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Ingmar Bergman

Auteur : Jacques Mandelbaum

Date de saisie : 17/01/2008

Genre : Cinema, Television

Editeur : Cahiers du cinema, Paris, France

Collection : Grands cineastes

Prix : 7.00 / 45.92 F

ISBN : 978-2-86642-495-4

GENCOD : 9782866424954

Sorti le : 03/01/2008

  • Les presentations des editeurs : 17/01/2008

L’oeuvre d’Ingmar Bergman force l’admiration. Au cours d’une carriere riche de quelque cinquante longs metrages realises entre 1945 et 2003 (sans compter son infatigable activite de metteur en scene de theatre), il remet sans cesse sur le metier ses obsessions intimes, ses fantasmes qui brouillent la representation de la realite, ses personnages devores par une culpabilite qui torture l’ame et le corps, sa lucidite a ausculter le couple qui se seduit puis se dechire, son angoisse devant le silence de Dieu, sa recherche chaotique d’une redemption. Le Septieme Sceau, Les Fraises sauvages, Une passion, A travers le miroir, autant de chefs-d’oeuvre dans une oeuvre qui traduit une capacite a exprimer ses sentiments restee inegalee. On peut lire ses films comme une transposition de son propre parcours depuis son enfance dans une famille lutherienne ultrarigide, sa propre ambiguite morale qui lui fait honte et horreur.
Ingmar Bergman est aussi un cineaste qui, au-dela des modes, capte l’esprit de son temps, dans ses aspirations et ses desillusions : Monika, dans lequel Harriet Andersson incarne une jeune femme a la sensualite sauvage et scandaleuse, lui apporte la notoriete en France, incarnant ce vent de liberte qui marque la modernite naissante au cinema. Dans les annees soixante, il experimente avec Persona l’une des plus puissantes evocations de l’ambiguite du mal. Scenes de la vie conjugale stigmatise cet individualisme qui induit insidieusement la deshumanisation du monde, monde qui se deploie avec joie et nostalgie dans Fanny et Alexandre et qui atteint sa representation la plus depouillee dans Sarabande, son ultime film, a la fois lecon de cinema et questionnement existentiel. Dans l’univers du cinema, Bergman est un continent a part, celui d’un geant a la hauteur de Beethoven ou de Dostoievski.

Jacques Mandelbaum est critique de cinema au journal Le Monde depuis 1995.

  • Les courts extraits de livres : 17/01/2008

Introduction :

Promu des les annees cinquante comme l’un des realisateurs ayant porte le cinema a sa plus haute vocation artistique, figure d’excellence de l’art et essai europeen auquel il fournit depuis belle lurette des retrospectives quasi permanentes, Bergman a publiquement annonce sa decision d’arreter le cinema en 1982, en presentant Fanny et Alexandre comme son dernier film. Il n’a tenu qu’a moitie parole, en continuant sporadiquement de tourner, mais pour la television. Cet homme, dont on peut rappeler a titre anecdotique la reputation sulfureuse qu’il a le premier contribue a propager (un etre colerique, egocentrique, torture, manipulateur, sujet aux dereglements digestifs et affecte d’une erotomanie galopante qui lui fit epouser six femmes et convoler avec beaucoup d’autres), a transpose en verite sur l’ecran un univers intime nourri par une profonde inquietude existentielle. Il en a fait une oeuvre d’art d’une intensite d’autant plus exceptionnelle qu’elle porte en elle quelques questions fondamentales que tout etre humain est amene un jour a se poser. Comment parvenir a se connaitre veritablement ? Quels savoirs, quelles croyances, quels instruments peuvent y aider ? Comment echapper a ses propres maledictions ? De quel poids pese notre volonte face a cette part obscure et taraudante de nous-meme ? Comment parvenir a la verite, celle de l’esprit comme celle du coeur ? Existe-t-elle seulement ou n’est-elle qu’une suite d’illusions sans fin ?
Ces questions, d’une evidence et d’une hauteur evidemment guettees par le risque du ridicule, l’oeuvre de Bergman, ne serait-ce que par les liens capillaires qu’elle entretient avec sa vie, les incarne comme peu de cineastes auront eu le courage de s’y risquer, la perseverance de les remettre sur le metier, le genie de les accomplir artistiquement. Des institutions (la religion, la famille, l’art), des obsessions (le couple, le sexe, la mort), des motifs (le miroir, le masque, le double), des figures de style (le gros plan, la frontalite, le huis clos) en determinent le cadre physique autant que metaphysique, a l’horizon des quelque cinquante longs metrages realises par le cineaste entre 1945 et 2003. Ce cadre determine une oeuvre qui est loin de se limiter au seul cinema, meme si celui-ci en est la piece maitresse. Bergman s’est en effet illustre tout au long de sa carriere a la fois dans le domaine du theatre (comme auteur et metteur en scene), de la radio (comme auteur et metteur en ondes), de la litterature (comme romancier, novelliste, essayiste et diariste) et de l’ecriture de scenario. La peregrination et la metamorphose de ses themes de predilection d’un domaine a un autre meriteraient a elles seules une etude approfondie, ne serait-ce que du seul point de vue de son oeuvre cinematographique.