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Gonzo highway : correspondance de Hunter S. Thompson

Couverture du livre Gonzo highway : correspondance de Hunter S. Thompson

Auteur : Hunter S. Thompson

Traducteur : Nicolas Richard

Date de saisie : 06/03/2008

Genre : Biographies, memoires, correspondances…

Editeur : 10-18, Paris, France

Collection : 10-18. Domaine etranger, n 4114

Prix : 9.40 €

ISBN : 978-2-264-04477-8

GENCOD : 9782264044778

Sorti le : 06/03/2008

  • Le choix des libraires : Choix de Mathieu Bleuzet de la librairie FURET DU NORD a LILLE, France (visiter son site) – 05/05/2008

Hunter Thompson n’est pas mort, et cette reedition du recueil de ses lettres, dotee d’une magnifique couverture, semble le prouver. On suit ici les aleas tragicomiques de sa vie, on accompagne au fil de la lecture ses doutes, ses coups de gueule et ses delires de toute sorte avec une jubilation permanente. Son esprit acerbe et critique est toujours bel et bien present en ces pages, et il apparait tour a tour fou et lucide, parfois tendre et prevenant, mais toujours pret a sonner la charge du grand chaos general. A ce titre, certaines lettres sont irresistiblement hilarantes et laissent eclater le genie du createur du journalisme gonzo. Thompson est un grand malade diablement talentueux, et il aurait pu a lui tout seul mener a terme une dizaine de mai 68 au moins. Il a declare la guerre aux lettres americaines et il a bien failli la gagner.

  • Les presentations des editeurs : 19/03/2008

Hunter S. Thompson, roi de la controverse et inventeur du reportage gonzo, laisse derriere lui cinquante ans de correspondance sauvage. Ecrire aux grands de ce monde -Faulkner, Nixon, Joan Baez, Carter – comme a son entourage – creanciers, redacteurs en chef, petites amies, dentistes – etait pour lui une maniere plus directe de se faire comprendre. Sa plume explosive transforme ses destinataires en ennemis potentiels et devoile un esprit vif, hallucine, un sens inne de la moquerie et un gout demesure pour l’exces. Gonzo Highway recueille quelque deux cents de ses missives. Un condense feroce d’un demi-siecle de vie americaine.

La correspondance de Thompson […] montre qu’au-dela de l’irreverence absolue, cet ancetre du “nouveau journalisme” sut dresser un tableau lucide d’une Amerique qu’il jugeait de plus en plus hypocrite et prude.
Le Monde

Traduit de l’americain par Nicolas Richard

“Domaine etranger” dirige par Jean-Claude Zylberstein

  • Les courts extraits de livres : 19/03/2008

La malediction de la plaque de bronze

Avant-propos a la correspondance de Hunter Thompson de William J. Kennedy
Une institution qui se battra toujours pour le progres et la reforme, ne tolerera ni injustice ni corruption, luttera contre les demagogues de tous bords, n’appartiendra a aucun parti, s’opposera aux classes privilegiees et aux pillards du bien public, sera solidaire des pauvres, se consacrera au bien-etre de tous, ne se contentera pas d’imprimer des nouvelles, sera farouchement independante, ne craindra jamais de s’en prendre au mal, qu ‘il s’agisse de ploutocratie predatrice ou de pauvrete predatrice.

Joseph Pulitzer, dans son editorial publie le 10 mai 1883 apres le rachat du New York World (profession de foi reproduite sur une plaque de bronze figurant sur la tour du Times, a New York).

C’etait a la fin de l’ete 1959. Hunter Thompson s’etait fait virer du Daily Record de Middletown (Etat de New York) apres avoir demoli a coups de pied le distributeur de bonbons. Motif : trop excentrique. Il cherchait du travail et avait repondu a une petite annonce parue dans l’Editor & Publisher pour un poste de redacteur sportif au tout nouveau San Juan Star. Il avait vingt-deux ans mais pretendait en avoir vingt-quatre. Le boulot l’interessait parce que c’etait a Porto Rico, loin de la grande democratie rotarienne du continent, selon ses propres mots.
Il evoquait les ennuis qu’il avait eus a Middletown et declarait donner des conferences sur ce que signifiait la Beat Generation. J’ai fait une croix sur le journalisme a l’americaine, ecrivait-il. Le declin de la presse americaine est depuis longtemps une evidence, et mon temps est trop precieux pour que je le gache a essayer de fourguer a “l’homme de la rue” sa ration quotidienne de cliches […]. Il existe une autre approche journalistique […] gravee dans le bronze, a l’angle sud-est de la tour du Times, a New York. Il ajoutait qu’il devait se remettre a son roman, dont une partie etait deja sur le bureau de Viking Press, a New York.
En tant que redacteur en chef du tout nouveau Star, je lui repondis que notre directeur de publication etait membre du Rotary, et que notre equipe etait pleine de reporters (et de redacteurs) excentriques qui, comme lui, ecrivaient de la fiction. En consequence de quoi, je lui suggerais de se remettre a son roman, voire d’en commencer un autre, dont l’intrigue serait batie autour de la fameuse plaque de bronze de la tour du Times. Il faut toujours ecrire sur ce que l’on connait intimement, precisais-je avant d’ajouter que, si jamais nous venions a acquerir un distributeur de bonbons et avions besoin de quelqu’un pour le demolir, nous reprendrions contact.
Mon courrier arriva chez lui, a Louisville, en meme temps que la lettre de refus de Viking Press. Votre lettre etait mignonne comme tout, l’ami, me repondit-il, et votre interpretation tout a fait typique de ces esprits imbeciles a qui l’on doit la pourriture seche de la presse americaine, mais ce n’est pas parce que vous ne m’invitez pas que je vais pas venir dans votre coin. Une fois que j’y serai, faites-moi penser a, premierement, vous latter les dents a coups de pied et, deuxiemement, vous carrer une plaque de bronze bien profond dans l’intestin grele. Puisqu’il etait le specialiste patente de la pourriture seche du journalisme, lui repondis-je a mon tour, nous etions prets a le remunerer au tarif habituel sur la base de trois pages a double interligne que nous publierions dans notre premiere edition, accompagnees de notre echange epistolaire. Je ne connaissais pas d’autre publication, conclus-je, qui lui offrirait une telle occasion, et je signai Intestinalement votre.
Sa reponse ne se fit pas attendre : Salut, patate ! On dirait que l’episode de la plaque de bronze vous est reste en travers de l’intestin ! […] Je n’ai aucune honte a l’avouer, ami Kennedy, votre lettre m’a plu. En voila une drole de correspondance, mon pote. Mais je n’etais qu’un pitoyable optimiste, poursuivait-il, si je croyais qu’il fut possible de traiter de la susnommee pourriture seche en trois pages. Ma proposition, selon lui, avait pour but evident de mettre en place la ceremonie de lynchage… d’un beatnik bavard. Et pourtant, il allait s’y essayer, et il tint promesse.
Cher pisse-copie, notait-il dans le courrier qui accompagnait la piece en un acte qu’il nous envoya, voici un drame brutal, apre et magistral, […] une farce, bien entendu, mais qui ose aborder un theme crucial. Il ajoutait que ma derniere lettre l’avait surpris, et peut-etre qu’a terme je vous presenterai mes excuses pour m’etre adresse a vous de la sorte. (…)