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Histoire de la quatrieme Republique. Volume 3, La fin : la republique des tourmentes (1954-1959)

Auteur : Georgette Elgey

Date de saisie : 15/10/2008

Genre : Histoire

Editeur : Fayard, Paris, France

Collection : Histoire

Prix : 39.00 / 255.82 F

ISBN : 978-2-213-59949-6

GENCOD : 9782213599496

Sorti le : 15/10/2008

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  • Le courrier des auteurs : 27/01/2009

Lorsque j’ai decide en 1962 d’ecrire l’histoire de la IVe Republique, je n’avais aucune idee de la folle entreprise dans laquelle je m’engageais. Comme les archives alors n’etaient pas accessibles, je decidais de questionner systematiquement les principaux acteurs. Je ne me rendais pas compte que je faisais alors oeuvre de pionnier. A l’epoque, en effet, en France, a l’inverse de ce qui se passait aux Etats-Unis et dans la plupart des pays europeens, cette approche de l’histoire immediate etait vouee aux gemonies par l’ensemble des historiens universitaires, a l’exception toutefois de deux des plus eminents d’entre eux, Pierre Renouvin et Rene Remond, qui n’ont d’ailleurs cesse de m’encourager.
Quoiqu’il en soit, cette quete inhabituelle me rapporta une manne telle de documents inedits et d’informations nouvelles qu’il m’apparut evident qu’un tome ne suffirait et que contrairement a ce que je pensais je n’en aurais pas termine en deux annees avec la IVe Republique.
Plus les annees passaient, plus j’approfondissais mes recherches, plus il me paraissait evident qu’il me fallait aller plus loin dans l’investigation et la synthese.
Conclusion, cette histoire de la IV Republique comprend deja cinq volumes. Et le dernier ne merite pas vraiment son titre ; il s’appelle La fin, mais se termine fin mai 1958, soit six mois avant la fin legale du regime. Il y en aura donc l’annee prochaine encore, le sixieme – et cette fois ce sera la fin !

Georgette Elgey

  • Les presentations des editeurs : 28/11/2008

Ce cinquieme volume de l’Histoire de la IVe Republique marque l’aboutissement – sinon encore le denouement ! – d’un travail sans egal entrepris il y a quarante-cinq ans (son premier tome, La Republique des Illusions, parut en 1965). Comme ses predecesseurs, devenus ouvrages de reference, ce volume est le fruit d’une enquete exhaustive, de la confrontation de centaines de documents d’archives francaises et etrangeres, tres souvent de premiere importance, jamais encore consultes, avec les temoignages des principaux acteurs.
C’est un livre hors normes qui nous conduit dans une societe francaise a mille lieues de la France d’aujourd’hui. Les revelations y abondent, sur les sujets les plus varies : guerre d’Algerie, drame des populations, ecartelement de l’armee, scandales politico-policiers, dysfonctionnements du regime, retour du general de Gaulle au pouvoir, etc. L’auteur a connu et souvent vu vivre les personnages qu’elle evoque. Sous sa plume, ils deviennent des etres de chair et de sang avec leurs faiblesses, leurs erreurs, mais aussi, pour beaucoup, leur courage et leur devouement a la chose publique.
Voici des annees que l’editeur et l’auteur recoivent des lettres de lecteurs reclamant la suite et fin de cette foisonnante Histoire de la IVe Republique. En ouvrant cet ouvrage qui a demande une bonne decennie de travail, ils ne seront pas decus.

  • La revue de presse Olivier Wieviorka – Liberation du 8 janvier 2009

Forte de temoignages et de documents recueillis aux meilleures sources, l’historienne rend sensibles les raisonnements, les hesitations, voire les remords des gouvernants qu’elle a, pour la plupart, connus personnellement (elle fut dans une vie anterieure journaliste avant de devenir conseillere historique de Francois Mitterrand). De ce point de vue, les portraits de Robert Lacoste ou de Max Lejeune meritent le detour et devoilent la complexite de personnages trop souvent caricatures – ce qui ne veut pas dire qu’il faille donner quitus a la politique qu’ils menerent. Le recit, de facture classique, est particulierement lisible. Rectifiant ici une erreur (les tomates lancees a Guy Mollet le 6 fevrier 1956 furent plutot des pommes ou des oranges), placant ici une anecdote, Georgette Elgey offre une histoire vivante ou abondent les morceaux de bravoure.

