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Je chante le corps critique : les usages politiques du corps

Auteur : Claude Guillon

Date de saisie : 26/08/2008

Genre : Documents Essais d’actualite

Editeur : H & O, Beziers, Herault

Collection : Essais

Prix : 23.00 / 150.87 F

ISBN : 978-2-84547-179-5

GENCOD : 9782845471795

Sorti le : 10/09/2008

  • Les presentations des editeurs : 25/09/2008

Use par le travail, genetiquement modifie par les polluants industriels, formate par la publicite, la mode et la pornographie, le corps humain a-t-il un avenir ? On en douterait, a considerer ceux – artistes d’avant-garde, scientifiques et militaires – qui le declarent obsolete et travaillent a son depassement technologique.
Des gnostiques prechretiens aux paysans mexicains d’aujourd’hui, des cyclonudistes aux activistes queer, des femmes revendiquant leur rondeur a celles qui entendent echapper aux normes heterosexuelles, voire au femicide, l’auteur dresse la carte des resistances a la deshumanisation, dont les formes souvent provocantes ont le corps pour enjeu et pour moyen.
Mobilisant l’histoire sociale et la sociologie, une erudition originale et une langue aceree, il affirme la dimension collective et universelle de la formule feministe : Mon corps est un champ de bataille. A l’heure ou la mondialisation brouille les lignes de conflits et les territoires, le corps peut etre un lieu de reassurance et d’expression, voila ce que nous chante cet hymne a la revolte du corps critique.

Ne en 1952, Claude Guillon a publie une douzaine de livres, dont Le Droit a la mort Suicide, mode d’emploi, ses lecteurs et ses juges (2004).

  • Les courts extraits de livres : 25/09/2008

Extrait de l’introduction :

Evoquant le Moyen Age, l’historien Jacques Le Goff estime que l’une des tensions les plus fortes qui l’ont traverse et anime etait a l’interieur du corps meme. […] Oscillation entre le refoulement et l’exaltation, l’humiliation et la veneration. Comment mieux qualifier ce qui habite, bouleverse et menace le corps humain au debut du XXIe siecle ?
Qu’est-ce qu’un corps ? interrogeait la premiere exposition organisee au musee du quai Branly, a Paris, en 2006. La lourdeur occidentale, etait-il repondu, non sans quelque pertinence. De cette pesanteur, outre que nous sommes contraints de nous en arranger, il importe de determiner la nature.
Je choisis cinq exemples, cinq mises en situation du corps moderne, ou nous reconnaitrons quelques traits medievaux.

J’ai sous les yeux une photographie prise, en l’an 2000, sur une plage du littoral espagnol, dans le detroit de Gibraltar. Au premier plan, un jeune couple d’Europeens bronzes, en maillots de bain, assis sur le sable, sous un parasol au motif colore. A cote d’eux, une glaciere de camping et quelques canettes de soda vides. Environ a dix pas, couche sur le ventre, le cadavre d’un homme, habille. Venu d’Afrique, il a tente de traverser le detroit dans une embarcation surchargee ; peut-etre l’a-t-on jete par-dessus bord. Le corps etait-il deja la lorsque les jeunes gens ont plante leur parasol, ou vient-il d’etre rejete par la mer ? Ce cliche merite la posterite de L’Angelus de Millet ; a chaque epoque son chromo.

Un apres-midi d’ete, sur la plage naturiste de Pen Bron (Loire-Atlantique), j’observe le manege d’une femme : tres grasse, nue et parfaitement bronzee, elle s’affaire autour d’une enorme meduse, qu’elle tente de repousser vers la mer a l’aide d’un baton. Elle essaie, en vain, d’envelopper le corps gelatineux dans sa serviette de plage, pour le transporter. Saute aux yeux l’analogie de formes et de mouvement entre les seins ballotants de la femme et le globe laiteux de la meduse, qu’elle ne veut pas reconnaitre comme cadavre. Est-ce la clef de son empathie obstinee et enfantine ?