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Hyperrectangle

Auteur : Aden Ellias

Sotie* subtile dont le narrateur nous fait suivre le fil de malicieux déraisonnements que l’on découvrira appuyés d’un gai savoir retourné comme peuvent l’être un gant ou une opinion, Hyperrectangle parodie non sans gravité les procédés de ce que l’on a nommé « autofiction » dans la production littéraire française.
Cette pratique et le quasi-genre dont elle s’auréole parfois s’en trouvent littéralement démantelés. En une unité de temps et de lieu fantasque, Hyperrectangle dynamite ainsi le thème du jeune écrivain qui ne nous épargnerait aucun détail de sa vie amicale, intellectuelle ou sexuelle.
L’invention formelle y est mise au service d’une dissection comique radicale du contemporain. Dans le même mouvement se trouve renouvelé le questionnement le plus profond et le plus ancien sur le pouvoir de la littérature et sur ses fins.

Nos parents d’Éléonore Dupin habitent en province, dans le Massachusetts, près des criques. Ils sont encore ensemble et tout ce qu’il y a de plus vivants, et j’ajoute plutôt contents d’exister pour que le portrait psychologique soit rapidement complet. On ne les voit pas souvent à Paris et Madrid flamboyant, mais on s’écrit, on se téléphone, on va les voir à pied à cheval ou en canoë quand nos activités nous en laissent le temps. J’ai sans doute omis de spécifier qu’Éléonore Dupin oeuvre dans le psychiatrique, en tant qu’infirmière de nuit, et que moi aussi bien sûr, en tant qu’Albert Camus.