  • La revue de presse Eric Roussel – Le Figaro du 27 novembre 2008

Dans les annales de l’edition francaise, l’Histoire de la IVe Republique de Georgette Elgey est une entreprise unique. Il y a en effet plus de quarante ans, quarante-trois tres exactement, qu’a ete publie le premier tome de cette retrospective d’un regime mal aime…
La methode propre a l’auteur explique ce rythme singulier. Chercheur infatigable, Georgette Elgey n’a de cesse de traquer les documents inedits, d’interroger les temoins, de prendre connaissance de toutes les sources imprimees. Ne mesurant pas sa peine, elle a decide de prendre le temps necessaire a l’elaboration d’une grande oeuvre. Aujourd’hui le pari un peu fou tente en 1965 apparait gagne. On peut meme dire que l’epreuve du temps a ete tres favorable a cette somme inegalee du point de vue de l’histoire politique. Les temoignages des acteurs de premier plan, comme Robert Schuman, Antoine Pinay, Jean Monnet ou Pierre Mendes France, constituent a present de veritables pepites que l’on cherchera en vain dans d’autres ouvrages consacres a la meme periode…
On n’en finirait pas de citer tous les episodes eclaires par ce maitre livre.

  • Les courts extraits de livres : 03/02/2009

LE CURIEUX ETAT DE GRACE

Lorsque l’autorite, la lucidite, la coherence echappent ou font defaut a ses institutions et a ses responsables, tout regime democratique est condamne.
Ainsi, le 2 janvier 1956, avec quatre mois d’avance sur le calendrier, la France vote. Cette election anticipee de l’Assemblee nationale fit scandale. Pour l’avoir decidee, le dix-septieme president du Conseil de la IVe Republique, le radical-socialiste Edgar Faure, fut exclu de son parti, auquel cet homme, assurement un des plus doues et des plus brillants du regime, avait toujours appartenu. En ce temps, toute dissolution semble annoncer un coup de force contre la Republique, un retour au marechal de Mac-Mahon et aux debuts de la IIIe Republique.
Dans l’esprit d’Edgar Faure, exaspere par la guerilla parlementaire qui paralysait son ministere, cette initiative inhabituelle devait degager une majorite coherente qui permette de s’attaquer au probleme essentiel : l’Algerie.
Il n’en fut rien. Les deux precedentes consultations legislatives de la IVe Republique, meme si leurs resultats furent l’un et l’autre rapidement contredits par la suite des evenements, avaient eu au moins le merite de la clarte : en 1946, le triomphe des partis de gauche etait incontestable ; en 1951, la defaite du mouvement gaulliste ne l’etait pas moins. En 1956, la confusion l’emporte.
Avec 194 elus, la majorite sortante, menee par Edgar Faure, est tres en dessous de ses esperances. Son principal adversaire, le Front republicain*, ephemere coalition formee afin de permettre un changement de majorite, n’a pas plus de motifs de crier victoire : il ne compte que 180 elus, soit 14 de moins que les partisans d’Edgar Faure. Un Francais sur trois a vote en faveur de groupes situes d’emblee hors du jeu parlementaire. Les communistes, toujours au ban de la IVe Republique – on se rappelle qu’en 1954, lors de son investiture, Pierre Mendes France a refuse de compter leurs voix -, restent le premier parti de France avec 25,6% des suffrages, et le premier groupe de la nouvelle Assemblee avec 150 sieges. Les poujadistes, avec 11,4 % des voix, obtiennent 52 deputes. Or toute la campagne de l’U.D.C.A., l’Union de defense des commercants et artisans, le mouvement de Pierre Poujade, s’est faite sur le theme Sortez les sortants !.