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Haikus, etc. Suivi de 43 secondes

Auteur : Philippe Forest

Date de saisie : 10/09/2008

Genre : Litterature Etudes et theories

Editeur : Ed. C. Defaut, Nantes, France

Prix : 16.00 / 104.95 F

ISBN : 978-2-35018-068-7

GENCOD : 9782350180687

Sorti le : 10/09/2008

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  • Les presentations des editeurs : 16/09/2008

Le haiku n’est l’expression d’aucune sagesse, juste une incision tres legere faite dans la trame du temps, la cesure nette et infime par ou se laisse apercevoir la vrille d’un vertige ouvrant sur nulle part, precipitant le passage du present puis le suspendant sur la pointe insignifiante d’un seul instant.

Romancier et essayiste, Philippe Forest a consacre plusieurs livres au Japon, a ses ecrivains (Oe) et a ses artistes (Araki). Il est ainsi l’auteur de Sarinagara (Gallimard, Prix decembre 2004). Ce quatrieme volume d’Allaphbed (Haiku, etc.) reprend et prolonge le propos du premier (La Beaute du contresens, 2005). Il rassemble une serie de textes souvent inedits traitant de la poesie, de la peinture, de la photographie japonaises et ou l’on trouvera notamment evoques le theatre no (Zeami), l’art du haiku (de Basho a Issa), ou encore l’oeuvre de Nakahara Chuya, le – Rimbaud japonais -.
C’est un ” art poetique ” egalement que Philippe Forest developpe dans cet ouvrage a partir d’une meditation sur le haiku en laquelle on reconnaitra l’echo de la reflexion sur le reel et sur le ronron proposee dans tous ses livres. 43 secondes evoque enfin Hiroshima sous la forme d’une piece radiophonique composee en contrepoint aux pages que Sarinagara avait consacrees a Nagasaki.

  • Les courts extraits de livres : 16/09/2008

Extrait de l’avant-propos :

UN CHASSE-CROISE DE REVES

Car la critique, finalement, n’est-elle pas le recit dubitatif de nos reves ?
Kobayashi Hideo, Desseins divers, 1929

Le nom de Kobayashi Hideo (1902-1983) n’est pas encore assez connu des lecteurs francais pour que l’on puisse se dispenser de rappeler qu’il fut celui d’un des principaux penseurs du Japon moderne, d’un ecrivain certes discutable et controverse mais dont la reflexion sur la litterature fut aussi decisive pour ses contemporains que put l’etre pour nous celle d’un Blanchot ou d’un Barthes. De Kobayashi, on dit parfois qu’il fut le premier critique japonais. Ou du moins : le premier japonais a avoir exerce en ecrivain l’art de la critique. Une telle proposition est sans doute excessive car elle tait combien la litterature japonaise, depuis ses origines, n’a cesse de considerer a quel point critique et creation avaient toujours partie liee. Elle a cependant le merite de souligner ce que fut la nouveaute relative du geste accompli par Kobayashi et qui consiste a concevoir la parole critique comme appartenant de plein droit a la litterature, a delivrer cette parole de toute tutelle ideologique afin de la lier exclusivement a l’expression souveraine de la conscience de soi.
En 1929, le jeune Kobayashi vient de soutenir une these consacree a Rimbaud dont il se prepare a traduire Une Saison en enfer. Dans la revue Kaizo (Reconstruction), il fait paraitre un essai de quelques pages, intitule Desseins divers, qui le signale aussitot a l’attention de tous. Le sujet en est le Japon litteraire d’alors, ses mouvements, ses debats. Mais il s’agit surtout d’une prise de position portant sur l’essence meme de la parole critique. Contre toutes les theories qui reduisent l’oeuvre litteraire a etre autre chose qu’elle-meme (l’expression mecanique d’une conscience de classe, d’une identite nationale) ou a n’etre rien (la pure manifestation de sa stricte gratuite) et qui assignent au critique la tache de verifier une semblable evidence, Kobayashi developpe une pensee eminemment personnelle dont la pertinence fait pourtant la portee universelle. De cette pensee, je retiens cette seule et formidable formule qui concoit la critique comme le recit dubitatif d’un reve.