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J’ai tué Shéhérazade (édition en arabe)

Auteur : Joumana Haddad

Joumana Haddad, voluptueuse féministe, a les mains pleines de sang, celui de l’astucieuse, inventive et immémoriale conteuse, Shéhérazade, qu’elle a en fait tuée deux fois.
La première fois, dans sa tête, progressivement, comme une conséquence de son mépris du marchandage et de la compromission utilisés par la femme pour obtenir des droits qui devraient lui être acquis. Ce meurtre, l’auteure l’avait concrétisé dans l’écriture de Hâkaza qataltou Shahrazad, lors de sa première édition en 2010.
La seconde fois, de nos jours, avec cette nouvelle édition qui s’est imposée puisque rien de vraiment concret n’est venu exprimer un changement ni une amélioration de la condition de la femme dans le monde arabe.
« Aujourd’hui, dit Joumana Haddad, alors que nous sommes confrontés au massacre de la dignité humaine, comment rester indifférent au massacre de la dignité de la femme arabe ? Comment ne pas réagir face à la détestable déification du mâle qui entretient l’avilissement de la femme ? Une telle situation est une insulte qui porte atteinte à la dignité de tout homme véritable ».
Joumana Haddad a donc, une fois de plus, les mains pleines de sang, mais elle ne s’en cache pas. Elle les brandit bien haut. Car si elle a tué Shéhérazade, c’est pour que celle-ci renaisse, une fois pour toutes, libre et maîtresse d’elle-même.