucy, le macon noir taciturne, et Leon Hubbard, le jeune con mechant comme la gale, qui sort son rasoir de sa poche une fois de trop et se fait estourbir d’un coup de tuyau de plomb par le vieux qu’il emmerdait. Le fait que ces trois hommes ne soient pas les personnages centraux du roman, lequel relate les effets en serie provoques par cet accident du travail, est typique de l’art diabolique de Dexter.

  • Les courts extraits de livres : 08/03/2008

VIE DE CHANTIER

Leon Hubbard mourut dix minutes apres le debut de sa pause dejeuner le premier lundi de mai, sur le chantier de construction du nouveau pavillon de traumatologie du Holy Redeemer Hospital, dans le sud de Philadelphie. D’une maniere ou d’une autre, il etait condamne a perdre sa place.
Coleman Peets, le contremaitre, etait un ancien baptiste georgien de pres de cent trente kilos, et depuis vingt ans qu’il dirigeait des equipes, il en etait venu aux mains une dizaine de fois, il avait meme tue un gars sur le chantier d’un centre commercial en Floride, mais jamais il n’avait eu a renvoyer qui que ce soit. Jusqu’ici, les indesirables etaient toujours partis d’eux-memes.
Peets avait une regle pour se faire respecter : ne jamais rien reveler de personnel qui puisse etre utilise contre lui.
Son meilleur ouvrier etait un vieux negre qui parlait tout seul, il avait pour nom Lucien Edwards junior. Tout le monde l’appelait Old Lucy, et en general il ne repondait pas. Il suivait la meme ligne de conduite que Coleman Peets. Cela faisait onze ans, par intermittence, qu’ils travaillaient tous les deux ensemble, sans rien savoir de leurs vies respectives, meme pas s’ils etaient maries ou non. Et ca leur allait tres bien comme ca.
Old Lucy arrivait toujours a l’heure le matin, rase de frais et avec sa gamelle dont il n’avait pas change depuis le jour ou Peets l’avait connu. On pouvait le laisser seul une semaine, il abattait pour une semaine de boulot. Et voila que Peets devait se coltiner ce macon que le syndicat lui avait refile, un macon qui, pour dix-sept dollars quarante de l’heure, n’etait meme pas foutu de pisser droit, et qui en plus cherchait des noises a Old Lucy.
Leon Hubbard avait reussi a destabiliser la plupart des membres de l’equipe a un moment ou a un autre, Peets y compris. Ce n’etait pas le rasoir qui impressionnait ce dernier; il s’etait deja battu avec des types armes de rasoirs, il suffisait d’accepter l’idee qu’on n’allait pas en sortir indemne. Non, ca, c’etait un detail. Quant aux liens que le beau-pere etait cense avoir avec la pegre, Peets n’y croyait pas. Encore de la frime, ca, comme le rasoir. Le mome l’avait toujours sur lui dans la poche arriere de son pantalon, et il l’en sortait vingt, trente fois par jour. Il s’en servait pour couper sa viande a midi et se tailler les ongles en bourrant le mou aux autres. Quelque chose de maniaque dans le geste. Un jour ils avaient trouve une chauve-souris dans un parpaing et, avec son rasoir, le mome lui avait tranche la tete. Puis il l’avait videe de ses entrailles en disant : J’ai vu la meme chose arriver a une bonne soeur, un jour.
Il y avait un autre ouvrier de l’age de Leon dans l’equipe. Gary Sample. Peut-etre un ou deux ans de moins que Leon. Il avait replique : J’en connais une de bonne soeur a qui j’en ferais bien autant. Soeur Mary Theresa a St. Anthony’s. Sauf qu’il l’avait dit plus laborieusement que ca, car il begayait. E… e… e… elle me tirait les oreilles t… t… tous les jours. Coleman Peets n’avait pas apprecie. Les autres avaient souri, mais ils n’en menaient pas large.
La fois suivante ou Leon Hubbard avait sorti son rasoir, Peets lui avait lance : T’as pas fini avec ce truc ? Tu te torches avec, aussi ? La encore, tout le monde avait souri, Leon Hubbard s’etait plante devant lui, le rasoir cache derriere la jambe, et ils s’etaient affrontes du regard jusqu’a ce que Peets jette l’eponge.
Ce petit morveux devait peser a peine plus de soixante kilos, et il avait pris son apres-midi pour astiquer sa lame.
Peets s’etait bien garde de parler de cet incident a sa femme, il ne lui avait pas dit non plus que le mome se vantait d’etre un affranchi.
– T’as jamais eu l’impression d’etre sur un toit ? lui demande-t-il ce matin-la. Tu regardes en bas, et l’espace d’un instant tu entends une voix dans ta tete qui te dit : Saute !
Elle est dans la salle de bains, elle se brosse les dents avant d’aller travailler. Elle ouvre la porte, l’air etonne, la brosse a dents encore dans la bouche. Il conclut alors :
– Leon Hubbard, c’est un peu cette voix.
Elle se retourne vers le lavabo et se rince la bouche.
– Tu as peur de le renvoyer, on dirait.
– Je serais pas mecontent qu’il s’en aille.
Il se detaille dans la glace de la chambre, ses muscles, son bide, ses cicatrices – sans elles, il y avait des coins ou il ne se serait meme plus souvenu d’avoir mis les pieds -, en se demandant jusqu’ou il faudra aller pour pousser Leon a partir.
Sa femme sort de la salle de bains et il la regarde s’habiller dans la glace.