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J’ai rêvé mon père ; itinéraire d’un Ardéchois

Auteur : Marcel Tauleigne

« J’ai toujours aimé la compétition, celle qui oblige à se dépasser, celle qui nous situe par rapport aux autres, celle qui nous fait exister dans la conquête de l’inutile. » Quelle belle expression, la conquête de l’inutile ! Au contraire de la guerre, que Marcel Tauleigne vit et décrit avec révolte et indignation, un homme qui grandit dispose de moyens lumineux pour se confronter à l’humain sans le détruire, pour aller à sa rencontre sans passer pour une femmelette, tout en goûtant le plaisir de la curiosité, celui de la découverte, et les présents d’humanité qu’il en récolte (amour, amitié…). C’est ce plaisir qui guide le petit Marcel quand, à neuf ans, il fait son apprentissage comme vacher en haute Ardèche. Évidemment, son père l’abandonne ! évidemment, il lui en veut de son défaut de tendresse, mais quelle merveilleuse école que celle de la vie ! Et finalement, son père ne lui a-t-il pas fait le cadeau que l’on attend d’un père : le chemin de l’autonomie et la transmission de ses racines ? Tout bourru ait-il été… Marcel Tauleigne écrit son enfance avec la même ingénuité que s’il n’avait pas grandi, sans chercher à comprendre, sans analyser. Et l’écriture n’en est que plus juste, bien centrée sur le personnage : c’est vraiment l’enfant qui raconte, dans toute sa naïveté. Le ton est plus grave lorsqu’il aborde sa période adolescente et la guerre d’Algérie (qu’il fait comme infirmier…). Mais la révolte et la compassion ne sont pas celles d’un grand-père qui se souvient, c’est le jeune homme qui s’exprime. Cette impression que la plume de Marcel Tauleigne grandit avec lui au fil des pages, donne au récit toute sa justesse, toute sa fluidité, son originalité, pour le plus grand plaisir du lecteur.