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Interieur Sud

Auteur : Bertrand Visage

Date de saisie : 16/02/2008

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Seuil, Paris, France

Collection : Cadre rouge

Prix : 16.00 / 104.95 F

ISBN : 978-2-02-060923-4

GENCOD : 9782020609234

Sorti le : 03/01/2008

  • Le choix des libraires : Choix de Danielle Deloche de la librairie DELOCHE a MONTAUBAN, France – 17/09/2008

L’histoire debute sur une plage aux abords de Catane, en Sicile ou des enfants decouvrent le corps supplicie d’un agonisant. Une fois retape, l’homme est expedie a l’autre bout du monde. Huit ans apres, il revient pour retrouver la fille du mafieux dont il etait amoureux. Polar ? Histoire d’amour ? Roman d’une ville ? Tout cela a la fois : l’intrigue distillee en touches subtiles, restitue parfaitement l’ambiance d’une Sicile mysterieuse et violente.

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

Un homme retourne en Sicile huit ans apres en avoir ete chasse. Il a quarante-quatre ans, sa vie est devenue flottante, aussi eprouve-t-il une indescriptible emotion a arpenter les rues qui sentent le linge et la tomate. Et le voici qui rode chaque soir autour d’un certain immeuble populaire d’un quartier de Catane, ou continue de vivre Veronica, cette fille de gangster qui a ete sa femme. Elle n’est pas la. Il decide alors, sur un coup de tete, de penetrer dans l’appartement. Bientot il prend ses aises, et, dans un sentiment d’euphorie et de surexcitation, il elimine tous les objets qui se sont accumules en son absence. Les voisins lui font fete, tout se passe pour le mieux…
Mais une nuit, un violent orage eclate. Arturo qui ne parvient pas a dormir se dirige a tatons vers la cuisine. La, il apercoit sur le balcon a la lueur des eclairs le corps etendu d’une jeune femme. Qui n’est pas celle qu’il attendait.
Le mystere et la sensualite sont partout presents dans ce roman qu’on ne lache plus jusqu’a la derniere page. L’histoire aurait pu etre banale, celle de la fin d’un amour. Elle est ici transfiguree par un sens aigu du recit, une acuite quasi visuelle a l’egard des personnages qui le peuplent. On ne les lit pas, on les voit.

Bertrand Visage a longtemps vecu en Italie du Sud. Il a publie sept romans parmi lesquels Tous les soleils (prix Femina 1984) et Angelica (1988) qui se deroulent dans les memes lieux.

  • La revue de presse Didier Jacob – Le Nouvel Observateur du 17 janvier 2008

Si l’on pouvait faire entrer les ecrivains dans des tubes a essai, on en saurait davantage sur leur formulation. Agitee comme il convient, passee au bec benzene, l’eprouvette Bertrand Visage ne tarderait pas a prendre toutes les couleurs de l’Italie. Ca sentirait le chat, le vieux palais moisi. Encore quelques secondes a bouillir, et le melange revelerait sa teinte secrete : ce mordore des peaux de filles, quand elles sont nues, dangereuses par consequent. L’ancien directeur de la NRF, qui avait tente d’y faire entrer un peu d’air frais naguere, publie sa nouvelle tragedie legere : on dirait que le genre a ete invente par lui.

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

Trois petites bonnes femmes marchent en zigzags sur la plage immense. Trois brunettes aux cheveux hirsutes, les deux plus grandes armees d’un baton qui leur sert aussi bien de fourche que de fouet, pour piocher dans les algues pourries ou chahuter les crabes.
Elles ont des tricots troues et les cuisses nues, il fait un froid piquant, on est en fevrier 1991.
Quand soudain, d’un meme mouvement, le baton vengeur tombe de leurs mains, et les trois petites belettes s’immobilisent. Lentement, tres lentement, elles s’accroupissent en rond.
De longues minutes s’ecoulent, enfin les deux ainees se decident a relever le front, roulees dans leur pull, l’air beat.
Elles regardent par-dessus leur epaule, la mer qui se tient si loin qu’elle parait envolee. Elles regardent ensuite dans le sens oppose, les maisons blanches et noires de Sferracavallo, puis a nouveau elles interrogent leur decouverte.
Mais plus elles examinent le corps de l’homme renverse sur le cote, moins elles en eprouvent de repugnance : elles sont simplement tres emues, une surprise heureuse qui fait trembler leurs genoux, avec une sensation de chaud au ventre, un chatouillement a l’interieur, et quelque chose de plus grave aussi. Comme un enorme gong qui resonnerait dans l’air derriere elles et que chacune entend.
Les trois brunettes n’osent pas encore ouvrir la bouche. Il leur arrive un grand mystere. L’homme etendu continue a gonfler au soleil du matin. Cheveux de paille, odeur de sang.
Ses boutons craquent. Il a des paupieres boursouflees, plus de narines, plus de dents. De toute maniere, il leur appartient, puisque c’est elles qui l’ont trouve. Tout ce qu’on trouve est a soi, n’est-ce pas ? Mais alors, il faudrait pouvoir le cacher quelque part, et ca, c’est une sacree question.
Il va mourir, se dit l’ainee. Il va mourir, pense en silence la deuxieme. Il va mourir, certainement.
La plus petite ne pense rien, elle frotte son nez pour ne pas pleurer.
D’ou vient-il ? Qui lui a fait mal comme ca ? C’est peut-etre un Viking qui s’est battu contre un requin. Un… quoi ? Un pirate venu des pays enneiges, articule l’ainee, les autres ne comprennent rien a ce charabia, et puis d’ailleurs ca n’a guere d’importance de savoir comment il est arrive jusqu’ici. Il est a elles. Elles l’ont vu en premier.
A nouveau, elles regardent les maisons blanches et noires qui s’accrochent a la falaise de Sferracavallo, elles ecoutent le gong invisible, le son de la cloche qui vibre dans l’air. Mais alors, que faire ? On pourrait le mettre dans un hangar a bateau, dit la deuxieme. Et c’est une bonne idee, c’est meme la seule solution.
Quand elles ont fini de parlementer, les deux plus grandes respirent un grand coup, attrapent les bras du Viking et commencent a le tirer sur le sable humide.
La plus petite marche a cote, elle se contente de faire des tourniquets avec son baton pour marquer la cadence et chasser les mouches. Et le curieux cortege se traine lentement, pas a pas, vers les hangars a bateaux.

En milieu d’apres-midi, un inconnu se presente sur la place de Sferracavallo. Il est monte sur une moto Honda, il demande qu’on lui indique la maison du maire, qui se trouve un peu plus loin. Sitot renseigne, l’homme met pied a terre, frappe a la porte et tend une enveloppe, avec ces simples mots : Voila pour les frais.
Les frais de quoi ? demande Don Gesualdo. Les frais de pension. Le maire hausse les sourcils, ne voyant pas tres bien de quelle affaire on veut lui parler. La nouvelle n’a pas encore circule. Neanmoins, il ouvre l’enveloppe et compte les billets a l’interieur.