Skip to content Skip to sidebar Skip to footer

Hackman blues

Couverture du livre Hackman blues

Auteur : Ken Bruen

Traducteur : Simone Arous

Date de saisie : 03/01/2008

Genre : Policiers

Editeur : Fayard, Paris, France

Collection : Fayard noir

Prix : 19.00 / 124.63 F

ISBN : 978-2-213-62817-2

GENCOD : 9782213628172

Sorti le : 02/05/2007

  • Le choix des libraires : Choix de Christophe Dupuis de la librairie ENTRE-DEUX-NOIRS a LANGON, France – 17/09/2008

Brady est grave barre, comme il l’a ecrit sur les murs de sa chambre. Son passe est “encombre du barda de la manie depressive. Le best of…
hopitaux
folie
agressivite psychotique
achats compulsifs
et partie sur laquelle je m’attarde le moins
tentatives de suicide
et pourtant…
Quand l’exaltation frappe, bon dieu, il n’y a rien de pareil au monde”. Et l’exaltation, Brady l’a. Il vient d’etre embauche par Jack Dunphy, “un salopard de premiere. De sombres histoires couraient sur des clients traites a la batte de base-ball et au chalumeau. En tous cas, pas le genre de mec a faire chier”, qui le charge de retrouver sa fille… est-ce le meilleur plan qu’il ait eu ?
“Un boulot simple. Retrouver une fille blanche a Brixton. Du gateau. Ce que j’aurais du faire, c’est plutot doubler mes doses de pilules et allumer un cierge a saint-Jude – peut-etre meme tout un paquet.” Comme quoi Brady peut etre lucide parfois, mais sa lucidite est trop rare et ses ennuis alimenteront tout ce nouveau – et excellent – livre de Ken Bruen qui est vraiment une des grandes revelations de ces dernieres annees. Avec son style syncope, sa succession de petits chapitres, de references a la litterature et ses personnages hauts en couleur, Bruen vous entraine dans une spirale de folie qui ne vous laissera pas indifferent.

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

Hackman blues

Brady est grave barre.

Il l’a ecrit en gros sur le mur de sa chambre, et c’est de lui-meme qu’il parle. Il a fait de frequents sejours en prison ou en centre de desintoxication, pour se debarrasser de ses multiples dependances. Il passe aussi du temps a ferrailler avec des psys interesses par son cas : drogue, alcoolique, associal, agressif et homosexuel declare.

Il est rendu a la vie civile depuis peu, et sous lithium, lorsque le contacte Jack Dunphy, un promoteur immobilier, personnage a la fois ridicule et terrifiant qui fait une fixation sur l’acteur Gene Hackman, voue aux roles de durs, auxquels il se refere constamment. Brady doit retrouver sa fille et enquete avec son copain Reed, un ancien compagnon de cellule rasta. La jeune Rozaleen (Roz) a fugue a Brixton, le quartier jamaicain de Londres, ou elle est tombee sous la coupe de Leon, redoutable caid local et proxenete.

Comme tous les heros de Ken Bruen, Brady est aussi un grand lecteur, et ce roman, decoupe en chapitres brefs, secs et percutants, est un mix radical de culture litteraire, de poesie, d’ultra violence et d’esprit rock, avec une bonne dose d’humour cruel et ravageur.

Ken Bruen est ne en 1951 a Galway (Irlande). Admirateur de Jim Thompson, Chester Himes et James Crumley, il a publie six romans dans la Serie Noire dont Delirium tremens, Toxic blues ou Le Martyre des Magdalenes, et En effeuillant Baudelaire, chez Fayard Noir.

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

BRADY EST GRAVE BARRE
Je l’avais ecrit sur le mur de la chambre, au marker jaune fluo. Jolie couleur, se marie bien avec les annees de nicotine. Bon, d’accord. Comme on dit chez les Yankees, je m’allonge, ou – plus pres de chez nous – je crache le morceau, chef. Je n’avais pas pris mes drogues de toute la semaine. Si je ne pouvais pas tenir quelques jours sans lithium, j’etais salement dans la merde. D’ou ce message sur le mur. J’avais eu ce job dix jours plus tot, et ca supposait pas mal de tournees des bars. La gnole et les medicaments, ca fait pas dans la melodie. Essayez.
Un boulot tout simple. Retrouver une fille blanche a Brixton. Du gateau. Ce que j’aurais du faire, c’est plutot doubler mes doses de pilules et allumer un cierge a saint Jude – peut-etre meme tout un paquet.
Jack Dunphy est dans le batiment. A en croire certains, il est le batiment. Du moins, il l’a ete pour tout le sud-est de Londres. Ce qu’on appelle un Plastic Paddy. De la troisieme ou quatrieme generation, et aussi anglais qu’un toast. Capable de rallumer l’accent irlandais a la demande. Un con de frimeur aussi. Le fric, c’est lui. Il te le fait savoir. On disait qu’il avait epouse la presentatrice d’un jeu televise, ce qui en faisait un people, en coulisse. Encore un qui avait failli avoir son quart d’heure de gloire.
Un salopard de premiere. De sombres histoires couraient sur des clients traites a la batte de base-ball et au chalumeau. En tout cas, pas le genre de mec a faire chier. Je le connaissais vaguement depuis des annees. Le petit ballet des Comment ca va ? et basta. Vif, bref, sans suite. Si on se revoit plus, a qui ca ferait de la peine ? Voila.
Aussi, j’ai ete un peu surpris quand il m’a offert un verre. Notre bookie local venait de se marier, et il y avait un pince-fesses dans l’arriere-salle du Greyhound, le pub que je frequente parfois pres de la station de metro Oval. J’etais installe au bar tandis qu’un fana du karaoke mutilait That Loving Feeling.
– Paul, kes’ tu bois ?
OK. Il se la jouait Londres sud-est. Pour me mettre a l’aise ?
– Ca va pour moi.
– Allez, prends queque chose. Yo’, barman, deux doubles scotches, et pour avant-hier.
Je l’ai examine. Le portrait crache de Henry Cooper, mais Notre Henry un brin suspect. Vetu d’un beau costume, chaussures faites main, bien astique. Pas de rasoir electrique, ni de Bic jetable pour ce mec. C’est le fauteuil du barbier et le coupe-chou, le visage rosi par le massage. Il donne de bons pourboires, demande des nouvelles de votre legitime, et fait encadrer vos couilles si vous le contrariez. Un mechant, expert en com.

Les scotches sont arrives. Il a remercie d’un signe, en a pris un et m’a invite a faire pareil. Ce que j’ai fait, mais l’ai repose sans y gouter. Et il a dit :
– Cheers, Paul. Le meilleur… Best of British, hein ?
– C’est pas Paul.
– Quoi ?
– Mon nom… c’est pas Paul.
Ca l’a destabilise. Il se targuait d’etre bien renseigne. Mais il s’est repris.
– Merde, excuse-moi, j’aurais jure…
J’ai goute au scotch, ca allait, comme l’espoir. Il a tendu la main.
– On la refait. Je suis Jack Dunphy.
En un eclair, j’ai pense, qu’est-ce qu’on en a a foutre ?, mais j’ai laisse courir. J’avais pris mes pilules.