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Indochine, derniere

Auteur : Bertrand Godbille

Date de saisie : 20/03/2008

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : A. Carriere, Paris, France

Collection : Roman

Prix : 17.00 / 111.51 F

ISBN : 978-2-84337-479-1

GENCOD : 9782843374791

Sorti le : 05/03/2008

  • Le choix des libraires : Choix de Danielle Deloche de la librairie DELOCHE a MONTAUBAN, France – 20/03/2008

Un samedi d’avril 1961, Francois rentre chez lui, a Geneve, apres une semaine au college ou il est pensionnaire. Pendant que ses camarades se precipitent pour retrouver leur famille, il s’attarde, comme chaque fois, pour contempler les nuages, les eaux limpides du fleuve, la maison ou il a apercu un jour une belle jeune fille. Il ne sait pas qu’une terrible nouvelle l’attend qui signe la fin de son enfance cossue et protegee : son grand-pere paternel vient de mourir. Il va suivre sa mere a Lille et decouvrir ses defaillances. Peu a peu va emerger une necessite : connaitre ses origines indochinoises et notamment les circonstances de la mort de son pere. Un secret honteux, peut-etre ?
Cette quete des origines, theme cher a Bertrand Godbille, est traitee avec une infinie delicatesse, par petites touches. Il procure au lecteur, au fil des pages, le plaisir de devoiler un tableau impressionniste.

  • Les presentations des editeurs : 20/03/2008

Je n’avais pas conscience jusque-la que mon grand-pere etait un colon. Bien sur, il etait arrive a Saigon, en Cochinchine comme on disait alors, au debut du siecle pour y faire fortune. Il avait achete et exploite des plantations d’heveas, bati des immeubles, pris des participations dans les societes de ses amis, cela, je le savais. Mais il parlait toujours de l’Indochine comme d’un pays qui etait le sien, ou il avait passe la majeure partie de sa vie et ou il s’etait marie, jamais comme d’une terre d’adoption ou d’une terre etrangere. De meme, il n’avait jamais presente la guerre comme une guerre d’independance ou une guerre coloniale…
Les propos de mon professeur de philosophie, pour violents qu’ils fussent, avaient le merite de remettre en question cette vision dont je commencais a saisir le cote simpliste. Fils de colon. Je vais dans la salle de bains pour y boire un verre d’eau. Je me regarde dans la glace en repetant ces mots : Fils de colon, petit-bourgeois ! Je ne me reconnais pas dans ces noms-la. Je comprends qu’il est temps de tirer cela au clair, de me plonger dans un passe que l’on m’a occulte, de m’interroger sur les raisons de l’engagement de mon pere dans les paras et sur les circonstances exactes de sa mort.

Ce recit tres simple, raconte avec une melancolie pregnante, est charge d’emotion et de references litteraires. On est toujours aussi frappe par l’incroyable aisance avec laquelle Godbille est passe de la haute finance a la litterature, avec laquelle il superpose simplement la vie de ses personnes sur la sienne. Comme un jeu de miroirs biographique modere et chantant.
Sur-Ouest, 17 fevrier 2008.

Bertrand Godbille vit a Paris. Il a publie aux Editions Anne Carriere Los Montes et Pour cause d’inventaire.