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Itineraires de deux enfants du Siecle

Auteur : Jeannette Philipp | Werner Philipp

Date de saisie : 06/07/2007

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Amalthee, Nantes, France

Prix : 19.00 / 124.63 F

ISBN : 978-2-35027-627-4

GENCOD : 9782350276274

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

Jeannette raconte la saga de sa famille depuis Saint-Julien pres de Bourg-en-Bresse et San Julian pres de Saint-Jacques-de-Compostelle, jusqu’en Argentine et son retour en France. Elle est nee en France dans l’extreme pauvrete, quitte l’ecole a treize ans et, autodidacte, rejoint le Parti communiste en 1936. Engagee dans la Resistance des 1940, elle est soupconnee de trahison et condamnee a mort par le Parti. Elle echappe a la sentence et sera innocentee par ce meme Parti dix ans apres.

Werner, juif allemand, emigre en France, a signe son engagement volontaire dans l’armee francaise des avant le debut de la guerre. Il est pourtant interne en 1939 comme ressortissant allemand et s’echappe en Angleterre en 1940 avec son frere. Tous deux s’engagent dans l’armee anglaise et font partie de la British Liberation Army, debarquant en France. Werner, lors d’une permission, arpente les ruines de sa ville natale non avec la morgue du vainqueur, mais les larmes aux yeux et la rage au coeur apres une guerre dans laquelle il n ‘y avait que des vaincus.

A travers leur histoire personnelle, Jeannette et Werner nous remettent en memoire les evenements politiques qui nous ont amenes aux desastres du XXIe siecle, non comme historiens neutres, mais comme temoins engages. Ils ne dissimulent pas ce qu’on aimerait bien passer sous silence en Allemagne, mais aussi en France. Dans le dernier chapitre, Werner decrit les evolutions des mentalites et des moeurs et nous fait revivre le monde qu’il a connu.

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

Memoires de Jeannette

L’enfant du peche

Nous sommes en Espagne, tres exactement dans la province de Galice, tout pres de Saint-Jacques-de-Compostelle, qui a vu, jadis, defiler tant de pelerinages europeens.
La Corogne, petit port de peche sur l’Atlantique, a vu le depart des conquistadores, partis a l’assaut de l’or des Ameriques.
Nous sommes en 1869. A cette epoque, la contree est tres pauvre – il n’existe pratiquement pas de classe moyenne : c’est le hobereau ou le paysan sans terre qui domine la societe – et les moeurs y sont rudes. Les natifs, les Galiciens, sont en Espagne des types a part, des vraies tetes de mules dont rien ni personne ne peut venir a bout. Leur accent les trahit des qu’ils ouvrent la bouche. Ne dit-on pas en espagnol : Tetu comme un gayede ? Les Arabes envahisseurs ont eu du fil a retordre avec eux.
Dans ce coin recule vit un hobereau, avec sa famille. Comme tout Espagnol, il a un sens aigu de son rang. Fier et orgueilleux, il ne traite avec ses metayers que par le truchement de son regisseur. Celui-ci vit a part. Son role : tirer le maximum des paysans. Pour ce qui est de l’orgueil, il ne cede en rien a son maitre !
C’est justement celui de La Corogne qui nous interesse et vous allez bientot savoir pourquoi.
En Espagne, l’hombre (l’homme) est le chef absolu et inconteste de la famille. Tous, dans la famille, doivent lui etre soumis. Ici, la femme du regisseur s’appelle Ines. Elle est responsable du linge chez le chatelain. Sa fille Lola l’aide dans son travail. Justement, depuis quelque temps, Ines est inquiete. Elle voit trop souvent le fils de la maison tourner autour des jupes de Lola qui, a 16 ans, est une fille tres attirante. L’inquietude etait fondee puisque un beau jour, c’est la catastrophe : Lola est enceinte. A cette epoque, un batard, c’est le deshonneur assure pour toute la famille, et les Espagnols sont pointilleux sur l’honneur !